Convention - CinemaCon 2026 : I Love Boosters : une aventure policière surréaliste menée par Boots Riley et LaKeith Stanfield vole la vedette

Par Mulder, Las Vegas, Caesars Palace, Dolby Colosseum, 14 avril 2026


Photo gracieusement fournie par David Becker Getty Images pour CinemaCon. Tous droits réservés.

Lors du CinemaCon 2026 à Las Vegas, au sein de l’emblématique Caesars Palace et de son Dolby Colosseum, NEON a livré l’une des présentations les plus commentées de la semaine le 14 avril 2026, et I Love Boosters s’est rapidement imposé comme un moment fort déterminant de l’identité en pleine évolution du studio. Sous la direction d’Elissa Federoff, directrice de la distribution, la société a mis en avant un message qui tenait à la fois de la célébration d’une victoire et d’un manifeste : NEON n’est plus le nouveau venu audacieux qui a fait ses débuts en 2017 avec Colossal, mais une force pleinement établie, capable de concilier cinéma de prestige et ambition audacieuse visant à plaire au grand public. Le parcours du studio allant du triomphe historique aux Oscars de Parasite à l’accueil critique d’Anatomy of a Fall en passant par le succès commercial de Longlegs s’est subtilement tissé dans le sous-texte de la présentation, renforçant l’idée que NEON opère désormais à la croisée du cinéma d’auteur et de l’attrait grand public, un positionnement que I Love Boosters incarne de manière presque provocante.

Le changement de ton est devenu indéniable lorsque Boots Riley est monté sur scène aux côtés de LaKeith Stanfield, Star de l’année de la CinemaCon, insufflant instantanément à la salle une énergie différente — moins corporate, plus rebelle, et indéniablement cinématographique. Connu pour sa narration politiquement engagée et visuellement inventive, Boots Riley n’a pas mâché ses mots, affirmant sans détour qu’il réalisait des films « pour le grand écran », une phrase qui a profondément résonné dans une salle remplie d’exploitants encore en train de redéfinir l’identité du cinéma à l’ère du streaming. LaKeith Stanfield, quant à lui, a ancré le discours sur le plan émotionnel, soulignant que le cinéma repose sur une expérience partagée et des sensations viscérales, positionnant I Love Boosters non seulement comme un film, mais comme une expérience conçue pour être vécue collectivement dans une salle de cinéma. Il y avait dans la salle un sentiment palpable quelque chose qui ne transparaît pas toujours dans les communiqués de presse que NEON présentait délibérément ce projet à la fois comme une déclaration artistique et une expérience sensorielle, une double promesse qui jette habilement un pont entre la crédibilité du cinéma d'art et d'essai et l'accessibilité grand public.


Photo gracieusement fournie par Monica Schipper Getty Images pour CinemaCon. Tous droits réservés.

Ce positionnement a été renforcé lorsque Boots Riley a décrit l’expérience visée par le film comme s’apparentant à un manège de parc d’attractions, une comparaison qui a immédiatement clarifié les ambitions du projet pour les exploitants qui auraient autrement pu avoir du mal à le classer. Il ne s’agissait pas simplement d’un énième film indépendant décalé ; il était présenté comme un événement cinématographique viscéral et percutant, capable de surprendre le public tout en délivrant le genre d’énergie qui remplit les salles. L'ajout d'une introduction à l'écran par Keke Palmer avant les images exclusives a apporté une touche supplémentaire de star power et d'accessibilité, signalant subtilement que malgré son côté expérimental, I Love Boosters s'appuie sur un casting au charisme grand public indéniable. Cet équilibre, entre imprévisibilité et familiarité, semblait être au cœur de la stratégie de NEON, et à bien des égards, le studio semblait tester jusqu'où il pouvait pousser sa marque vers un territoire commercial plus large sans perdre son identité.

Au-delà de la scène de CinemaCon, I Love Boosters arrive avec un pedigree qui renforce son importance dans le paysage cinématographique de 2026. Écrit et réalisé par Boots Riley et inspiré de la chanson « I Love Boosters ! » de son groupe The Coup, le film marque la poursuite de l’engagement du cinéaste à mêler commentaire politique et narration surréaliste, après le succès culte de Sorry to Bother You. Produit par Aaron Ryder, Andrew Swett, Allison Rose Carter et Jon Read, et soutenu par Ryder Picture Company aux côtés d’Annapurna Pictures et de Savage Rose Films, le projet reflète une collaboration entre des sociétés connues pour soutenir des voix originales. La participation de la directrice de la photographie Natasha Braier, dont la sensibilité visuelle a toujours su rehausser les récits centrés sur les personnages, laisse présager un film qui non seulement mettra le public au défi sur le plan narratif, mais le plongera également dans une expérience visuelle immersive.


Photo gracieusement fournie par Monica Schipper Getty Images pour CinemaCon. Tous droits réservés.

La distribution elle-même se lit comme une déclaration d’intention, réunissant Keke Palmer, Naomi Ackie, Taylour Paige, Poppy Liu, Eiza González, LaKeith Stanfield, Will Poulter, Don Cheadle et Demi Moore, un mélange d’acteurs capables de naviguer aussi bien dans le drame réaliste que dans la narration stylisée et exacerbée. Ce choix de casting semble particulièrement en phase avec l’approche de Boots Riley, dont les films s’appuient souvent sur des acteurs capables de passer sans heurts de la satire à la sincérité, amplifiant ainsi la complexité émotionnelle et thématique de ses récits. Dans I Love Boosters, cette dynamique se déroule dans une version surréaliste de la baie de San Francisco, où un groupe de voleurs à l'étalage professionnels prend pour cible un magnat de la mode impitoyable qui s'est approprié leurs créations, un postulat qui annonce d'emblée une collision entre critique sociale, codes de genre et humour absurde.

Le parcours du film jusqu’à CinemaCon reflète également son élan croissant au sein de l’industrie : il a été présenté en avant-première en tant que film d’ouverture du South by Southwest Film & TV Festival le 12 mars 2026, où il a reçu des critiques positives, avant d’être à nouveau sélectionné comme film d’ouverture du Festival international du film de Seattle le 7 mai. Ce double positionnement en tant que film d'ouverture de festival souligne l'importance qui lui est accordée, non seulement en tant que film, mais aussi en tant que moment culturel, un moment que les festivals sont impatients de mettre en avant pour susciter le débat. La décision de NEON de programmer une sortie en salles à grande échelle le 22 mai 2026, avec des lancements simultanés aux États-Unis, au Canada et en Australie, renforce encore la confiance du studio dans la capacité du film à toucher un public au-delà du circuit des festivals, tandis que la distribution internationale assurée par Focus Features et Universal Pictures garantit une portée mondiale à la hauteur de ses ambitions.


Photo gracieusement fournie par David Becker Getty Images pour CinemaCon. Tous droits réservés.

Ce qui a finalement permis à I Love Boosters de se démarquer à CinemaCon, ce n’était pas seulement son casting prestigieux ou son postulat de départ, mais la manière dont il incarnait la thèse plus large de NEON sur l’avenir du cinéma en salle. Dans un secteur où de nombreux distributeurs spécialisés se sont tournés vers des stratégies de sortie prudentes ou des modèles hybrides, NEON a profité de cette présentation pour affirmer  implicitement mais sans équivoque que des films audacieux et originaux peuvent encore prospérer en salle s’ils sont positionnés avec clarté et conviction. L'énergie palpable dans la salle, des rires lors des remarques de Boots Riley au silence attentif pendant la projection d'extraits, suggérait que les exploitants n'étaient pas seulement intrigués, mais véritablement captivés, une réaction qui devient de plus en plus rare pour les projets non conventionnels.

En ce sens, I Love Boosters ressemble moins à un simple film qu’à un test décisif pour l’avenir du cinéma en salle : un projet qui refuse toute catégorisation facile, assume son excentricité, et qui est pourtant promu avec le genre de confiance habituellement réservée aux sorties grand public. Si la présentation de NEON à CinemaCon 2026 a prouvé une chose, c’est que la frontière entre cinéma d’art et d’essai et blockbuster n’est plus aussi rigide qu’autrefois, et avec Boots Riley à la barre et un casting capable d’incarner à la fois le chaos et le charisme, I Love Boosters pourrait bien être le film qui transforme cette idée en une expérience cinématographique à grande échelle.


Photo gracieusement fournie par David Becker Getty Images pour CinemaCon. Tous droits réservés.

Synopsis :
Une équipe de « boosters » (c'est-à-dire de voleurs à l'étalage professionnels) décide de s'en prendre à un magnat de la mode impitoyable.

I Love Boosters
Écrit et réalisé par Boots Riley
Produit par Aaron Ryder, Andrew Swett, Allison Rose Carter, Jon Read
Avec Keke Palmer, Naomi Ackie, Taylour Paige, Poppy Liu, Eiza González, LaKeith Stanfield, Will Poulter, Don Cheadle, Demi Moore
Photographie : Natasha Braier
Montage : Matthew Hannam, Terel Gibson
Musique : Tune-Yards
Sociétés de production : Ryder Picture Company, Annapurna Pictures, Savage Rose Films
Distribué par Neon (États-Unis), Focus Features et Universal Pictures (international)
Dates de sortie : 12 mars 2026 (SXSW), 22 mai 2026 (États-Unis)
Durée : 105 minutes