
| Titre original: | Couperet (Le) |
| Réalisateur: | Costa-Gavras |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 122 minutes |
| Date: | 02 mars 2005 |
| Note: | |
Bruno Davert est un cadre très supérieur dans une usine de papier. S'étant fait licencier avec quelques centaines de ses collègues pour cause de délocalisation, il est prêt à tout pour retrouver un poste à son niveau, même à tuer ses concurrents.
(Source Allociné)
Critique de Mulder
Encore un oubli du cinéma Gaumont de disney village. Je me dois donc par respect pour mes nombreux lecteurs de retirer la critique parue dans le Monde. J'espère avoir une réponse positive à mon entretien à Paris. L'entreprise que j'ai rencontré se trouve à 1 station en métro du MK2 situé près de la Bibliothèque François Mitterand .... La note de 3/5 vient de la synthèse des critiques lues récemment et du fait que le thème de ce film est ambitieux et non commercial...
Note de Mulder:
Critique de Tootpadu
Costa-Gavras est un réalisateur qui ne se fait pas d'illusions sur la cruauté du monde. Dans le versant social de son oeuvre, de loin la partie la plus intéressante, à partir de Z, en passant par Missing, jusqu'à Amen., il est un observateur attentif du pouvoir du système et de l'impuissance de l'individu. Quoi de plus naturel alors que de parler d'un fléau social, le chômage des cadres.
Comme dans les films précédents du cinéaste, le protagoniste cherche à plier le système à sa volonté. Son but n'est alors pas d'abolir le cadre rigide de l'emploi, mais d'y retrouver sa place, ou en quelque sorte, de se faire aimer à nouveau par sa raison d'être qui l'avait rejeté auparavant. Sa méthode de tueur en série n'apparaît dans ce contexte que comme la surenchère violente des vicissitudes de la recherche d'un emploi. Pas du tout maître de ses actes, une fois qu'il a déclenché la machine, il traverse son parcours tel un cauchemar ou à la façon d'un rêve expiatoire. Pendant que les cadavres s'entassent sur son chemin, et pas seulement les siens, mais également ceux qui subissent le sort qui aurait dû lui être réservé, le seul objectif du protagoniste est d'acquérir le poste tant convoité. Le peu de remords qui se manifeste de temps en temps est vite étouffé dans la détermination et le mépris. Car si ce Bruno Davert occupe plus de temps à éliminer ses concurrents qu'à passer des entretiens, il n'en tire aucun plaisir, ni de dilemme moral notable. Pour lui, la fin justifie les moyens, point, à la ligne.
Ce constat social grave de Costa-Gavras ne permet pas de salut. Bien longtemps avant que Bruno ne passe du camp des chasseurs à celui des chassés, il a perdu le peu de bonheur qu'il avait. Devenu le simple exécuteur d'un système sans pitié, ni états d'âme, ses actes lui rappeleront à jamais son incertitude existentielle. D'un pessimisme décourageant, et donc à déconseiller aux chômeurs de longue durée, ce film relaie bien le cynisme présent dans notre société. En dehors de Bruno, les autres personnages sont loin d'être des anges, mais plutôt des individus qui cherchent une issue quelconque (vol, infidélité, alcool) au malaise social.
Pas toujours très fin dans le choix de ses moyens pour transmettre sa critique de la société (comme par exemple ses publicités voyantes qui défilent pendant pratiquement tout le film), Costa-Gavras traite néanmoins sans complaisance d'un sujet sérieux pour lequel la solution n'est évidemment pas la violence.
Vu le 14 mars 2005, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 20
Note de Tootpadu: