
| Titre original: | La nuee |
| Réalisateur: | Just Philippot |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 101 minutes |
| Date: | 00 0000 |
| Note: |
Difficile pour Virginie de concilier sa vie d’agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance à corps perdu dans le business des sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses enfants ne la reconnaissent plus : Virginie semble développer un étrange lien obsessionnel avec ses sauterelles…
« Ce qui m'a intéressé dans cette histoire, c’est qu’il s’agissait d’un film d'aujourd'hui, un film qui, à travers sa dimension fantastique, parlait de nous directement, du grand déséquilibre qui affecte le monde et l'agriculture en particulier.(...) Tout commence lorsque Virginie comprend qu’il faut donner quelque chose en plus à ses sauterelles. Ce n’est pas des pesticides, ce n’est pas de la nourriture, c'est une part d’elle-même. C’est en s'abandonnant complètement à sa production qu’elle fait exploser son rendement.… On est plus sur un film de tension que sur un film de genre. Pour le définir plus précisément, je dirais que c'est un thriller agricole qui finit comme un film catstrophe » - Just Philippot
Découvert dans le cadre du Festival international du film fantastique de Gérardmer, La nuée s’impose comme un film événement qui réussit à sortir du simple film d’horreur écologique pour s’imposer comme un brillant exercice de style et un premier film prenant et spectaculaire à la fois. En pleine pandémie découvrir ce film nous montre à quel point à force de ne pas respecter l’équilibre naturel des choses l’homme vient à courir à sa perte. Dans une telle société dans laquelle on court sans fin à la recherche du succès et dans laquelle on essaye malgré les difficultés financières de réussir, le constat du film La Nuée est réellement un choc tant le film est à la fois crédible et effrayant, attractif et répulsant.
Nous découvrons le personnage de Virginie Hebrard (Suliane Brahim, parfaite), une mère célibataire suite au suicide de son mari, qui élève seule ses deux enfants et tente de sauver sa ferme de la faillite. En quête d’une solution miracle et radicale, elle se lance dans l’élevage de sauterelles comestibles. Après des débuts difficiles, un accident va amener Virginie à une découverte effrayante mais aussi à une solution pour développer énormément sa production. Virginie va développer avec ses sauterelles un étrange lien obsessionnel dans lequel son propre sang semble être la solution pour que son élevage de sauterelles se développe beaucoup.
Le scénario de Jérôme Genevray, Franck Victor cherche en permanence à rester dans le réaliste mais ajouter par petites touches des éléments fantastiques tout en dressant une étude solide du milieu des agriculteurs français. Il faut voir cette jeune mère de famille qui tente tout son possible pour sauver sa société quitte à y laisser sa santé. La nuée aborde également un regard nouveau sur le genre vampirique et animalier et s’éloigne ainsi de certains films mettant en scène des animaux ou insectes dangereux.
On comprend aisément la volonté du réalisateur de proposer une autre approche aussi séduisante que nouvelle. Séduisante car un grand soin est perceptible tant à la volonté de l’équipe du film de proposer un film à la photographie soignée, à la musique en parfaite osmose avec les images et surtout un casting réellement investi et dans lequel les spectateurs ne peuvent que se prendre d’affection pour cette famille. Nouvelle car le film s’éloigne aisément des films de créatures, de monstres ou d’insectes géants dont les films américains ont abreuvé les spectateurs depuis de très (trop) longues années.
Salué du prix de la critique et du public lors de la clôture du Festival international du film fantastique de Gérardmer, La nuée (The Swarm) est assurément un film événement à découvrir au cinéma dès la réouverture des salles.
La nuée (The Swarm)
Un film de Just Philippot
Produit par Thierry Lounas, Manuel Chiche
Scénario de Jérôme Genevray, Franck Victor
Avec Suliane Brahim, Sofian Khammes, Marie Narbonne, Raphaël Romand, Victor Bonnel, Vincent Deniard
Musique de Vincent Cahay
Directeur de la photographie : Romain Carcanade
Montage : Pierre Deschamps
Production : Capricci Production, The Jokers, Arte France Cinéma
Distribution : The Jokers / Capricci (France)
Date de sortie : non communiquée
Durée : 101 minutes
Vu le 27 janvier (Festival Gerardmer)
Note de Mulder: