
Le 20 mai 2026, le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes a accueilli l’une des premières les plus discrètement attendues de la Compétition avec The Man I Love, le nouveau long métrage réalisé par Ira Sachs, un cinéaste dont le cinéma intime et profondément humain occupe depuis longtemps une place singulière dans le cinéma indépendant américain contemporain. Présenté en Compétition pour la Palme d’Or lors de la 79e édition du Festival de Cannes et également en lice pour la Queer Palm, le film a transformé la Croisette en une étrange et émouvante capsule temporelle, transportant le public dans la scène artistique new-yorkaise de la fin des années 1980 à travers un drame musical fantastique imprégné de fragilité, de romance et de l’ombre menaçante de la mort. L’atmosphère qui régnait autour de la projection était nettement différente de celle des premières de studios plus bruyantes qui ont dominé le festival cette année, avec une énergie plus calme mais profondément cinéphile entourant l’arrivée du casting et de l’équipe créative. Sur le tapis rouge, Ira Sachs est apparu aux côtés de l’acteur principal Rami Malek, ainsi que de Tom Sturridge, Luther Ford, des producteurs Scott McGehee, David Siegel, Mike Spreter et Myriam Schroeter, la directrice de la photographie Josée Deshaies, le co-scénariste Mauricio Zacharias, le chef décorateur Tommy Love, la costumière Megan Gray et l’acteur Tom Sturridge, tous accueillis par des applaudissements nourris des festivaliers et des photographes serrés contre les barrières bordant l’emblématique escalier de Cannes.

Ce qui a immédiatement frappé les observateurs lors de la première, c’est à quel point l’équipe créative semblait soudée et visiblement très unie, tant lors de la conférence de presse que sur le tapis rouge, renforçant l’impression que The Man I Love était moins un film destiné à remporter des prix prestigieux qu’une œuvre profondément personnelle, fruit d’un véritable travail d’amour pour toutes les personnes impliquées. Rami Malek, vêtu d’un smoking noir sobre qui faisait écho à l’élégance classique de la vie nocturne manhattanaise de la fin des années 1980, a passé un temps inhabituellement long à saluer les fans et les photographes avant de gravir les célèbres marches rouges, tandis qu’Ira Sachs est resté, comme à son habitude, calme et réfléchi lors des échanges avec la presse, évoquant les origines émotionnelles du projet et sa fascination pour les personnages vivant des moments de transition entre la beauté et la disparition. La texture émotionnelle du film lui-même reflète cette atmosphère. Se déroulant à New York à la fin des années 1980, l’histoire suit Jimmy George, un acteur confronté à une maladie en phase terminale qui tente d’embrasser l’amour, la création et le désir une dernière fois. Selon les notes de production officielles et les documents vérifiés du festival, le film explore l’underground artistique de l’ère du sida à travers un prisme musical et fantastique, mêlant l’intimité théâtrale à des transitions émotionnelles oniriques. Cette approche revêt une importance particulière dans la filmographie d’Ira Sachs, qui a toujours examiné les relations, la vulnérabilité et l’identité queer avec une sensibilité remarquable depuis des films tels que Keep the Lights On et Passages.

Le chemin vers la première à Cannes est également devenu l’une des coulisses les plus commentées parmi les journalistes du festival cette année. En janvier 2025, Ira Sachs a officiellement annoncé le projet comme son prochain long métrage, le présentant initialement comme une comédie musicale centrée sur la mortalité et l’héritage artistique. À ce stade, Ben Whishaw avait été pressenti pour le rôle principal avant de finalement quitter la production, Rami Malek rejoignant le film plus tard en 2025. Ce changement de casting est devenu un sujet de conversation récurrent pendant le Festival de Cannes, d’autant plus que de nombreux critiques ont estimé que Rami Malek incarnait à merveille l’élégance hantée de Jimmy George lors de la projection en avant-première. Le tournage a débuté à New York à l’automne 2025, dans plusieurs lieux destinés à recréer l’atmosphère du Manhattan de la fin des années 1980. Les membres de l’équipe de production ont évoqué en privé le défi consistant à trouver un équilibre entre l’authenticité historique et les éléments de fantaisie musicale du film, et ce travail méticuleux était évident tout au long des images présentées à Cannes. La directrice de la photographie Josée Deshaies, connue pour ses collaborations visuellement riches avec des auteurs du cinéma européen, a créé une palette visuelle sobre mais lumineuse évoquant une vie nocturne en déclin, des théâtres enfumés et des salles de répétition tamisées, tandis que la costumière Megan Gray s’est fortement inspirée des silhouettes de l’époque sans jamais donner au film un air de nostalgie. Lors de la conférence de presse, plusieurs journalistes ont souligné que les costumes et la conception artistique évitaient les clichés esthétiques exagérés souvent associés à la reconstitution des années 1980 à l’écran, ancrant plutôt la réalité émotionnelle des personnages dans des textures tangibles et des détails discrets.

