King knight

King knight
Durée:78 minutes
Réalisateur:Richard Bates Jr
Sortie:Cinéma
Date:Non communiquée
Note:
Thorn et Willow sont un grand prêtre et prêtresse d'une assemblée de sorcières dans une petite communauté de Californie. Lorsque Willow met à jour un secret du passé de Thorn, leurs vies sont bouleversées.

Critique de Mulder

"Notre histoire commence au pays des rêves brisés, il n'y a pas si longtemps

Couvrir un festival revient souvent à découvrir des films que nous n’aurons pas forcément vus au cinéma ou seraient passés inaperçus sur des plateformes de streaming permettant au cinéma indépendant d’avoir une meilleure visibilité mondiale. Le cinquième film du réalisateur et scénariste Richard Bates, Jr (Excision (2012), Suburban gothic (2014), Trash fire (2016), Tone Deaf (2019)) King knight fut assurément l’une des agréables surprises de cette édition à défaut d’être le meilleur film découvert. De la même manière il est intéressant de voir que la période du Moyen Age avec ses sorcières, ses chevaliers continuent à inspirer des réalisateurs du cinéma américain pour en apporter leur propre traitement et des idées originales voire percutantes comme dans ce film.

King Knight semble suivre le même traitement que celui apporté à la trilogie culte de Bill & Ted c’est-à-dire opposer des périodes différentes et voir ce que le contraste de deux temps différents peut provoquer. Dans le cas présent, Thorn (Matthew Gray Gubler) est un grand prêtre d'une assemblée de sorcières des temps modernes installé en Califormie. Lorsque sa compagne Willow (Angela Sarafyan) découvre son secret la nuit de leurs célébrations de Beltane, Thorn se voit forcé d’entreprendre un grand voyage introspectif qui lui fera renouer avec sa ville natale. 

Le nouveau film de Richard Bates, Jr porte définitivement sa signature et se retrouve aussi irrévérencieux que complètement déroutant. De ce fait, on se retrouve avec un film complètement déjanté dans lequel on se demande comment celui-ci a pu réussir à prendre vie. Pourtant c’est bien son originalité qui en fait sa première qualité. Il n’y qu’à voir les premières minutes de ce film qui commence par la découverte d’un livre animé digne des films de contes de fées qui va présenter aux spectateurs le cadre de l’histoire qui ne va pas se dérouler dans un temps ancien mais dans une Californie idéalisée dans lequel les sorciers et les sorcières font partis de la société et tentent de vivre normalement en vendant des objets de sorcellerie ou en prodiguant des conseils. Il en ressort une comédie loin d’être aussi romantique et fantastique qu’elle aurait pu l’être avec des personnages aussi originaux qu’à l’image de ce film déjanté.

Certes la réalisation et la narration de ce film peuvent surprendre et par moment apparaitre comme un fourre-tout pour un réalisateur qui arrive à livrer une caricature de la société actuelle et surtout à retenir notre attention malgré un budget que l’on sent restreint. De la même manière le grand soin apporté aux dialogues n’empêche pas le réalisateur et scénariste à livrer quelques comptes. Pourtant avec du recul on se demande si le film malgré sa courte durée n’aurait pas gagné à être encore plus court pour réduire le temps de certaines scènes . Reste que King Knight se regarde avec un certain plaisir et change de ces films conçus dans un moule identique. Comme le montre ce film, avec peu de moyens on peut non seulement bénéficier d’un casting intéressant mais aussi proposer des histoires différentes et prenantes brocardant aux passage la société américaine actuelle.

King Knight
Écrit et réalisé par Richard Bates, Jr.
Produit par Rob Higginbotham, Colin Tanner 
Avec Barbara Crampton, Matthew Gray Gubler, Andy Milonakis, Johnny Pemberton, Angela Sarafyan, Ray Wise, Kate Comer, Emily Chang, Josh Fadem, Swati Kapila, Shane Brady.
Musique : Steve Damstra II
Directeur de la photographie : Shaheen Seth
Montage : Brit DeLillo 
Date de sortie : 8 août 2021 (Fantasia)
Durée du film : 78 minutes

Vu le 10 aout 2021 (Festival Fantasia)

Note de Mulder: