Super Mario Galaxy Le Film

Super Mario Galaxy Le Film
Titre original:The Super Mario Galaxy Movie
Réalisateur:Aaron Horvath, Michael Jelenic
Sortie:Cinéma
Durée:98 minutes
Date:01 avril 2026
Note:
Après Super Mario Bros., l’adaptation cinématographique du célèbre jeu vidéo et forts du succès remporté dans le monde entier avec plus d’un milliard de dollars de recettes, Illumination et Nintendo se retrouvent une nouvelle fois, afin de nous offrir un tout nouveau chapitre, cette fois à dimension cosmique, mais tout aussi bourré d’action : Super Mario Galaxy. À peine installés au Royaume Champignon, un mystérieux appel à l'aide va pousser Mario et Luigi à reprendre du service et plonger dans les zones d’ombre du passé de la princesse Peach. Une mission qui va propulser nos héros et leur nouvelle constellation d’amis, très loin de chez eux, à travers un périple intergalactique, à la découverte de nouveaux mondes où se forgeront des alliances pour le moins inattendues.

Critique de Mulder

Il y a quelque chose de presque poétique dans la façon dont Super Mario Galaxy Le Film (The Super Mario Galaxy Movie) élargit son horizon comme une franchise qui, après avoir enfin fait ses preuves sur grand écran en 2023, décide soudainement que la seule suite logique est de laisser la gravité complètement derrière elle. Réalisée une nouvelle fois par Aaron Horvath et Michael Jelenic, sur un scénario de Matthew Fogel, cette suite ne vise pas seulement plus haut : elle explose vers l’extérieur, embrassant une échelle galactique à la fois exaltante et légèrement écrasante. Assis dans la salle de cinéma, on ne pouvait s’empêcher de repenser à ces premiers instants où on a découvert Super Mario Galaxy sur Wii, à ce vertige enfantin lorsque les planètes tournaient sous mes pieds. Le film capture exactement cette sensation… mais hérite aussi du même risque : quand tout devient possible, ce qui compte vraiment peut parfois se perdre dans le vide.

Dès le tout premier acte, le film corrige intelligemment l’un des aspects les plus frustrants de son prédécesseur en gardant Mario et Luigi ensemble. Chris Pratt et Charlie Day peuvent enfin jouer l’un avec l’autre de manière cohérente, et leur alchimie devient l’un des points d’ancrage les plus fiables du film. C'est un véritable plaisir de les voir fonctionner en duo, qu'il s'agisse de naviguer à travers des séquences de plateformes chaotiques ou simplement d'échanger des plaisanteries qui semblent plus proches de l'esprit des jeux. Et pourtant, paradoxalement, alors même que leur relation s'améliore, leur importance narrative semble diluée, comme si le film lui-même s'intéressait davantage à mettre en valeur son univers en expansion qu'à centrer ses héros. C'est l'étrange compromis de l'escalade des superproductions : plus de tout… sauf de concentration.

Autour d’eux, la distribution s’élargit de manière agressive, parfois au bénéfice du film, souvent à son détriment. Anya Taylor-Joy continue d’incarner la princesse Peach comme une leader proactive et compétente, mais son arc narratif semble frustrant tant il est sous-développé, comme une intrigue au réel potentiel émotionnel qui ne trouve jamais vraiment le temps de s’épanouir. Rosalina elle-même est l’un des ajouts les plus intrigants du film, apportant une gravité cosmique qui contraste magnifiquement avec le chaos environnant, mais elle est finalement réduite à un catalyseur narratif plutôt qu’à un personnage pleinement exploré. Sur une note plus légère, le Yoshi de Donald Glover est indéniablement un chouchou du public, instantanément charmant et s’intégrant sans effort à la dynamique du groupe, même si son rôle semble parfois plus obligatoire qu’essentiel. On peut presque entendre la réaction collective du public dès son apparition — et il faut reconnaître au film qu’il s’appuie sans hésitation sur cette joie.

C’est toutefois par son ambition visuelle que Super Mario Galaxy Le Film (The Super Mario Galaxy Movie) se démarque véritablement. Il s’agit, sans exagération, de l’un des films d’animation les plus aboutis visuellement qu’Illumination ait jamais produits. Chaque image regorge de couleurs, de textures et d’inventivité, des paysages défiant la gravité aux écosystèmes planétaires surréalistes qui semblent tout droit sortis des recoins les plus imaginatifs de l’histoire de Nintendo. Certaines séquences ressemblent à une lettre d’amour non seulement à Mario, mais au langage même des jeux vidéo. À un moment donné, un parcours d’obstacles chaotique se déroule comme un niveau jouable, et l’espace d’un bref instant, le film réalise quelque chose de rare : il ne se contente pas de faire référence aux jeux, il les comprend.

