Tu marcheras sur l'eau

Tu marcheras sur l'eau
Titre original:Tu marcheras sur l'eau
Réalisateur:Eytan Fox
Sortie:Cinéma
Durée:103 minutes
Date:05 janvier 2005
Note:
Après la mort de sa femme, Eyal, un tueur d'élite des services secrets israéliens, est assigné à la recherche d'un vieux nazi qui serait retourné en Allemagne. Pour s'approcher de la cible, il doit se faire passer comme guide touristique du petit-fils du criminel de guerre, qui vient rendre visite à sa soeur, installé dans un kibboutz israëlien. Au début contrarié par l'insignifiance de la mission, Eyal commence à changer d'avis sur l'Allemagne, à force de parcourir son pays avec ces deux jeunes idéalistes.

Critique de Tootpadu

La perte de l'innocence et l'affrontement de ses démons sont les thèmes majeurs de ce film beau et touchant. Le voyage auquel il nous invite, pour la durée du séjour du jeune Allemand en Israël, est moins de l'ordre touristique, que de l'introspection et de la découverte de l'autre. Il oppose deux personnages très différents, le premier un agent secret dur et meurtri par la disparition brutale de son épouse, le deuxième un jeune sociable et engagé, dont le goût de la provocation s'est naïvement arrêté devant le passé familial. Le chemin qu'ils auront à parcourir avant d'arriver à une meilleure connaissance d'eux-mêmes, d'ailleurs un mouvement d'une admirable symétrie, est moins géographique qu'introspectif.
Ce resumé peut paraître abstrait et pompeux, mais au final, ce film est subtil et sans illusions dans sa quête d'une approche neuve du passé collectif et personnel. Il relève les zones d'ombre de notre conscience et il interroge nos certitudes sur le passé et sur l'autre. Ce qui rend cette démarche si exceptionnelle, c'est la volonté de compréhension du personnage clé (le jeune Allemand) et l'énergie qui s'en dégage. Alors que l'énergie filmique commence par le dispositif de film d'espion, celui-ci est rapidement dépassé par un attachement aux êtres et non plus à leurs actions.
Il y a des films que l'on aime beaucoup, même s'ils ne sont pas des chefs-d'oeuvre du Septième art, qui par leur ton sensible, tolérant et sans solution facile (à l'exception de l'épilogue trop doux, ici), nous touchent énormément, nous donnent un coup d'euphorie particulièrement salutaire en ces jours hivernaux. Tu marcheras sur l'eau est sans aucun doute de ces films-ci !

Vu le 22 février 2005, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 20, en VO

Note de Tootpadu: