
À chaque Japan Expo, certains stands deviennent des étapes incontournables. Le stand de Tsume figurait une nouvelle fois parmi ces lieux où les visiteurs ralentissaient naturellement le pas. Au-delà du simple attrait des nouvelles figurines, l’éditeur luxembourgeois proposait un véritable voyage à travers plusieurs des franchises les plus populaires de la culture japonaise, de Dragon Ball Z à One Piece, en passant par Bleach, Demon Slayer, Naruto et My Hero Academia. Installé au Parc des Expositions de Paris-Nord Villepinte dès le premier jour de la Japan Expo 2026, le stand témoignait de l’évolution constante d’une entreprise qui, en seulement quinze ans, est devenue l’un des leaders européens des figurines de collection sous licence officielle. Les visiteurs se retrouvaient face à des créations où la frontière entre sculpture artistique et produit dérivé semblait plus ténue que jamais.
Fondée en 2010 au Luxembourg par Cyril Marchiol, Tsume S.A. est née d’une ambition à la fois simple et exigeante : produire des statues capables de restituer l’intensité des scènes emblématiques des mangas et des anime avec un niveau de savoir-faire rarement atteint en Europe à l’époque. Les débuts de l’entreprise remontent toutefois à la fin de l’année 2009, lorsque son fondateur — à la suite de la fermeture de sa précédente entreprise — a imaginé une nouvelle aventure entièrement dédiée à la sculpture de collection. Dès avril 2010, Tsume s’était installée dans la banlieue de Luxembourg et avait entamé une trajectoire de croissance régulière qui allait rapidement la propulser sur la scène internationale. Aujourd’hui, l’entreprise produit plusieurs gammes complémentaires : les prestigieuses figurines en résine HQS, les MUB, les BIJUtsu, les Ikigai et, bien sûr, la récente gamme en PVC NEON by Tsume, conçue pour proposer des pièces plus abordables intégrant un système de présentation avec éclairage LED.

Ce succès repose sur un processus de fabrication particulièrement rigoureux. Contrairement à une idée reçue, les figurines sont entièrement conçues au Luxembourg. Des équipes internes se chargent des concepts artistiques, de la modélisation 3D, de l’impression des prototypes et des validations successives avant que les fichiers ne soient envoyés aux sites de production en Chine. Chaque étape, de la sculpture numérique à la peinture finale (« Master Paint »), est contrôlée en interne puis validée par les détenteurs des droits des différentes licences. Les équipes de Tsume se rendent ensuite régulièrement dans les usines pour superviser la production, inspecter les matériaux utilisés, vérifier la peinture et l’assemblage, et s’assurer de la fidélité au prototype original. Cette structure organisationnelle explique en grande partie la réputation dont jouit l’entreprise auprès des collectionneurs internationaux.
L’une des premières impressions à la découverte des nouvelles sorties exposées au Japan Expo 2026 a été la maîtrise toujours plus impressionnante des effets de texture par l’entreprise. Les flammes translucides, les vagues, les éclats d’énergie et les éclairs semblent désormais constituer une véritable signature artistique de Tsume. Là où d’autres fabricants privilégient parfois une approche plus statique, l’entreprise luxembourgeoise continue de rechercher le mouvement constant. Les sculptures ne se contentent pas de représenter un personnage ; elles capturent l’instant précis où l’action atteint son apogée.

La franchise Dragon Ball Z occupait naturellement le devant de la scène. Les visiteurs pouvaient notamment admirer un spectaculaire Son Goku en Super Saiyan 3 accompagné de Shenron, dont la composition exploitait parfaitement la verticalité du dragon pour mettre le héros en valeur. À quelques mètres de là, Super Gogeta sous sa forme Super Saiyan déployait toute la puissance caractéristique de cette fusion emblématique grâce à une imposante aura dorée réalisée en résine translucide. La statue de Cooler dans sa forme finale figurait également parmi les pièces les plus marquantes du stand, mise en valeur par un décor représentant une gigantesque cascade d’énergie gelée, créant un contraste saisissant entre les tons bleutés du décor et les teintes violettes du personnage. Enfin, une imposante représentation de Bojack rappelait que Tsume ne se limite pas aux héros les plus populaires de la franchise, mais met également en avant des antagonistes moins souvent adaptés.
De leur côté, les fans de One Piece ont découvert plusieurs nouvelles créations réunies sous la bannière BIJUtsu. Monkey D. Luffy, représenté dans une posture offensive particulièrement dynamique, faisait face à Roronoa Zoro, dont la musculature extrêmement détaillée était accompagnée de nombreux effets d’énergie verts et rouges. Sanji, élégamment vêtu de son costume bordeaux, se distinguait par une présentation plus sobre mais particulièrement raffinée, centrée sur ses flammes bleutées et la célèbre cigarette du personnage. Une anecdote amusante exposée sur le stand a également révélé l’engouement suscité par cette collection : les panneaux d’information indiquaient déjà que les éditions limitées étaient complètement épuisées, seules des listes d’attente étant encore ouvertes pour certains modèles — preuve que les collectionneurs réservent souvent des articles plusieurs mois, voire plusieurs années, à l’avance.

Le stand a également confirmé l’excellente santé de la franchise Demon Slayer, qui reste extrêmement populaire auprès du public. Les sculptures de Tanjiro Kamado, Nezuko Kamado, Inosuke Hashibira et Zenitsu Agatsuma mettaient en valeur la maîtrise de Tsume dans le travail des matériaux translucides. Les effets d’eau, les flammes et les éclairs semblaient littéralement entourer les personnages, donnant presque l’impression que les célèbres techniques de respiration prenaient vie sous les yeux des visiteurs. La transparence des résines, associée à des dégradés de couleurs particulièrement subtils, constituait l’un des aspects les plus saisissants de ces créations.
La franchise Bleach était également bien représentée avec plusieurs personnages emblématiques. Genryūsai Shigekuni Yamamoto a fait forte impression avec une composition dominée par des flammes monumentales, parfaitement adaptées à l’aura du capitaine de la Soul Society. Non loin de là, Sōsuke Aizen, accompagné de Kaname Tōsen, offrait une scène bien plus théâtrale où la mise en scène jouait davantage sur la tension psychologique que sur de simples effets spectaculaires. Enfin, Renji Abarai était accompagné de son imposant Zabimaru, dont les segments articulés conféraient à l’ensemble de la présentation une impression de mouvement particulièrement bien rendue.

Les visiteurs ont également pu découvrir plusieurs héros issus d’autres univers majeurs. Jiraiya, confortablement assis dans une pose fidèle à sa personnalité, offrait un répit bienvenu au milieu des nombreuses scènes d’action. All Might, figure centrale de *My Hero Academia*, arborait son sourire caractéristique dans une mise en scène qui évoquait toute la puissance symbolique du héros. Les amateurs de combats plus contemporains ont également pu admirer plusieurs expositions consacrées aux franchises les plus populaires du moment.
L’histoire de Tsume ne se limite toutefois pas aux statues. Au fil des ans, l’entreprise a progressivement développé un véritable écosystème centré sur la culture manga. En 2014, Yoka by Tsume a été lancé, une gamme dédiée aux jeux de société sous licence officielle, notamment ceux inspirés de Naruto Shippuden. En 2015, Iki by Tsume a fait ses débuts, une ligne de vêtements inspirée des univers japonais. L’année suivante a vu la création de Tsume Entertainment, destinée à produire des spectacles, des événements et des contenus audiovisuels. Plus récemment, l’entreprise s’est également lancée dans l’édition avec KuroTsume, proposant des mangas français tels que Ragnafall et Imperium Circus. Cette diversification illustre la volonté de l’entreprise de ne plus se contenter d’être un simple fabricant de figurines, mais de devenir un acteur culturel à part entière.
Un autre facteur contribue à cette relation étroite avec les collectionneurs : Tsume exploite désormais plusieurs boutiques physiques, notamment à Paris depuis 2019, en partenariat avec Manga Story, ainsi qu’à Barcelone depuis 2021 avec Global Freaks. Ces points de vente permettent aux passionnés d’examiner certaines pièces avant de les acheter — un avantage non négligeable lorsque certaines statues mesurent plusieurs dizaines de centimètres de haut et représentent un investissement conséquent.

En y regardant de plus près, on a finalement pu remarquer un détail révélateur de l’évolution du marché. Les visiteurs ne se contentaient plus de simplement photographier les statues ; beaucoup prenaient le temps d’examiner les textures des vêtements, les nuances de la peinture ou la façon dont la lumière jouait sur les résines translucides. Plusieurs conversations portaient davantage sur les techniques de sculpture, les processus de fabrication ou les éditions limitées que sur les personnages eux-mêmes. Cette évolution reflète la maturité d’un secteur où les statues de collection sont désormais considérées comme de véritables œuvres d’art inspirées de la culture pop, plutôt que comme de simples produits dérivés.
Lors de la Japan Expo 2026, Tsume a une nouvelle fois confirmé son statut de leader européen des statues de collection haut de gamme. En alliant une direction artistique ambitieuse, une fabrication méticuleusement contrôlée et une fidélité sans faille aux œuvres originales, le studio luxembourgeois continue d’élever la sculpture de collection au rang d’expression artistique à part entière, tout en nous rappelant que derrière chaque personnage emblématique se cache un véritable processus créatif où la passion pour le manga rencontre celle de la sculpture contemporaine.
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