Festivals - Festival du film franco-américain 2025 : quand Rebecca Zlotowski et Jodie Foster donnent le ton d'une semaine franco-américaine

Par Mulder, Los Angeles, Hollywood, Directors Guild of America Theatre, 28 octobre 2025

Sous les lumières tamisées de Sunset Boulevard, l'American French Film Festival 2025 a ouvert sa 29e édition au Directors Guild of America Theater Complex avec un tapis rouge qui a donné à Los Angeles une touche parisienne. Les dates étaient attendues avec impatience depuis des semaines – du 28 octobre au 3 novembre – et le cadre du DGA offrait son mélange familier de précision hollywoodienne et de chaleur cinéphile française. Dès la première soirée, les organisateurs du festival ont mis l'accent sur cette identité fédératrice, rappelant aux invités qu'il s'agit du plus grand événement américain dédié exclusivement au cinéma et à la télévision français contemporains, qui se déroule en pleine saison des récompenses.

Le film d'ouverture, Vie Privée, a donné le ton : un thriller dramatique élégant et tendu, réalisé et co-écrit par Rebecca Zlotowski, avec un casting prestigieux mené par Jodie Foster, Daniel Auteuil, Virginie Efira et Vincent Lacoste, qui a fait vibrer le tapis rouge bien avant que les lumières ne s'éteignent. La sélection avait été annoncée à l'avance par les médias spécialisés et le festival lui-même, mais une fois les invités installés, elle a suscité encore plus d'enthousiasme. Dans une ville où les premières se succèdent chaque soir, la rencontre entre une icône hollywoodienne comme Jodie Foster et une voix créative résolument française comme Rebecca Zlotowski a donné au gala une énergie particulière, mêlant le pouvoir des stars américaines à la sensibilité française.

Le rythme de la cérémonie était aussi efficace que raffiné. Une réception a débuté à 17h45 dans les halls des cinémas Renoir et Truffaut de la DGA, le film a commencé à 19h30 et, fidèle à la promesse du festival de privilégier le dialogue plutôt que le simple spectacle, la projection a été suivie d'une conversation sur scène avec Rebecca Zlotowski et Jodie Foster, lauréate d'un Oscar. Cette tradition de questions-réponses a ici tout son sens : au TAFFF, la soirée d'ouverture n'est pas une simple séance photo qui s'estompe avec le générique, mais un échange organisé pour rapprocher le public de l'acte cinématographique lui-même. Le programme était public, mais dans la salle, le déroulement était remarquablement précis, les transitions fluides et la discussion après le film chaleureuse plutôt que superficielle.

Sur le tapis rouge, le festival a mis en avant son rôle de point de rencontre entre les artistes français et l'industrie américaine, une philosophie amplifiée cette année par des partenaires et des institutions culturelles défendant la créativité française à Hollywood. Les publications sur les comptes officiels du festival sur les réseaux sociaux ont capturé les flashs des appareils photo et les plaisanteries bilingues, tandis que la Sacem a mis en avant le récit plus large de 2025 : l'élan du cinéma français après ses récents triomphes lors de la saison des récompenses et une série de films en lice pour l'Oscar du meilleur film international. Cette image n'était pas fortuite : elle reflétait une intention délibérée de montrer que les histoires françaises voyagent bien et sont chaleureusement accueillies à Hollywood.

Le contexte a renforcé cette impression. Le fait que le festival continue à se dérouler à la DGA témoigne d'une étroite collaboration avec la communauté des scénaristes et des cinéastes ; la DGA elle-même a rappelé à ses membres qu'au-delà de la soirée d'ouverture, les projections du festival sont accessibles aux détenteurs d'une carte de membre et à un invité, une raison souvent négligée pour laquelle les projections du TAFFF ont tendance à être remplies de professionnels posant des questions inhabituellement perspicaces. La composition du public influence subtilement l'ambiance de la soirée d'ouverture : les applaudissements atteignent leur apogée lors du générique, mais le murmure que l'on entend provient des monteurs, compositeurs et assistants réalisateurs qui prennent mentalement note des choix qu'ils pourraient reproduire sur leurs propres plateaux.

Une brève note sur l'évolution du profil du festival explique pourquoi l'ouverture de cette année revêtait une importance particulière. Depuis qu'il a changé de nom, passant de COLCOA à TAFFF en 2022, l'événement a clarifié sa mission pour les nouveaux venus – moins d'acronymes, plus d'invitations – et s'est positionné comme un relais majeur entre la France et Hollywood. Les organisateurs n'ont pas caché leur objectif de placer le festival au premier plan de la saison des récompenses ; le message de la soirée d'ouverture est essentiellement le suivant : voici la vague française avant qu'elle ne déferle partout ailleurs. Cette clarté, combinée au soutien institutionnel du Fonds culturel franco-américain, a donné au tapis rouge un caractère moins cérémoniel et davantage celui d'une rampe de lancement.

Si la soirée d'ouverture sert de thèse, la semaine qui suit en fournit l'argumentation. Avec plus de soixante-dix films et séries au programme 2025 et soixante-neuf œuvres éligibles aux TAFFF Awards, l'ampleur de cette première soirée a donné au tapis rouge une signification plus profonde : la découverte maintenant, le contexte plus tard. Même le film phare de la semaine, Nouvelle Vague de Richard Linklater, annoncé à l'avance par le festival, laissait entrevoir le dialogue curatorial que le TAFFF souhaite favoriser cette année : des auteurs américains s'intéressant aux expressions françaises et vice versa. La cérémonie d'ouverture ressemblait ainsi à la première page d'un livre qui passe sans effort d'une langue à l'autre sans perdre le fil de son histoire.

Il y a aussi un détail pratique que les habitués apprécient discrètement et que les nouveaux venus remarquent rapidement : le TAFFF fonctionne avec une ponctualité presque obsessionnelle, rare dans la culture du tapis rouge, et cette discipline rend les conversations de la soirée d'ouverture plus généreuses. Comme tout le monde est assis à l'heure, la discussion qui suit la projection ne donne pas l'impression d'être un ajout de dernière minute dans un programme déjà surchargé. Il ne s'agit pas d'un argument marketing, mais d'une réalité de production rendue possible par le lieu de la DGA et un modèle de partenariat vieux de dix ans qui traite le public comme des collaborateurs plutôt que comme des clients. On le ressent dans la salle, et c'est pourquoi la cérémonie d'ouverture a tendance à se transformer en une semaine d'engagement soutenu plutôt qu'en un éclat de glamour éphémère.

Le tapis rouge et la cérémonie d'ouverture de 2025 ont accompli ce que ce festival fait toujours de mieux : ils ont rapproché le public de l'art. Les photos et les publications mettront en avant le faste, mais l'essence réside dans le cadre : Rebecca Zlotowski dévoilant un nouveau film dans un espace conçu pour l'interroger, Jodie Foster répondant aux questions avec l'assurance d'une artiste qui a connu tous les types de projecteurs, et un public venu autant pour écouter que pour applaudir. Le temps d'une soirée, Hollywood s'est senti parfaitement bilingue, et le rideau s'est levé sur une semaine promettant non seulement des avant-premières, mais aussi de véritables conversations sur l'avenir du cinéma français et la manière dont il continue de remodeler les écrans américains.

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Photos : Sophie Janinet