
| Titre original: | Candyman |
| Réalisateur: | Nia DaCosta |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 91 minutes |
| Date: | 29 septembre 2021 |
| Note: |
Pratiquement trente-six ans séparent le premier film écrit et réalisé par Bernard Rose de la saga cinématographique Candyman à ce nouveau chapitre. A la base de cette saga il y a la nouvelle de 1985 L’interdit (The Forbidden) issue du recueil Books of Blood de Clive Barker qui narrait la légende du Candyman, un fantôme d'un artiste et fils d'esclave assassiné à la fin du XIXe siècle. Le film de Bernard Rose qui ne rencontra pas à sa sortie le succès qu’il méritait fut suivi de deux suites tardives Candyman : Adieu à la chair (Candyman: Farewell to the Flesh) (1995) et Candyman : Day of the Dead (1999). Ce nouveau volet ne tient pas compte de ces deux suites et s’inscrit directement comme la suite directe du premier volet et s’impose aisément comme le plus réussi de cette saga cinématographique. En revenant sur le mythe même du Candyman et en revisitant le premier volet, ce nouveau Candyman s’avère être une réussite indéniable qui bénéficie d’un grand soin au niveau de la narration et de l’originalité du traitement (plusieurs passages animés narrent les événements du passé).
Lles habitants des HLM du quartier de Cabrini-Green à Chicago ont été terrorisés depuis de nombreuses années par une histoire de fantômes racontée de bouche à oreille, celle d'un tueur surnaturel avec un crochet à la place de la main, facilement invoqué par ceux qui osent répéter son nom cinq fois dans un miroir. Aujourd'hui, dix ans après la démolition des dernières tours de Cabrini, l'artiste Anthony McCoy (Yahya Abdul-Mateen II ; Watchmen, Us) et sa compagne, la directrice de galerie Brianna Cartwright (Teyonah Parris ; If Beale Street Could Talk, The Photograph), emménagent dans un luxueux loft de Cabrini. Alors que la carrière de peintre d'Anthony est sur le point de s'arrêter, une rencontre fortuite avec un ancien de Cabrini-Green (Colman Domingo ; Euphoria sur HBO, Assassination Nation) expose Anthony à la nature tragiquement horrible de l'histoire vraie de Candyman. Soucieux de conserver son statut dans le monde de l'art de Chicago, Anthony commence à explorer ces détails macabres dans son studio pour en faire des tableaux. Sans le savoir, il ouvre une porte sur un passé complexe qui met à nu sa propre santé mentale et déclenche une vague de violence terrifiante qui le met sur la voie du destin.
Le scénario co-écrit par la réalisatrice Nia DaCosta, Jordan Peele et Win Rosenfeld se révèle être une excellente manière de redonner vie à la saga cinématographique Candyman en la plaçant dans un contexte récent et en ayant un véritable regard sur les légendes urbaines inspirées souvent de de faits véridiques. De la même manière impossible de ne pas voir dans ce film une critique de la société américaine actuelle et de la revendication des droits d’égalité des afro-américains (mouvement Black Live Matter). Ce film se retrouve être d’une efficacité d’autant plus forte lorsque des forces de l’ordre se voient subir la vengeance du nouveau Candyman. Les scénaristes ont parfaitement assimilé les éléments importants du film original et propose ainsi non seulement de placer la ville de Chicago au centre même du récit, mais aussi de proposer une intrigue fascinante ponctuée par des scènes de violence très fortes et d’approcher la question de l’intégration des minorités afro-américaines dans la société américaines actuelles. De la même manière impossible de ne pas voir dans ce film une critique de l’art moderne et la parte de valeurs de ceux accédant à une classe supérieure grâce à une gloire éphémère.
Alors que la plupart des suites de films horrifiques à succès ne se contentent que d’exploiter la recette du film original, Candyman surprend par son traitement de rendre autant hommage au film de Bernard Rose mais aussi de le placer dans le contexte actuel et de laisser un véritable temps aux personnages principaux pour pouvoir évoluer. Les scènes de violences graphiques ne sont pas au centre même du film mais viennent renforcer ce climat hostile dans lequel une légende urbaine va resurgir et faire de l'artiste Anthony McCoy le nouveau candyman (on appréciera la présence du comédien Tony Todd qui fut Candyman dans les précédents volets). En reposant sur le folklore local et sur des faits du passé, Candyman devient ainsi une présence nécessaire pour que ce quartier de Chicago puisse rester en paix et ne pas connaitre de nouveau la vengeance d’un être maléfique créé par l’homme et qui souhaite se venger de manière violente et sans aucune concession.
Assurément la réalisatrice Nia DaCosta a su imposer un regard nouveau sur la saga cinématographique Candyman et après un premier film remarqué Little Woods (2018) risque de s’imposer comme une réalisatrice incontournable étant donné que son prochain film sera l’un des plus attendus de 2022, The Marvels (suite de Captain Marvel).
Candyman
Réalisé par Nia DaCosta
Scénario par Jordan Peele, Win Rosenfeld, Nia DaCosta
Basé sur Candyman de Bernard Rose, "The Forbidden" de Clive Barker.
Produit par Ian Cooper, Win Rosenfeld, Jordan Peele
Avec Yahya Abdul-Mateen II, Teyonah Parris, Nathan Stewart-Jarrett, Colman Domingo, Tony Todd
Directeur de la photographie : John Guleserian
Montage : Catrin Hedström
Musique : Robert A. A. Lowe
Sociétés de production : Metro-Goldwyn-Mayer, Monkeypaw Productions, Bron Studios, Creative Wealth Media
Distribué par Universal Pictures
Date de sortie : 27 août 2021 (États-Unis), 29 septembre 2021 (France)
Durée du film : 91 minutes
Vu le 27 aout 2021 (Universal Pictures screener press)
Note de Mulder: