Convention - Barco dévoile la programmation HDR 2026 de Sony avec Spider-Man, Resident Evil et Jumanji

Par Mulder, Las Vegas, Caesars Palace, 14 avril 2026

Lors de la journée d'ouverture de CinemaCon 2026, le salon annuel où les studios et les exploitants de salles prennent le pouls du secteur cinématographique, le groupe technologique belge Barco s'est appuyé sur la programmation à venir de Sony pour envoyer un message très clair : les expériences grand format haut de gamme ne sont plus une stratégie secondaire, elles deviennent un élément central de la commercialisation des grands films. La société a confirmé que quatre sorties très attendues de Sony Pictures, Spider-Man: Brand New Day (29 juillet 2026), Insidious : l'invasion du lointain (Insidious: Out of the Further) (19 août 2026), Resident Evil (16 septembre 2026) et Jumanji: Open World (23 décembre 2026) seront tous diffusés en HDR par Barco, le format cinématographique à plage dynamique élevée (HDR) propriétaire de la société. Cette annonce a été programmée pour coïncider avec la première soirée du salon CinemaCon, qui s’est tenu du 13 au 16 avril au Caesars Palace de Las Vegas, où les exploitants s’intéressent de plus en plus aux technologies capables de différencier l’expérience cinématographique du visionnage à domicile.

Derrière le discours marketing se cache une réalité industrielle plus crue. Les exploitants de salles ont passé des années à relancer la fréquentation après les perturbations liées à la pandémie, les grèves et l’évolution des habitudes de streaming. Ce qui a toujours fonctionné pendant cette période, ce sont les films pour lesquels « ça vaut la peine de quitter son canapé » : les films événementiels, les superproductions spectaculaires et les attractions en format premium. C’est là que Barco s’est positionné. Son système HDR utilise la technologie brevetée Lightsteering pour redistribuer la lumière de projection sur l’écran, permettant des zones claires qui seraient plus de six fois plus lumineuses que la projection conventionnelle tout en conservant les détails dans les zones sombres et un contraste plus large. Concrètement, cela signifie que les costumes de super-héros brillent davantage, que les ombres des films d'horreur s'intensifient, que les explosions ont plus d'impact et que les mondes fantastiques gagnent en relief. Il ne s'agit pas simplement d'une mise à niveau technique, mais d'une stratégie commerciale, car les billets premium se vendent généralement à des prix plus élevés et génèrent des marges plus importantes pour les exploitants.

Le titre phare de la programmation est clairement Spider-Man: Brand New Day, le prochain chapitre mettant en vedette Tom Holland dans le rôle de Peter Parker. Après l’énorme succès de Spider-Man: No Way Home, le nouveau film se déroulerait quatre ans après la fin de son prédécesseur, qui effaçait la mémoire des personnages, avec Peter isolé et évoluant en tant que Spider-Man à plein temps dans un New York qui ne connaît plus son identité. Le synopsis officiel évoque également une dangereuse évolution physique affectant ses pouvoirs, laissant entrevoir un héros plus vulnérable et instable que ce que le public a pu voir auparavant. Réalisé par Destin Daniel Cretton et écrit par Chris McKenna et Erik Sommers, le film met en scène Tom Holland, Zendaya, Sadie Sink, Jacob Batalon, Jon Bernthal, Tramell Tillman, Michael Mando et Mark Ruffalo. Les observateurs du secteur présents au CinemaCon ont noté que Sony continue de considérer Spider-Man comme l’une des rares marques capables de rassembler les jeunes, les familles et les fans de comics à travers les territoires. Sa sortie en HDR est donc moins une expérience qu’un choix commercial évident.

Si Spider-Man incarne l’envergure, Insidious : Out of the Further incarne le ciblage de précision. L’horreur est devenue l’un des genres les plus fiables de l’économie cinématographique moderne : des budgets modestes, un public fidèle et une rentabilité fréquente. La franchise Insidious a déjà rapporté plus de 740 millions de dollars dans le monde selon les documents de presse, et ce nouvel opus met l’accent sur une nouvelle famille. Amelia Eve incarne Gemma, une mère qui découvre qu’elle peut non seulement pénétrer dans The Further, mais aussi ramener des entités dans le monde réel. Lin Shaye reprend son rôle d’Elise Rainier, sous la direction de Jacob Chase. Ce qui rend l’angle HDR particulièrement intéressant ici, c’est que l’horreur tire souvent profit du contrôle de l’obscurité plutôt que de la seule luminosité. Des noirs profonds, des textures subtiles dans les ombres et des pics de contraste soudains peuvent considérablement intensifier les réactions de peur dans une salle de cinéma. En d’autres termes, pour l’horreur, le HDR peut être autant une technologie psychologique qu’une technologie visuelle.

Vient ensuite ce qui est peut-être la carte maîtresse la plus intrigante : Resident Evil, une réinvention originale menée par Zach Cregger, dont la réputation a grimpé en flèche après Barbarian et ses projets ultérieurs. Au lieu de s'appuyer immédiatement sur l'iconographie traditionnelle, le synopsis présente Bryan, un coursier médical joué par Austin Abrams, pris au piège dans une nuit catastrophique où l'horreur de la survie ne cesse de s'intensifier. Coécrit par Zach Cregger et Shay Hatten, le film met également en vedette Zach Cherry, Kali Reis et Paul Walter Hauser. Cela suggère que Sony tente de repositionner Resident Evil non pas simplement comme une adaptation nostalgique du jeu vidéo, mais comme un film d’horreur porté par un cinéaste et doté d’un attrait d’action grand public. C’est un virage judicieux. Les marques issues de jeux vidéo restent précieuses, mais le public contemporain récompense de plus en plus les accroches narratives fortes. Si Zach Cregger parvient à mêler terreur, dynamisme et mythologie de la franchise, Sony pourrait bien avoir plus qu’un simple reboot — il pourrait s’agir d’un moteur cinématographique récurrent.

L'année se termine avec Jumanji : Open World, prévu pour le jour de Noël, qui réunit Dwayne Johnson, Kevin Hart, Jack Black et Karen Gillan, aux côtés de membres du casting de retour, notamment Alex Wolff, Madison Iseman, Morgan Turner, Ser’Darius Blain, Rhys Darby, Nick Jonas et Danny DeVito. Réalisé à nouveau par Jake Kasdan, le nouveau scénario renverse la formule précédente : au lieu que les personnages entrent dans le jeu, Jumanji déborde dans le monde réel. Ce postulat est commercialement astucieux car il rafraîchit le concept sans abandonner ce que le public connaît déjà. La période des fêtes récompense les comédies multigénérationnelles dotées d’attraits d’action, et Sony semble préserver l’une de ses marques phares d’événements familiaux à un moment où les grands succès grand public sont de plus en plus rares. Ici, le HDR est moins une question de menace ou de réalisme que d’une échelle ludique : le chaos urbain, les effets spéciaux liés aux créatures et l’action comique exacerbée bénéficient tous d’une présentation haut de gamme.

Un détail souvent négligé dans cette annonce est l’équilibre de la programmation. Sony et Barco ont délibérément mis en avant quatre segments de public distincts : les super-héros, l’horreur surnaturelle, l’horreur/action de survie et la comédie d’aventure familiale. Cette diversification est importante. Les exploitants n’ont pas besoin d’un seul méga-succès ; ils ont besoin d’un rythme régulier de raisons pour que différents publics reviennent tout au long de l’année. En ce sens, la programmation de Barco constitue également une stratégie de calendrier pour les exploitants. Elle fait suite aux précédents titres HDR 2026 de Barco et Sony, notamment 28 Years Later: The Bone Temple et GOAT, ce qui témoigne d’un partenariat en expansion plutôt que d’une simple opération promotionnelle ponctuelle.

Fondée à Courtrai, en Belgique, Barco a déclaré un chiffre d’affaires de 964 millions d’euros en 2025 et emploie plus de 3 000 personnes dans le monde, soulignant que la projection cinématographique ne représente qu’une partie d’une activité plus large de visualisation et de mise en réseau. Pourtant, le cinéma revêt une importance symbolique : lorsque le public est émerveillé dans les salles, les marques de projection s’inscrivent dans le récit d’une expérience haut de gamme. Cela aide à expliquer pourquoi les entreprises technologiques recherchent désormais des associations avec des titres phares, autrefois réservées principalement aux exploitants et aux studios. En 2026, le projecteur lui-même fait désormais partie de l’argumentaire.

La conclusion profonde à tirer de CinemaCon est simple : la bataille pour les salles de cinéma n’oppose plus seulement le cinéma au streaming. Elle oppose le visionnage ordinaire au visionnage exceptionnel. En associant la technologie HDR aux grandes sorties de Sony, Barco parie que le public réagit toujours lorsque les films semblent plus grands, plus lumineux, plus sombres, plus sonores et véritablement collectifs. Si ce pari s'avère juste, l'avenir de l'exploitation en salle dépendra peut-être moins du nombre de films sortant chaque week-end que de l'impression inoubliable qu'ils laissent une fois les lumières éteintes.

Photos : Boris Colletier / Mulderville

(Source : communiqué de presse)