Annees 20 (Roaring 20's)

Annees 20 (Roaring 20's)
Durée:91 minutes
Réalisateur:Elisabeth Vogler
Sortie:Cinéma
Date:Non communiquée
Note:
En un seul plan ininterrompu, les Années 20 rugissantes offrent aux téléspectateurs la possibilité non seulement de voyager à Paris, mais aussi d'y vivre une journée de la vie pendant la pandémie de COVID-19.

Critique de Mulder

Dans le cadre du festival Tribeca nous avons pu découvrir le second film de la réalisatrice et co-scénariste française Elisabeth Vogler (Paris est à nous (2019)). Il est intéressant de voir que la sélection des films projetés à Tribeca reflète un large panel du cinéma indépendant mondial. Dans le cas présent, Années 20 (Roaring 20's) est d’une originalité vibrante mais se veut aussi un pari insensé consistant à faire un film en six scènes avec une seule prise avec une vingtaine de comédiens que ce soit des non professionnels ou des personnalités connues comme François Rollin. 

Paris semble être au centre même de la créativité de la réalisatrice Elisabeth Vogler ,ses deux premiers films sont bâtis autour de cette ville française mondialement connue et qui attire  avant la pandémie mondiale actuelle des millions de personnes chaque année. Loin de proposer comme beaucoup de films américains une version imagée de cette ville, le scénario de François Mark, Elisabeth Vogler, Noémie Schmidt et Joris Avodo tend à donner un aperçu de notre société actuelle à partir d’un panel de personnes représentatives de notre société actuelle. Il en ressort une mise en scène inventive utilisant les rues de Paris ou dans le métro pour présenter des personnages arpentant les rues de la capitale de la France et discutant entre elles de tout et de rien.

Pourtant ce qui n’est succession de six scènes en une seule se révèle aussi prenante qu’originale. Découvrir Années 20 (Roaring 20's) revient à vivre une véritable expérience cinématographique. En utilisant la pandémie de la Covid 19 en toile de fond, ce film se révèle vite aussi fascinant qu’attachant. Le cinéma indépendant ose ainsi aborder des sujets universels sans se soucier réellement de remplir un cahier des charges et être à tout prix rentable. Années 20 (Roaring 20's) est un film conscient de cette période atypique qui a changé à jamais nos acquis, transformé notre vie et nous a amené à revenir aux principales et à apprécier encore plus notre liberté, notre vie avec ses bons et mauvais moments. 

Même si le film est imparfait et peut être un peu trop long, il reste une réussite indéniable d’une jeune réalisatrice qui préfère sortir des sentiers battus et proposer un cinéma qui lui ressemble vivant et vrai.

Années 20 (Roaring 20's)
Réalisé par Elisabeth Vogler
Produit par Laurent Rochette
Écrit par François Mark, Elisabeth Vogler, Noémie Schmidt, Joris Avodo
Avec : Vladimir Seguin, Alice de Lencquesaing, Noémie Schmidt, Aurore Déon, Manuel Severi, Adil laboudi, Zoé Fauconnet, Léo Poulet, Fanny Santer, Lila Poulet-Berenfeld, Lilou Guillot, Elsa Guedj, Guillaume Pottier, Mehdi Djaadi, François Mark, Margaux Bonin, François De Brauer, François Rollin, Elie Salleron, Joris Avodo, Paul Scarfoglio, Léa Moret, Elise Tilloloy, Jean Thevenin
Musique : Jean-Charles Bastion
Directeur de la photographie : Elisabeth Vogler
Société de production : Les Idiots 
Distribué par Films Boutique
Date de sortie : 12 juin 2021 (Tribeca)
Durée du film : 91 minutes

Vu le 13 juin 2021, Première mondiale au Festival du Film de Tribeca, Compétition Internationale Narrative (en ligne)

Note de Mulder:

Critique de Nicole

En un seul plan continu, Roaring 20's est révolutionnaire par sa capacité à raconter une histoire passionnante tout en suivant les acteurs dans tout Paris - sans jamais couper ni monter - un chef-d'œuvre du cinéma expérimental. C'est la fusion parfaite entre le cinéma et le théâtre en direct, tout en donnant l'impression d'être une tranche de vie. Situé à l'été 2020, le film parvient à utiliser la toile de fond de la pandémie de Covid sans s'y attarder. Nous suivons plusieurs paires d'amis et de connaissances qui se déplacent dans les rues, les métros et les parcs de Paris, discutant de la vie, de la politique et de l'art. 

L'une des premières choses qui m'a frappé est la véritable diversité du film. Presque tous les couples ont un acteur d'origine ethnique. Les réalisateurs ont réussi à capturer un Paris que les touristes ne voient pas normalement ; bien qu'ils aient commencé devant le monument emblématique qu'est le Louvre et continué le long de la Seine, ils ont ensuite emmené le public dans les arrondissements que les visiteurs voient rarement, les zones où les citoyens normaux vivent.