Cette immersion est encore renforcée par la bande originale de Brian Tyler, qui abandonne judicieusement les raccourcis de la culture pop, source de distraction, du premier film au profit d’une approche orchestrale plus cohérente, ancrée dans l’ADN musical de Nintendo. Il en résulte une bande originale à la fois nostalgique et cinématographique, qui met en valeur l’action sans la submerger. Il y a un frisson particulier à entendre des motifs familiers réinterprétés à une telle échelle, en particulier lors des séquences les plus ambitieuses du film. C’est le genre de détail qui pourrait passer inaperçu pour les spectateurs occasionnels, mais qui touche profondément tous ceux qui ont grandi avec ces mélodies gravées dans leur mémoire.

Malheureusement, la plus grande force du film est aussi sa plus grande faiblesse. Le récit s’interrompt rarement assez longtemps pour établir les enjeux, développer les relations ou laisser les moments émotionnels résonner. L’introduction du Bowser Jr. de Benny Safdie apporte la promesse d’une dynamique père-fils captivante aux côtés du Bowser de Jack Black, dont la performance reste aussi engagée et divertissante que jamais. On entrevoit ici quelque chose de véritablement intéressant mais ces moments sont rapidement balayés au profit de la séquence d’action suivante. Bowser lui-même oscille entre allié et antagoniste sans véritable justification narrative, symptôme d’un scénario qui privilégie le rythme à la cohérence.

Ce problème de rythme devient de plus en plus perceptible au fur et à mesure que le film avance. Les scènes se confondent en un flux continu d’action, de clins d’œil et de spectacle visuel, créant une expérience indéniablement captivante mais parfois épuisante. C’est l’équivalent cinématographique d’un pic de glycémie : exaltant sur le moment, mais qui vous laisse un peu vide une fois que c’est fini. Par moments, on a moins l’impression d’une histoire qui se déroule que d’une série de niveaux de plus en plus élaborés à franchir, chacun conçu pour impressionner mais rarement pour créer un lien.

Et pourtant il est impossible d’ignorer l’efficacité du film auprès de son public cible. La salle dans laquelle on se trouvait a réagi exactement comme on pouvait s’y attendre avec des rires aux moments opportuns. Ce frémissement de reconnaissance indéniable chaque fois qu’un élément familier apparaissait à l’écran. Lorsque Fox McCloud, incarné par Glen Powell, fait son apparition, ce n’est pas seulement un caméo : c’est une déclaration d’intention, un signal clair que Nintendo est en train de construire quelque chose de bien plus grand. On sent la machinerie d’un futur univers cinématographique s’assembler tranquillement en arrière-plan, pour le meilleur ou pour le pire.

Super Mario Galaxy Le Film (The Super Mario Galaxy Movie) est un film qui assume pleinement son identité de divertissement axé avant tout sur le spectacle. Il ne prétend pas être un récit aux multiples niveaux de lecture, et à bien des égards, il n’en a pas besoin. Ce qu’il offre à la place, c’est un voyage vibrant, dynamique et souvent époustouflant à travers l’un des univers les plus emblématiques de l’histoire du jeu vidéo, mis en scène avec un savoir-faire et une affection indéniables. Mais malgré toute sa brillante technique et son pouvoir nostalgique, il n’atteint jamais tout à fait les sommets émotionnels ou narratifs qu’il laisse parfois entrevoir, laissant l’impression d’un film qui aurait pu être quelque chose de vraiment spécial… s’il avait osé ralentir le rythme.

Super Mario Galaxy Le Film (The Super Mario Galaxy Movie)
Réalisé par Aaron Horvath et Michael Jelenic
Écrit par Matthew Fogel
D'après Mario de Nintendo
Produit par Chris Meledandri et Shigeru Miyamoto
Avec Chris Pratt, Anya Taylor-Joy, Charlie Day, Jack Black, Keegan-Michael Key, Benny Safdie, Donald Glover et Brie Larson
Musique de Brian Tyler
Sociétés de production : Illumination, Nintendo
Distribué par Universal Pictures
Dates de sortie : 28 mars 2026 (Minami-za, Kyoto, Japon), 1er avril 2026 (États-Unis, France)
Durée : 98 minutes

Vu le 01 avril 2026 au Gaumont Disney Village, Salle Imax place E19

Note de Mulder: