
| Titre original: | Return to Silent Hill |
| Réalisateur: | Christophe Gans |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 106 minutes |
| Date: | 04 février 2026 |
| Note: |
Return to Silent Hill possède cette étrange qualité, presque pop, où l'émotion est palpable même lorsque le sens reste flou : les cendres tombent comme une neige malsaine, les sirènes déchirent l'air comme un rituel, et on sent que Christophe Gans vise davantage une transe romantique vouée à l'échec qu'un simple voyage dans une ville hantée. James Sunderland (joué par Jeremy Irvine) est ramené par l'appel de Mary Crane (jouée par Hannah Emily Anderson), et le film s'appuie fortement sur leur histoire d'amour comme moteur, avec des flashbacks qui nous ramènent constamment à ce que nous avons perdu. En tant qu'approche cinématographique, cela a du sens - le film ne peut pas reproduire des heures d'angoisse interactive mais l'adaptation continue de brouiller ce qui devrait être très personnel. Au lieu de laisser la culpabilité et le chagrin rester intimes, le scénario continue de flirter avec la mythologie plus large de la franchise, y compris des détours cultuels, et ce choix enlève à plusieurs reprises du poids à ce qui fait la renommée de Silent Hill 2 : une descente psychologique contenue qui fonctionne précisément parce qu'elle n'a pas besoin de s'expliquer de manière excessive.
Là où le film trouve indéniablement son lien, c'est dans le spectacle cauchemardesque, surtout lorsqu'il semble tactile. L'approche des danseurs en prothèses donne à certaines créatures une physicalité désagréable et déformée, et la Pyramide rouge de Robert Strange reste la présence la plus imposante du film, une sentence ambulante traînant cette lame comme une menace audible. Les infirmières peuvent encore être effrayantes, et Christophe Gans retrouve parfois ce talent pour les couloirs qui ressemblent à des gorges et les espaces qui semblent se souvenir de ce qui s'est passé à l'intérieur. Mais le film sape sa propre atmosphère avec un éclat synthétique : trop de plans larges semblent vides, comme dans un entrepôt/écran vert plutôt que dans une ville abandonnée, et les images de synthèse oscillent entre efficacité et finition inachevée, ce qui est fatal pour Silent Hill, car la terreur dépend de votre conviction que l'environnement se referme sur vous.
Les seconds rôles sont également lésés, ce qui aplatit la résonance thématique de l'histoire. Evie Templeton dans le rôle de Laura et Pearse Egan dans celui d'Eddie Dombrowski apparaissent souvent davantage comme des points de repère reconnaissables que comme des tragédies qui se croisent, et la vision étroite du film transforme les multiples rôles de Hannah Emily Anderson (Mary Crane et Maria) en une idée conceptuelle qui ne s'épanouit jamais pleinement sur le plan psychologique. Nicola Alexis, dans le rôle de la voix de la thérapeute, devrait être un point d'ancrage, mais les coups de téléphone ne cessent de faire baisser la tension dans des scènes qui ont besoin d'étouffer, et non de respirer. Le plus gros problème n'est pas que le film change les choses, mais qu'il ne remplace pas l'intériorité du jeu par un équivalent cinématographique, de sorte que James Sunderland finit par courir d'un décor à l'autre comme s'il cochait une liste, sans se diriger vers une vérité inévitable.
Il y a aussi un élément qui continue d'insuffler une véritable tristesse au film : la musique d'Akira Yamaoka. La bande originale véhicule cette mélancolie familière et meurtrie et suggère à plusieurs reprises une profondeur que le film ne mérite pas toujours sur le plan visuel ou narratif. C'est pourquoi l'expérience est si frustrante : il y a des moments où la ville ressemble à un rêve tragique dont on ne veut pas se réveiller... puis l'illusion s'évanouit parce que le film devient trop bruyant, trop brillant ou trop chargé de traditions pour que l'on puisse croire à sa propre misère silencieuse.
Return to Silent Hill
Directed by Christophe Gans
Written by Christophe Gans, Sandra Vo-Anh, Will Schneider
Based on Silent Hill 2 by Konami
Produced by Victor Hadida, Molly Hassel, David M. Wulf
Starring Jeremy Irvine, Hannah Emily Anderson
Cinematography : Pablo Rosso
Edited by Sébastian Prangère
Music by Akira Yamaoka
Production companies : Davis Films, Electric Shadow, Supernix, WIP
Distributed by Metropolitan Filmexport (France), Cineverse (United States), Iconic Events Releasing (United States)
Release dates : January 23, 2026 (United States), February 4, 2026 (France)
Running time : 106 minutes
Vu le 29 janvier 2026 au Grand Rex
Note de Mulder: