
Le 10 mai 2026, Paris a une nouvelle fois confirmé son statut de capitale mondiale du cinéma en accueillant l’ouverture de la 11e édition du Festival du film chinois en France, un événement qui est devenu, au fil des ans, l’un des plus importants rassemblements internationaux consacrés au cinéma chinois hors de Chine. Organisée dans le cadre prestigieux du nouveau Pathé Palace — un lieu conçu par l’architecte Renzo Piano à quelques pas de l’Opéra Garnier —, cette journée d’ouverture a pris des allures de grand rendez-vous diplomatique et artistique, réunissant des personnalités du cinéma français, des représentants institutionnels et des grands noms du cinéma chinois contemporain, unis par un objectif commun : renforcer les liens culturels entre la France et la Chine à travers l’art cinématographique.

Notre média a ainsi pu couvrir le tapis rouge, la conférence de presse et la cérémonie d’ouverture officielle, dans une atmosphère mêlant élégance parisienne, passion pour le cinéma et fascination pour l’évolution spectaculaire du cinéma chinois moderne. Parmi les personnalités présentes figuraient les réalisateurs Anne Fontaine et Jean-Jacques Annaud, tous deux ambassadeurs de cette édition, ainsi que l’actrice Isabelle Huppert, invitée d’honneur du festival, dont la carrière internationale symbolise parfaitement cet échange artistique entre les cultures. La cérémonie d’ouverture a également réuni Ardavan Safaee, président de Pathé Films et coprésident du Festival du cinéma chinois en France, accompagné de Deng Li, ambassadeur de Chine en France, de Qin Zhengui, directeur général adjoint de l’Administration d’État de la presse, de la presse, de l’édition, de la radio, du cinéma et de la télévision de Chine et directeur des Archives cinématographiques de Chine, Olivier Henrard, président par intérim du CNC, Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, ainsi que le réalisateur, scénariste et producteur Jia Zhangke, figure de proue du cinéma d’auteur chinois contemporain. Cette prestigieuse cérémonie d’ouverture s’est conclue par une projection en avant-première du film de Zhang Yimou, Scare Out, un thriller d’espionnage futuriste tourné à Shenzhen avec Jackson Yee et Zhu Yilong, qui s’impose d’ores et déjà comme l’un des événements cinématographiques asiatiques de l’année.

Créé en 2011, le Festival du cinéma chinois en France s’est progressivement imposé comme une plateforme culturelle majeure destinée à rapprocher les industries cinématographiques française et chinoise, tout en faisant découvrir au public européen la diversité d’un cinéma encore trop souvent réduit à quelques œuvres emblématiques. Cette 11e édition, qui se déroulera du 10 mai au 30 juin 2026 dans une douzaine de villes à travers la France et ses territoires d'outre-mer, illustre parfaitement cette ambition d'ouverture et d'échanges culturels. Paris reste bien sûr le cœur symbolique du festival, avec des projections organisées au Pathé Palace, au Pathé Les Fauvettes, à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et au Cinéma Club Christine ; cependant, l’événement se déplace également à Strasbourg, Lyon, Brest, Toulouse, Marseille, Cannes et Montargis, sans oublier, pour la première fois, la Nouvelle-Calédonie et La Réunion. Cette expansion à l'échelle nationale reflète un objectif clair : faire sortir le cinéma chinois des cercles spécialisés et toucher un public beaucoup plus large, allant des passionnés de cinéma asiatique à ceux qui sont simplement curieux de découvrir divers genres tels que les thrillers, l'animation, les documentaires, la science-fiction et les drames historiques.

Le festival est co-organisé par le Centre culturel chinois de Paris, l’Administration chinoise du cinéma et le groupe Pathé, avec le soutien des Archives cinématographiques chinoises, du Musée national du cinéma de Chine et de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, sous les auspices de l’ambassade de Chine en France, du ministère français de la Culture, du CNC et d’Unifrance. Cette collaboration institutionnelle franco-chinoise illustre l’importance croissante du cinéma en tant qu’outil diplomatique et culturel dans les relations entre les deux pays. Le programme 2026 séduit par son éclectisme et sa volonté manifeste de mettre en valeur toutes les facettes du cinéma chinois contemporain. La section « Nouveautés » est naturellement le clou du programme, avec plusieurs films présentés en avant-première française. Outre *Scare Out* de Zhang Yimou, qui mêle espionnage high-tech et esthétique néon dans un Shenzhen ultra-moderne évoquant par moments certaines productions cyberpunk internationales, le public pourra également découvrir * *The Lychee Road*, une comédie historique se déroulant sous la dynastie Tang et centrée sur une mission absurde consistant à livrer des litchis frais à la cour impériale en moins de trois jours — un concept qui semble presque préfigurer une satire logistique en avance sur son temps.

