Festivals - Cannes 2026 : Histoires parallèles apporte émotion, prestige et suspense à la Compétition

Par Mulder, Cannes, Palais des Festivals et des Congrès, 14 mai 2026

Peu de premières lors de la 79e édition du Festival de Cannes ont suscité autant d’attente que Histoires parallèles, le dernier long métrage du célèbre cinéaste iranien Asghar Farhadi. Présentée en Compétition officielle et sortie dans les salles françaises le jour même, cette coproduction franco-italo-belge a transformé la Croisette en un lieu de rencontre entre le glamour raffiné du tapis rouge et le poids émotionnel de l’un des sujets les plus sensibles abordés par le cinéma français contemporain ces dernières années. Bien avant le début des arrivées officielles, la foule s’était déjà rassemblée le long des barrières entourant le Palais des Festivals, nombreuse à vouloir assister au retour d’Asghar Farhadi au cinéma francophone plus d’une décennie après Le Passé. L’atmosphère à l’extérieur du Palais était d’un ton sensiblement différent de celle des premières de blockbusters plus bruyantes qui ont dominé une partie du festival cette année. Les conversations parmi les festivaliers portaient souvent sur le secret qui avait entouré la production tout au long de l’année 2025, en particulier après que l’acteur Vincent Cassel eut révélé publiquement que le film revisitait le traumatisme lié aux attentats du Bataclan, une révélation qui a immédiatement propulsé le projet parmi les titres en compétition les plus discutés de Cannes 2026.

À mesure que le cortège officiel arrivait sur la Croisette, le tapis rouge s’est peu à peu transformé en l’un des rassemblements les plus prestigieux du cinéma français et international observés au festival cette année. Isabelle Huppert, dont les collaborations avec certains des plus grands auteurs du cinéma mondial ont fait d’elle l’une des figures les plus emblématiques de Cannes, a suscité un immense applaudissement de la part des photographes et des spectateurs alors qu’elle gravissait le célèbre escalier. Vêtue de cette élégance sobre qui est devenue la marque de fabrique de ses apparitions à Cannes, elle est restée au centre de l’attention pendant une grande partie de la soirée, saluant chaleureusement les fans rassemblés derrière les barrières de sécurité. Juste derrière elle suivaient Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, India Hair et la légendaire icône du cinéma français Catherine Deneuve, dont la participation en tant qu’invitée spéciale dans le film a encore amplifié l’enthousiasme autour de la projection. L’arrivée collective d’un tel ensemble a donné lieu à l’un des moments les plus photographiés de la soirée, les flashs illuminant la façade du Palais presque sans interruption pendant leur ascension. Plusieurs festivaliers ont souligné à quel point il était inhabituel de voir des acteurs souvent associés à des univers cinématographiques radicalement différents réunis sous la direction d’Asghar Farhadi, un cinéaste internationalement reconnu pour ses drames profondément humains et ses récits moraux complexes.

Ce qui a rendu cette première particulièrement fascinante, c’est le contraste entre la splendeur visuelle de Cannes et le sujet sobre et chargé d’émotion associé au projet. Alors que le synopsis officiel présente Histoires parallèles comme l’histoire de Sylvie, une romancière qui espionne ses voisins avant d’engager un jeune homme nommé Adam pour l’assister, le récit plus large entremêlerait, selon certaines sources, fiction personnelle et traumatisme collectif lié aux attentats du Bataclan. Cette structure narrative à plusieurs niveaux semble parfaitement s’inscrire dans l’identité cinématographique d’Asghar Farhadi, dont les œuvres précédentes telles que Une séparation, Le Vendeur et Tout le monde sait exploraient les intersections fragiles entre la vie privée et les tensions sociétales plus larges. Lors des conversations autour du Palais avant la projection, les critiques ont souligné à plusieurs reprises l’importance symbolique du retour du cinéaste à Paris après Le Passé, surtout compte tenu de la sensibilité émotionnelle des événements évoqués dans le film. Le scénario lui-même est resté largement secret tout au long de son élaboration, le travail d’adaptation étant attribué à Massoumeh Lahidji, collaboratrice de longue date, ce qui a suscité une curiosité supplémentaire quant à la manière dont le cinéaste a abordé ce traumatisme historique récent à travers le prisme d’un drame humain intime plutôt que d’une reconstitution politique directe.

En coulisses, Histoires parallèles représente également un effort de production international majeur réunissant plusieurs partenaires européens et américains de premier plan. Produit par Alexandre Mallet-Guy pour Memento Production aux côtés d’Asghar Farhadi et de David Levine pour Anonymous Content, le projet a également impliqué le producteur italien Andrea Occhipinti via Lucky Red et les producteurs belges André Logie et Gaëtan David. Les observateurs du secteur présents sur la Croisette ont souvent souligné l’ampleur de cette collaboration comme preuve de l’énorme confiance accordée au projet bien avant le début du tournage à Paris en septembre 2025. Le tournage aurait duré environ trois mois avant de s’achever à la mi-décembre 2025, avec une direction de la photographie assurée par Guillaume Deffontaines et un montage réalisé par Hayedeh Safiyari, collaboratrice de longue date d’Asghar Farhadi. La durée considérable du film, 139 minutes, a alimenté les spéculations selon lesquelles le réalisateur aurait conçu l’une de ses œuvres narratives européennes les plus ambitieuses à ce jour, combinant intimité psychologique et réflexions plus larges sur la mémoire, le deuil et la fiction elle-même.

Alors que les acteurs entraient dans le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes pour la projection officielle, les applaudissements provenant de l’intérieur du Palais résonnaient déjà dans les couloirs environnants, renforçant le sentiment que Histoires parallèles était devenu l’un des événements artistiques marquants de Cannes 2026. Pour de nombreux observateurs sur la Croisette, cette première représentait bien plus qu’un simple titre en compétition ; elle symbolisait le retour en France de l’un des conteurs les plus respectés du cinéma moderne, avec un film qui tente d’affronter les blessures collectives à travers des récits profondément personnels. Dans un festival souvent dominé par le spectacle et l’effervescence autour des célébrités, l’arrivée d’Asghar Farhadi et de son remarquable casting a rappelé au public cannois que le cinéma peut encore servir à la fois de réflexion artistique et de confrontation émotionnelle.

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Synopsis :
À la recherche d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face. Lorsqu’elle engage le jeune Adam pour l’aider dans ses tâches quotidiennes, elle ne se doute pas qu’il va bouleverser sa vie et son travail — jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse toutes leurs réalités.

Histoires parallèles
Écrit et réalisé par Asghar Farhadi
Produit par Asghar Farhadi, David Levine, Alexandre Mallet-Guy
Avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, Catherine Deneuve, India Hair
Photographie : Guillaume Deffontaines
Montage : Hayedeh Safiyari
Musique :
Sociétés de production : Anonymous Content et Memento Production, La Compagnie cinématographique, Lucky Red, Panache Productions
Distribution :
Dates de sortie : 14 mai 2026 (Cannes)
Durée : 139 minutes

Photos : @fannyrlphotography