Un crime dans la tête
Réalisé par Jonathan Demme (2004)
| Durée | 128 minutes |
| Sortie | 03/11/2004 |
| Note | 4/10 |
Alors que la course à la Maison Blanche entre dans sa dernière ligne droite, toute l'Amérique a les yeux fixés sur le jeune et brillant candidat à la présidence, Raymond Shaw. Durant la Guerre du Golfe, le sergent Shaw se couvrit de gloire en sauvant à lui seul sa patrouille.
Pourtant, son chef, le major Bennett Marco, doute de la véracité de cet héroïque exploit. En revanche, chaque nuit, ce dernier est assailli de rêves terrifiants où il se voit fait prisonnier avec ses hommes, soumis à d'atroces tortures et contraint de tuer froidement deux de ses soldats avec la complicité de Shaw. Après qu'un ancien compagnon d'armes, au bord du suicide, lui révèle qu'il est hanté par les mêmes visions, Marco alerte ses supérieurs. En vain : ceux-ci se bornent à lui recommander un traitement psychiatrique.
Marco contacte alors Shaw pour tirer l'affaire au clair...
(Source Allociné)
La critique
Par Tootpadu 25/11/2004
Le problème principal de ce thriller politique, adapté d'un petit chef-d'oeuvre de John Frankenheimer, dont nos souvenirs sont infiniment plus positifs, est qu'il se perd, à l'image de son héros, dans la confusion la plus totale. Tandis que l'original de 1962 disposait d'une certaine pertinence, en accord avec son époque, cette nouvelle version tire toute sa justification par les cheveux, jusqu'à devenir incohérente et illogique. S'inspirant du style visuel de Frankenheimer dans son ensemble (notamment L'Opération diabolique), Demme ne réussit pourtant pas à transposer la tension inhérente aux meilleurs oeuvres de son confrère, disparu il y a deux ans déjà. Denué d'enjeux réel et tangible, le film se perd alors dans une suite sans grand intérêt de séquences mal orchestrées. Et le pire dans cet avancement en roue libre est qu'il ne laisse à aucun moment entrevoir la volonté du réalisateur, juste la débâcle d'une oeuvre qui n'avait pas d'autre raison d'être que commerciale. Heureusement, son petit succès sans éclat n'a point bénéficié de l'engouement politique américain de la saison passée.
Enfin, dans tout ce marasme confus, il existe un point convenable, une interprétation assez sincère et sobre pour convaincre. Evidemment, il ne s'agit point de Meryl Streep, plus maniérée que jamais et accablée d'une coiffure laide, et pas non plus de Denzel Washington, qui continue son bonhomme de chemin d'un acteur au talent solide et fidèle à lui-même, au risque d'ennuyer par répétition. Non, le seul à donner un peu d'humanité à cette entreprise traitant justement de la perte de celle-ci est Liev Schreiber dans le rôle du politicien manipulé, qui protège un peu le film contre l'assaut incessant des prétentions mal exprimées de ses collaborateurs.
Vu le 24 novembre 2004, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 3, en VO