Exposition - A la Cinémathèque, une exposition pour redécouvrir Marylin Monroe

Par Sabine, Paris, Cinémathèque Français, 07 avril 2026

Il y a 3 ans la Cinémathèque Française célébrait Marylin Monroe avec une rétrospective de ses films. Aujourd'hui, pour le centenaire de la naissance de cette star, Florence Tissot a conçu une exposition pour redécouvrir l’actrice au travail, ses talents d’interprète et sa place dans la grande histoire du star-system hollywoodien, à travers une riche sélection de costumes originaux, d’extraits, de photographies et de documents rares. Le parcours en 7 étapes cherche à dépasser les clichés pour restituer la complexité d’une actrice souvent réduite à sa plastique et à ses fragilités. La scénographie est réussie, avec ses tonalités en rouge et noir, la salle boudoir rose pâle. Les cadres métalliques et ses néons mettent en valeur les photos en noir et blanc. Leur structure crée des respirations dans le parcours. 

Dès l’introduction, le ton est donné : il ne s’agit pas de célébrer aveuglément une star, mais d’interroger les mécanismes de sa fabrication. L’exposition met en lumière le paradoxe central de Marilyn Monroe (une actrice mondialement célèbre, mais constamment dénigrée) en insistant sur la manière dont son talent a été éclipsé par une lecture psychologisante de sa carrière. Ce choix critique permet de repositionner Monroe comme une véritable professionnelle du jeu. Le parcours se distingue par la clarté de sa structure thématique. La section « Un mythe » est particulièrement convaincante : elle démontre comment l’image publique de Monroe s’est construite autant sur ses rôles que sur sa vie privée, amplifiée par les stratégies des studios et la fascination médiatique. L’analyse de la célèbre scène de Sept ans de réflexion, avec sa robe qui se soulève sur une bouche d'aération, est à ce titre éclairante, révélant les logiques commerciales derrière ce qui est devenu une image iconique.

La partie « Métamorphose » expose la fabrication quasi scénarisée de son identité par les studios, l’exposition met en évidence la dimension industrielle du star-system. Cette approche critique est l’un des points forts du parcours, car elle replace Monroe dans un système économique et idéologique plus large, qui lui assigne le rôle de «blonde idiote».  C’est dans les sections « Femme fatale » et « La revanche d’une blonde » que l’exposition gagne en intensité. Elle y explore la tension entre sexualisation et émancipation, montrant comment Monroe a été à la fois objet de désir et actrice consciente de son image. L’évocation de « l’affaire du calendrier » et de la publication des photos dans Playboy souligne avec justesse la violence symbolique de cette exposition médiatique non consentie. En parallèle, l’actrice bataille contre la Fox pour devenir indépendante. Elle part à New-York suivre des cours à l'Actor's studio et crée sa propre société de production. Marylin Monroe actrice et productrice. 

La section « Borderline » constitue un tournant plus délicat. En revisitant les discours sur l’instabilité de Monroe, l’exposition tente de réhabiliter une figure souvent pathologisée. Elle a le mérite d’ouvrir un débat sur la manière dont les femmes, en particulier dans l’industrie du cinéma, sont jugées et catégorisées. Marylin Monroe décède d'une overdose médicamenteuse à l'âge de 36 ans, en 1962, après seulement 16 ans de carrière. « Performer Marilyn » inscrit l’exposition dans une perspective contemporaine, en montrant la persistance de son image dans la culture populaire et les réinterprétations par des artistes actuels. L’exposition se distingue par son approche critique et documentée, qui refuse la simple célébration nostalgique. Plus qu’un hommage, l’exposition propose ainsi une véritable réflexion sur la fabrication des icônes et sur la place des femmes dans l’industrie culturelle - un sujet qui s'inscrit plus que jamais dans d’actualité.

Informations pratiques :
Cinémathèque Française – 51 rue de Bercy, 75012 Paris
Du 8 Avril au 26 Juilllet 2026
Lundi, Mercredi à Vendredi : 12h- 19h
WE, vacances scolaires et jours fériés : 11h-20h. Fermeture les mardis et le 1er mai. 
Nocturnes gratuites réservées aux 18-25 ans le 2e jeudi du mois jusqu’à 21h, sur inscription 
Tarifs : PT 14 € / TR et 18-25 ans 11 € / - de 18 ans 7 € / Libre Pass : accès libre 

Photos : Sabine Chevrier / Mulderville