Dernière vague (La)
Réalisé par Peter Weir (1982)
Drame ethnique
| Durée | 105 minutes |
| Sortie | 17/06/1982 |
| Note | 7/10 |
Alors que des événements météorologiques étranges se produisent en Australie, l'avocat David Burton est sollicité pour défendre quatre aborigènes, impliqués dans la mort violente d'un des leurs. David croit qu'il s'agit d'une affaire de tribu et il tente d'en apprendre davantage à travers l'amitié avec Chris Lee, l'un des inculpés.
La critique
Par Tootpadu 05/03/2005
Plus de vingt-cinq ans avant que Roland Emmerich n'entreprenne la destruction de la terre avec de très gros moyens dans Le Jour d'après, Peter Weir avait déjà abordé, sans effets tonitruants, le problème du dérèglement climatique. Seulement, sa démarche était bien plus subtile et elle visait moins à écraser les preuves physiques de notre existence, qu'à ébranler nos certitudes spirituelles. En tant que chef-d'oeuvre de l'anticipation, le film se contente effectivement de nous annoncer le mal à venir, laissant ainsi libre cours à l'imagination de la peur. Peter Weir mène ce jeu cérébral jusqu'à la tromperie joyeuse vers le début (la séquence de la baignoire), avant de devenir plus sérieux et énigmatique par la suite. En effet, si l'atmosphère de l'oeuvre est aussi prenante, c'est avant tout grâce à la partie mystérieuse du récit qui reste intacte. Au lieu de passer son temps à expliquer le secret des aborigènes, un reproche que fait d'ailleurs le personnage principal par rapport à la religion chrétienne, le scénario prend le parti inverse, à savoir mystifiér encore plus l'univers des indigènes en l'associant à celui des rêves. Onirique et énigmatique, le film est l'exemple parfait d'une oeuvre envoûtante, qui évite pourtant les risques d'un discours nébuleux.
Nous ne pouvons qu'exprimer notre admiration devant l'efficacité avec laquelle Peter Weir se sert des peu de moyens qui sont à sa disposition. L'eau, le vent et quelques branches d'arbre arrachées sont en effet les seuls témoins visibles de la catastrophe à venir. Et pourtant, la tension que la réalisation réussit à leur attribuer est remarquable. Uniquement une des pièces dans le puzzle de l'inquiétude qu'assemble le film, ces manifestations d'un dérèglement climatique constituent à la fois la base du malaise et la passerelle vers le monde des rêves, cet univers parallèle dans la conception existentielle des aborigènes. La surenchère entre les phénomènes réels et irréels ne fonctionne pas ici comme un échange de deux courants parallèles, mais plutôt comme un renforcement perpétuel qui culmine avec la vision de l'ultime catastrophe.
Deux acteurs qui n'ont pas vraiment eu la carrière qu'ils méritaient, Richard Chamberlain, en avocat engagé qui devra se défaire de ses certitudes, et surtout le comédien aborigène David Gulpilil, dans le rôle du passeur entre le monde rationnel et celui des instincts régis par la loi des ancêtres, sont exceptionnels et confèrent à ce traité fascinant sur l'interaction des entités universelles qui nous entourent un aspect séduisant et humain.
Nous ne pouvons qu'exprimer notre admiration devant l'efficacité avec laquelle Peter Weir se sert des peu de moyens qui sont à sa disposition. L'eau, le vent et quelques branches d'arbre arrachées sont en effet les seuls témoins visibles de la catastrophe à venir. Et pourtant, la tension que la réalisation réussit à leur attribuer est remarquable. Uniquement une des pièces dans le puzzle de l'inquiétude qu'assemble le film, ces manifestations d'un dérèglement climatique constituent à la fois la base du malaise et la passerelle vers le monde des rêves, cet univers parallèle dans la conception existentielle des aborigènes. La surenchère entre les phénomènes réels et irréels ne fonctionne pas ici comme un échange de deux courants parallèles, mais plutôt comme un renforcement perpétuel qui culmine avec la vision de l'ultime catastrophe.
Deux acteurs qui n'ont pas vraiment eu la carrière qu'ils méritaient, Richard Chamberlain, en avocat engagé qui devra se défaire de ses certitudes, et surtout le comédien aborigène David Gulpilil, dans le rôle du passeur entre le monde rationnel et celui des instincts régis par la loi des ancêtres, sont exceptionnels et confèrent à ce traité fascinant sur l'interaction des entités universelles qui nous entourent un aspect séduisant et humain.
Vu le 4 mars 2005, au Forum des Images, Salle 300, en VO
★★★★★★★☆☆☆
7/10