Le rideau s’ouvre sur un hall d’entrée assez sobre avec au sol des lignes jaunes, quelques chaises jaunes et un comptoir d’accueil également de couleur jaune. Bruit d’ascenseur, en sort un couple, l’air perdu en voyant le jaune de la pièce, en fait ils ont rendez-vous au point bleu, après plusieurs allées et venues les voici à nouveau dans ce hall, c’est incompréhensible, les indications les ramènent toujours ici au point jaune.
Personne pour les accueillir la salle est vide hormis une personne en chaise roulante avec un masque blanc et qui pousse des cris, rien de rassurant. Nous apprenons ainsi que nous sommes dans un hôpital, que le mari s’appelle Monsieur Lelievre il a reçu une convocation pour rencontrer un docteur, il ne comprend pas, il ne connait pas ce praticien et de plus il n’est pas malade. L’employé insiste lui demande sans cesse des documents administratifs, un ticket d’attente alors que la salle d’attente est vide, on se trompe dans son nom en l’appelant M. Lapin.
La situation s’envenime, M. Lelievre perd patience, sa femme essaie de le rassurer, pourquoi son nom est- il erroné, pourquoi se retrouve-t-il dans un lit d’hôpital pour passer toute une batterie de tests ? Cette situation absurde qui monte en intensité va nous plonger dans l’incompréhension. Les caractères des personnages sont accentués de façon excessive, aucune issu ne semble possible.
Les meubles minimalistes contribuent à ce sentiment d’abandon, de vide, de désespoir. Dans la pénombre, les décors poussés par les acteurs, s’emboitent, se dérobent à la perfection, l’ascenseur est très bien imité avec son bruit caractéristique qui précède l’ouverture des portes. Cette pièce évoque à la fois une critique féroce du monde hospitalier et en même temps nous offre une lueur d’espoir, d’instant de vie, et distille une amorce de rébellion des malades.
Les cinq acteurs jouent de façon homogène, le malade au masque blanc est excellent, sauf peut-être l’actrice qui joue le rôle de l’infirmière me semble en deçà des autres personnages, un peu trop caricaturale, on y croit moins.
Malgré cette histoire irrationnelle nous continuons attentifs et avec plaisir, à suivre tout au long de la pièce le parcours de ce malade joué excellemment par Bernard Campan dans cet univers Kafkaïen. Nous passons tour à tour par des moments de drôlerie, d’émotions, de surprises et d’effroi. Bref vous n’allez pas vous ennuyer
Synopsis :
Jean-Marc, la soixantaine triomphante, est convoqué à l’hôpital à cause d’une erreur informatique. Il a beau être en parfaite santé, il va devoir tout faire pour sortir de ce quiproquo : analyses, questionnaires, tests en tout genre, la valse des examens est ouverte !
Check-Up
Une piece de Sébastien Thiery
Mise en scène : Jean-Louis Benoit
Avec Bernard Campan, Valérie Keruzore, Manuel Le Lievre, Florence Muller, Emil Abossolo Mbo
A partir du 12 septembre 2024 du mercredi au samedi à 21h et samedi et dimanche à 16h
Vu le 28 septembre 2024 au Théatre Antoine
Photos : Joelle Pinglot / Mulderville