Le film est une merveilleuse aventure itinérante. Il s'ouvre sur un jeune homme qui récupère la sœur de son ami. Il l'hypnotise dans un exercice de confiance, qui, selon elle, l'a plongée dans l'abîme, et ils doivent retrouver son frère. Alors qu'ils croisent deux femmes portant une grande statue noire, la caméra commence à les suivre, tandis que le couple initial sort du cadre. C'est à ce moment-là que la réalisation peu orthodoxe devient évidente. Comment ces personnes se croisent-elles, ou se croisent-elles ? En suivant le nouveau couple, nous assistons à leur débat sur l'importance du noir, non seulement en tant que couleur mais aussi en tant que perspective historique. Dans la continuité du thème métaphysique abordé par le premier couple, la discussion des femmes sur la façon dont le plus noir des noirs a été privatisé, détruisant ce qui aurait pu être une révolution dans l'art, fait place à l'idée que tout vient du néant. En marchant le long de la Seine, ils croisent des artistes de rue, donnant au spectateur une bouchée des sons de Paris. 

Au fur et à mesure que le film avance, nous suivons plusieurs groupes de personnes, nous donnant un aperçu de leurs vies et de leurs réflexions philosophiques, tout en les suivant à l'aide d'une caméra portative qui n'est jamais trop saccadée et qui, en fait, est incroyablement fluide dans certaines transitions clés. À un moment donné, il semble qu'un couple soit sur le point de quitter l'écran sur leur moto ; au lieu de cela, la caméra les suit ! Elle traverse les embouteillages de Paris, se faufile entre les camions et suit même les bâtiments dont les reflets des fenêtres ne trahissent jamais la présence de la caméra. À mesure que nous suivons les différents couples, de profonds concepts philosophiques sont abordés : la prise de conscience que nous mourons tous, la conscience de soi pendant l'acte sexuel, le vide et la solitude.

Pour avoir un aperçu des coulisses de la magie du film, Karen McMullen, de Tribeca, a interviewé l'équipe créative composée de Noemi Schmidt, François Mark, Laurence Rochette et Joris Avodo, dont trois des quatre membres sont également acteurs dans le film. Ils avaient écrit le film pendant le huis clos, en impliquant le processus. En fait, ils ont donné à chaque acteur la scène qu'il était censé jouer mais ne leur ont pas donné le script complet. Chaque paire n'avait aucune idée de ce qui se passait dans les autres scènes de 8 minutes. Pour la chorégraphie, ils ont chronométré les choses à l'avance, mais ils n'ont jamais arrêté la circulation.  Ils ont passé un mois en répétition. Lors du tournage, chaque équipe passait la caméra à l'équipe suivante. Ils ont expliqué que c'était comme une longue course à pied ; au fur et à mesure que chacun passait le relais, la nouvelle équipe demandait si tout s'était bien passé.  Au total, ils ont filmé le film six fois et ont utilisé la quatrième prise.

Ils filmaient au milieu des rues bondées de Paris, les gens ne sachant pas qu'ils faisaient un film. Une nuit, ils ont pu capter une fanfare le long de la Seine, par hasard. Ils ont rencontré des gens au hasard et ont improvisé leurs réponses. .  La réalisatrice a fait un travail fabuleux en créant une mosaïque, chaque partie ayant le style propre des acteurs, comme un film indépendant au sein d'une plus grande œuvre d'art.

Années 20 (Roaring 20's)
Réalisé par Elisabeth Vogler
Produit par Laurent Rochette
Écrit par François Mark, Elisabeth Vogler, Noémie Schmidt, Joris Avodo
Avec : Vladimir Seguin, Alice de Lencquesaing, Noémie Schmidt, Aurore Déon, Manuel Severi, Adil laboudi, Zoé Fauconnet, Léo Poulet, Fanny Santer, Lila Poulet-Berenfeld, Lilou Guillot, Elsa Guedj, Guillaume Pottier, Mehdi Djaadi, François Mark, Margaux Bonin, François De Brauer, François Rollin, Elie Salleron, Joris Avodo, Paul Scarfoglio, Léa Moret, Elise Tilloloy, Jean Thevenin
Musique : Jean-Charles Bastion
Directeur de la photographie : Elisabeth Vogler
Société de production : Les Idiots 
Distribué par Films Boutique
Date de sortie : 12 juin 2021 (Tribeca)
Durée du film : 91 minutes

Vu le 13 juin 2021, Première mondiale au Festival du Film de Tribeca, Compétition Internationale Narrative (en ligne)

Note de Nicole: