Sorties - Mask Singer expose ses costumes emblématiques au Musée Grévin pour la première de la saison 9

Par Mulder, Paris, Musée Grévin, 24 avril 2026

Certains événements de lancement ne sont rien de plus qu’une simple séance photo, tandis que d’autres traduisent immédiatement un sentiment d’ambition. En investissant le Musée Grévin dans la soirée du 24 avril 2026 pour présenter la neuvième saison de Mask Singer, TF1 a choisi cette dernière voie. Le symbolisme était clair : créer un dialogue entre les statues immortalisées du célèbre musée parisien et les costumes qui sont, à leur tour, devenus des icônes populaires de la télévision française. Dans les salles du Grévin, au milieu des silhouettes figées de célébrités d’hier et d’aujourd’hui, les invités ont découvert un décor où l’univers haut en couleur de l’émission semblait presque naturel. Notre média était présent à cet événement, qui réunissait d’anciens candidats, des personnalités du monde du spectacle et les équipes de production. Après un premier cocktail, les conversations ont rapidement abouti à une simple constatation : rares sont les émissions de divertissement françaises capables, neuf saisons plus tard, de susciter un tel engouement.

L’ambiance de la soirée en disait long sur le parcours de l’émission. Depuis son lancement en novembre 2019, Mask Singer (l’adaptation française du format sud-coréen King of Mask Singer) s’est imposé comme l’un des grands moments forts du divertissement français. Son principe reste incroyablement efficace : des célébrités entièrement dissimulées sous des costumes spectaculaires chantent devant un jury chargé de les démasquer, tandis que le public tente de deviner leur identité avant la révélation finale. Mais au-delà du jeu lui-même, l’émission a créé un univers visuel rarement vu à la télévision française. Son succès ne tient pas seulement aux noms cachés sous les masques ; il repose aussi sur la création d’un mystère, sur une exagération délibérée et sur la promesse qu’un costume peut devenir un personnage à part entière. À cet égard, Grévin était sans aucun doute le lieu idéal : un musée où la représentation compte autant que la réalité.

Au cours de la présentation, un bref discours a souligné l’influence grandissante de la franchise. Du 25 avril au 15 juillet 2026, le musée accueille dix-sept costumes emblématiques des saisons précédentes, directement intégrés à l’expérience des visiteurs. C’est une idée astucieuse : plutôt que de créer une exposition distincte, ces créatures faites de tissu, de mousse, de plumes et de strass s’intègrent parfaitement parmi les 250 figures permanentes du lieu. Les visiteurs passent ainsi d’une star de cinéma à un monstre de la télévision pop, d’une légende de la comédie musicale à une chimère colorée. C’est aussi un moyen de mettre en avant un savoir-faire souvent sous-estimé : la création des costumes de Mask Singer est un travail de précision qui mêle couture, sculpture, peinture, mécanique et ergonomie scénique. Selon les informations fournies, près de 1 000 costumes ont été conçus pour l’émission depuis ses débuts.

En termes de casting et de mécanique de jeu, la saison 9 vise à monter encore d’un cran. Le quatuor d’enquêteurs reste inchangé pour la première fois depuis la saison 4 : Kev Adams, Chantal Ladesou, Michaël Youn et Laurent Ruquier continuent d’entourer Camille Combal, qui est devenu en quelques années l’un des visages phares de la programmation de divertissement de la chaîne. Cette stabilité est stratégique : après plusieurs changements de casting au fil des saisons, TF1 mise désormais sur une dynamique de groupe bien rodée, où l’esprit vif et la camaraderie comptent tout autant que l’enquête elle-même. La grande nouveauté annoncée cette année concerne un tout nouveau personnage, le Clown, qui ne portera pas de masque mais sera métamorphosé chaque semaine par des maquilleurs professionnels du cinéma. Une première mondiale pour le format français, qui brouille délibérément les repères habituels des enquêteurs.

La soirée de visionnage organisée au musée a été suivie de la projection du premier épisode. Et la soirée a offert son premier démasquage : Firmine Richard se cachait sous le costume de l’Avocate. Présente à l’événement, l’actrice a été chaleureusement accueillie par les invités, preuve que l’émission conserve cette capacité unique de rassembler des générations d’artistes — ce que peu de programmes parviennent encore à faire avec une telle aisance. Son élimination rapide n’a pas empêché son apparition d’être l’un des moments les plus commentés de la soirée, plusieurs invités ayant remarqué le plaisir évident qu’elle prenait à participer au jeu. Ce type de participation nous rappelle que Mask Singer est aussi un espace de réinvention : les célébrités viennent moins pour gagner que pour surprendre, s’amuser ou montrer une facette différente d’elles-mêmes.

Les premiers chiffres d’audience de la première confirment que la marque reste forte. Selon les chiffres publiés au lendemain de la diffusion, le premier épisode a attiré plus de 2,5 millions de téléspectateurs sur l’ensemble des segments de la soirée, avec des performances particulièrement solides auprès des cibles commerciales et du jeune public — le bastion traditionnel de l’émission. Dans un paysage médiatique fragmenté, où les offres de divertissement sont dispersées entre les plateformes, les services à la demande et les réseaux sociaux, réussir à rassembler à nouveau les gens en temps réel autour d’une émission familiale du vendredi soir n’est pas une mince affaire. Mask Singer reste l’un des rares formats capables de générer simultanément un buzz télévisuel et un buzz numérique.

Ce lancement au Grévin révèle enfin une réalité plus large de la télévision française contemporaine : les émissions qui perdurent ne sont plus seulement celles que l’on regarde, mais celles que l’on visite, que l’on photographie, que l’on partage et qui s’étendent au-delà des ondes. En transformant ses costumes en pièces d’exposition, Mask Singer dépasse le simple cadre du prime time pour entrer dans la culture populaire tangible. Les enfants y voient des créatures géantes, les adultes y reconnaissent des souvenirs des saisons passées, et les professionnels du secteur y voient une réussite en matière de branding. Derrière les paillettes, c'est sans aucun doute la véritable victoire de cette neuvième saison naissante : avoir transformé un jeu télévisé en un univers.

photos et vidéos 4K : Boris Colletier / Mulderville