Un autre élément qui a suscité de nombreuses discussions après la projection était l’identité hybride du film, à la fois drame intime et fantaisie musicale. Alors que le public entrant au Palais s’attendait à une étude de personnages conventionnelle de la saison des récompenses, le film embrasserait, selon les dires, des transitions musicales et une logique onirique émotionnelle d’une manière qui a surpris de nombreux spectateurs. Coécrit par Ira Sachs et son collaborateur de longue date Mauricio Zacharias, le scénario semble intentionnellement structuré autour d’états émotionnels plutôt que d’un réalisme strict, permettant aux peurs et aux désirs intérieurs de Jimmy George de se déverser dans des séquences stylisées reflétant à la fois la performance théâtrale et la mémoire émotionnelle. Les observateurs de l’industrie présents sur la Croisette n’ont pas tardé à comparer l’ambition du projet au genre de cinéma d’art américain destiné aux adultes qui bénéficie rarement du soutien des grands studios aujourd’hui, rendant sa présence en Compétition d’autant plus remarquable. Produit par Scott McGehee, David Siegel, Mike Spreter, Myriam Schroeter, Misook Doolittle et Saïd Ben Saïd, le projet a également attiré l’attention après que la société de distribution internationale MK2 Films s’est associée au film peu après l’annonce de la sélection cannoise, tandis que WME Independent s’est chargée des ventes en Amérique du Nord. Dans le paysage actuel des festivals, de plus en plus dominé par les discussions autour des franchises, The Man I Love s’est démarqué en rappelant l’engagement continu de Cannes envers un cinéma d’auteur émotionnellement audacieux.

Le tapis rouge lui-même est devenu l’un des événements les plus élégants mais aussi les plus sobres de la soirée, les invités remarquant le contraste entre le ton intimiste du film et l’énorme machine médiatique entourant le festival. Contrairement à certaines avant-premières axées sur le spectacle ou les pitreries des célébrités, l’arrivée de l’équipe de The Man I Love semblait presque démodée dans le meilleur sens du terme, motivée davantage par la curiosité artistique que par l’excès promotionnel. Les photographes du festival ont interpellé à plusieurs reprises Rami Malek et Tom Sturridge alors que les deux acteurs s’arrêtaient ensemble à mi-chemin dans l’escalier, sous les immenses projecteurs de Cannes, tandis que Luther Ford, en passe de devenir l’un des jeunes talents les plus en vue sur la Croisette cette année, suscitait de vives réactions chez les photographes de presse internationaux alignés le long du tapis rouge. À l’intérieur de la salle, les applaudissements se seraient poursuivis pendant plusieurs minutes après la fin de la projection, de nombreux spectateurs étant visiblement émus lors des derniers instants. Bien que le consensus critique continuera d’évoluer tout au long du festival, les premières réactions suggèrent que de nombreux spectateurs se sont fortement identifiés à la réflexion du film sur l’amour, la mortalité et l’urgence artistique. Dans un festival souvent défini par la grandeur cinématographique et les déclarations politiques, The Man I Love est arrivé avec quelque chose de plus discret mais peut-être tout aussi puissant : le fragile rappel que le cinéma peut encore parler doucement tout en laissant un écho émotionnel durable.
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Synopsis :
New York, fin des années 1980 : Jimmy George, figure emblématique du monde du théâtre, vit avec l’amant le plus tendre et le plus attentionné qui soit. Mais face à la mort qui l’attend, sa soif de vivre et de créer, de désirer et d’aimer – une dernière fois – est plus forte que tout.
The Man I Love
Réalisé par Ira Sachs
Écrit par Ira Sachs, Mauricio Zacharias
Produit par Scott McGehee, David Siegel, Saïd Ben Saïd, Mike Spreter, Myriam Schroeter
Avec Rami Malek, Tom Sturridge, Luther Ford, Rebecca Hall, Ebon Moss-Bachrach
Photographie : Josée Deshaies
Montage : Affonso Gonçalves
Sociétés de production : Big Creek Projects, Assemble Media, Merino Films, SBS Productions
Distribué par Memento (France)
Date de sortie : 20 mai 2026 (Cannes)
Durée : 95 minutes
Photos : @fannyrlphotography