
Réunis le 8 février 2026 dans l’écrin feutré du Le Royal Monceau, les Paris Film Critics Awards ont confirmé leur statut singulier dans le paysage des récompenses françaises en dévoilant un palmarès qui conjugue exigence critique et ouverture internationale, sous le regard attentif d’une académie composée de 130 membres dont de nombreux critiques de cinéma français ; au cœur de la soirée, le triomphe de Paul Thomas Anderson s’est imposé comme l’évidence de l’année, son film Une bataille après l’autre raflant quatre distinctions majeures – meilleur film, meilleure réalisation, meilleure adaptation et meilleur montage – consacrant une œuvre perçue par de nombreux observateurs comme un sommet de mise en scène et de construction narrative, tandis que l’atmosphère élégante et presque studieuse de la cérémonie rappelait combien ces prix demeurent avant tout une célébration du regard critique, loin du spectaculaire tapageur, avec cette sensation palpable d’assister à une soirée où les conversations passionnées sur le cinéma comptaient autant que les trophées eux-mêmes.
La domination de Paul Thomas Anderson ne s’est pas limitée à la catégorie reine, puisque le cinéaste américain a également été distingué personnellement comme meilleur réalisateur, une reconnaissance qui souligne la cohérence artistique d’un film salué pour sa maîtrise formelle et son rythme, tandis que le prix du meilleur montage attribué à Andy Jurgensen a mis en lumière un travail d’orfèvre souvent cité dans les discussions d’après-projection, tant le découpage et la dynamique interne du film participent à sa tension dramatique ; cette double consécration film-réalisateur, relativement rare dans les prix de critiques français, illustre la réception unanimement enthousiaste d’une œuvre qui a su transcender les frontières culturelles, rappelant que les Paris Film Critics Awards ont régulièrement joué un rôle de baromètre sensible aux tendances esthétiques fortes avant même certaines grandes cérémonies internationales.
L’édition 2026 a également été marquée par l’émergence remarquée de Pauline Loquès, récompensée pour son premier film Nino, signal clair envoyé par la critique à une nouvelle génération de cinéastes, d’autant que Théodore Pellerin y a décroché le prix de la meilleure révélation masculine, confirmant la trajectoire ascendante d’un acteur dont la présence à l’écran ne cesse de gagner en intensité ; dans la même dynamique de renouvellement, Nadia Melliti a reçu le prix de la meilleure révélation féminine pour La Petite Dernière, illustrant cette volonté constante des votants de mettre en avant des interprètes capables d’imposer une identité forte dès leurs débuts, tandis que ces choix traduisent une lecture attentive des évolutions du cinéma francophone contemporain, entre audace formelle et ancrage émotionnel.
Du côté des performances confirmées, Léa Drucker s’est imposée comme meilleure actrice pour Dossier 137, une distinction qui prolonge une série de rôles exigeants et nuancés, alors que Wagner Moura a été sacré meilleur acteur pour L’Agent secret, rappelant la capacité des Paris Film Critics Awards à embrasser pleinement le cinéma international ; les seconds rôles ont eux aussi trouvé un écho particulier avec les récompenses attribuées à Leïla Bekhti pour Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan et à Raphaël Personnaz pour La Femme la plus riche du monde, deux interprétations largement commentées pour leur justesse et leur densité, dans une édition où la critique a visiblement privilégié la subtilité du jeu et la complexité des personnages.
Au-delà des catégories d’interprétation, le palmarès reflète une diversité esthétique marquée, avec le prix du meilleur scénario original décerné à Jafar Panahi pour Un simple accident, la meilleure photographie attribuée à Manuel Dacosse pour L’Étranger, et la meilleure musique originale revenant à Kangding Ray pour Sirât, autant de choix qui traduisent une sensibilité critique attentive aux dimensions sensorielles et narratives du cinéma ; les prix techniques, souvent révélateurs des tendances de fond, ont également distingué Judy Becker pour les décors de The Brutalist et Pierre-Yves Gayraud pour les costumes de La venue de l’avenir, soulignant le rôle déterminant de la direction artistique dans la perception globale d’une œuvre.
La soirée a enfin pris une dimension émotionnelle particulière avec la remise des prix d’honneur, notamment celui attribué à Claudia Cardinale à titre posthume, remis à sa fille Claudia Squitieri, moment chargé de mémoire cinéphile rappelant l’empreinte indélébile laissée par l’actrice dans l’histoire du cinéma européen et international, tandis que Alain Terzian a reçu le prix de la contribution exceptionnelle au cinéma pour l’ensemble de sa carrière, reconnaissance appuyée d’un parcours majeur de producteur, et que le Le Grand Rex a été salué pour sa contribution à l’art du cinéma, hommage vibrant à une institution parisienne emblématique ; à travers ce palmarès 2026, les Paris Film Critics Awards réaffirment avec force leur mission : célébrer des œuvres et des artistes où l’ambition artistique rencontre la puissance narrative et le rayonnement international.
Palmarès des Paris Film Critics Awards 2026 :
Meilleur film : Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson
Meilleur premier film : Nino, Pauline Loquès
Meilleur réalisateur : Paul Thomas Anderson, Une bataille après l’autre
Meilleure actrice : Léa Drucker, Dossier 137
Meilleur acteur : Wagner Moura, L’Agent secret
Meilleure actrice dans un second rôle : Leïla Bekhti, Ma mère Dieu et Sylvie Vartan
Meilleur acteur dans un second rôle : Raphaël Personnaz, La Femme la plus riche du monde
Meilleure révélation féminine : Nadia Melliti, La Petite Dernière
Meilleure révélation masculine : Théodore Pellerin, Nino
Meilleur scénario original : Un simple accident, Jafar Panahi
Meilleure adaptation : Une bataille après l’autre, Paul Thomas Anderson
Meilleure photographie : L’Étranger, Manuel Dacosse
Meilleur montage : Une bataille après l’autre, Andy Jurgensen
Meilleure musique originale : Sirât, Kangding Ray
Meilleurs décors : The Brutalist, Judy Becker
Meilleurs costumes : La venue de l’avenir, Pierre-Yves Gayraud
Meilleur documentaire : Put Your Soul on Your Hand and Walk, Sepideh Farsi & Fatma Hassona
Meilleur film d’animation : Arco, Ugo Bienvenu
Meilleure série (ou mini-série) : Adolescence
Prix pour l’ensemble d’une carrière (à titre posthume) : Claudia Cardinale
Prix de la contribution exceptionnelle au cinéma : Alain Terzian
Prix de la meilleure contribution à l’art du cinéma : Le Grand Rex – Paris
Photos : Copyright Béatrice Cruveiller / Paris Film Critics Awards 2026
(Source : communiqué de presse)