Le drame *Like a Rolling Stone*, inspiré de l’histoire vraie de Su Min — une femme devenue célèbre sur les réseaux sociaux chinois après avoir quitté son mari à 56 ans pour parcourir la Chine seule en voiture —, incarne une autre tendance majeure du cinéma chinois récent : des récits plus intimes centrés sur l’émancipation individuelle et les bouleversements sociaux contemporains. Viva la Vida, quant à lui, explore les liens humains entre deux jeunes patients, tandis que Shenzhou 13, le premier documentaire filmé en 8K depuis l’espace, témoigne de l’ambition technologique croissante des productions chinoises. L’animation est également à l’honneur avec Curious Tales of a Temple, une anthologie visuelle des studios Light Chaser Animation réunissant six réalisateurs et six styles graphiques distincts — une preuve supplémentaire que l’animation chinoise cherche désormais à rivaliser artistiquement avec les grands studios internationaux. Les habitués du festival se souviennent encore du succès critique de Chang’an lors de la précédente édition, ce qui renforce encore l’attente suscitée par cette nouvelle offre ambitieuse.

L’une des grandes nouveautés de cette édition est toutefois la mise en lumière du patrimoine cinématographique chinois à travers une section dédiée aux classiques restaurés. La projection du film de 1934 *The Divine*, restauré en 4K, constitue un événement historique pour les cinéphiles français, car ce film mettant en vedette la légendaire Ruan Lingyu reste une œuvre incontournable du cinéma muet mondial. Le festival projette également le film de 1935 *Children of Troubled Times*, une œuvre moins connue du public occidental mais fondamentale pour l’histoire culturelle chinoise, puisque sa chanson thème deviendra plus tard l’hymne national chinois. Ce travail de restauration et de préservation du patrimoine montre à quel point le cinéma chinois cherche aujourd’hui à célébrer ses racines tout en affirmant sa modernité.

Dans le même esprit, la section documentaire explore des figures et des thèmes artistiques marquants, notamment avec une trilogie consacrée au peintre franco-chinois Zao Wou-Ki, un documentaire sur le compositeur Chen Qigang et *La Cité oubliée de la dynastie Ming*, réalisé par le cinéaste français Stéphane Bégoin. Ce programme illustre parfaitement la volonté du festival de jeter des ponts culturels entre la France et la Chine. Au-delà des projections, le festival propose également une grande exposition intitulée « Un siècle de souvenirs du grand écran, deux décennies de nouveaux chapitres cinématographiques — Un voyage à travers 120 ans d’ombres et de lumières du cinéma chinois », qui se tiendra au Centre culturel chinois de Paris du 19 mai au 19 juillet 2026. À travers des affiches rares, des archives historiques et des photographies, cette exposition vise à retracer l’évolution du cinéma chinois depuis ses débuts jusqu’à son essor contemporain.

Cette rétrospective semble particulièrement pertinente à un moment où le cinéma chinois connaît une transformation spectaculaire, tant sur le plan économique qu’artistique. Longtemps perçu principalement à travers les œuvres de cinéastes emblématiques tels que Zhang Yimou, Jia Zhangke et Wong Kar-wai, le cinéma chinois contemporain s’est désormais diversifié de manière impressionnante, capable de produire aussi bien des superproductions futuristes que des œuvres intimistes et des expériences visuelles ambitieuses. C’est précisément cette diversité que le festival cherche à transmettre au public français, en mettant l’accent sur l’échange culturel plutôt que sur une simple vitrine promotionnelle. Avec un large éventail de genres — des thrillers aux documentaires spatiaux, des drames sociaux à l’animation expérimentale —, cette édition 2026 confirme que le cinéma chinois moderne ne peut plus être réduit à une seule identité artistique.

L’ouverture de cette 11e édition a également souligné l’importance croissante des liens entre les industries cinématographiques française et chinoise. La présence de personnalités telles que Jean-Jacques Annaud, dont la carrière entretient depuis longtemps des liens étroits avec la Chine grâce notamment à *Sept ans au Tibet* ou *Le Dernier Loup*, ainsi que celle d’Anne Fontaine, souligne l’intérêt constant des cinéastes français pour ce dialogue artistique. Quant à Isabelle Huppert, son statut d’invitée d’honneur rappelle à quel point l’actrice française reste une figure respectée dans les grands festivals internationaux et auprès du public asiatique. Sa présence au Pathé Palace a été particulièrement remarquée sur le tapis rouge, attirant de nombreux photographes et cinéphiles venus assister à cette prestigieuse soirée d’ouverture.

Dans un contexte mondial où les industries culturelles sont constamment à la recherche de nouveaux ponts et de nouveaux marchés, le Festival du cinéma chinois en France apparaît plus que jamais comme un espace stratégique de rencontres artistiques, diplomatiques et économiques. Et à en juger par l’enthousiasme du public du Pathé Palace lors de cette soirée d’ouverture particulièrement élégante et ambitieuse, cette 11e édition pourrait bien être l’une des plus marquantes de l’histoire du festival.
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Photos et vidéo 4K : Boris Colletier / Mulderville