Adieu Les cons

Adieu Les cons
Durée:87 minutes
Réalisateur:Albert Dupontel
Sortie:Cinéma
Date:21 octobre 2020
Note:

Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l'enfant qu’elle a été forcée d'abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable

Critique de Mulder

Adieu les cons est le septième film écrit et réalisé par Albert Dupontel après Bernie (1996), Le Créateur (1999), Enfermés dehors (2006), Le Vilain (2009), 9 mois ferme (2013) et Au revoir là-haut (2017) (film récompensé de cinq César dont meilleur réalisateur et meilleure adaptation). Alors que l’on pouvait de nouveau s’attendre à un film plus sobre comme le fut le magnifique Au revoir là-haut, le réalisateur et scénariste Albert Dupontel revient à un genre qu’il maitrise à la perfection, la comédie dramatique absurde brocardant aussi bien les travers de notre société actuelle mais aussi en amenant les spectateurs à une certaine réflexion sur des thématiques qui lui tiennent à cœur (la famille, la recherche de l’amour, les apparences trompeuses). Loin de ces comédies dramatiques qui semblent suivre le même modèle, le même rythme, Albert Dupontel aime dynamiter les genres. De ce film, Adieu les cons surprend en permanence et passe avec un tempo parfait de la comédie au drame à de nombreuses reprises.

Dès la première scène le décor est placé et nous découvrons Suze Trappet (Virginie Efira) qui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie incurable. Le peu de temps qui lui reste, elle décide de le donner à la recherche de son enfant qu’elle a du abandonner alors qu’elle n’avait que quinze ans. Ses recherches vont l’amener à rencontrer un surdoué en plein burn-out JB (Albert Dupontel) et un archiviste aveugle (Nicolas Marié) débordant de vie. Ce trio original et attachant va entrainer les spectateurs dans une aventure inoubliable poncturée de moments de pure comédie et d’autres plus dramatiques. La grande force de ce film est d’être en permanence original. Il rend hommage non seulement au Monty Python (présence de Terry Gillian et le film est dédié à Terry Jones) et à Charlie Chaplin mais aussi le temps de scènes à des humoristes que nous apprécions. Cette touche d’humour jubilatoire sonne juste constamment et les rires très nombreux des spectateurs attestent de cette efficacité indéniable.

La grande force d’Albert Dupontel est d’avoir réussi à créer en sept films un véritable univers qui lui est propre. En cela les très nombreux spectateurs qui suivent sa carrière non seulement comme comédien mais surtout comme réalisateur et scénariste s’immergent totalement dans un monde teinté d’une tendresse indéniable et d’un véritable regard d’Artiste. Loin de chercher la facilité, chacun des films d’Albert Dupontel témoigne de la volonté d’un véritable surdoué et perfectionniste qui trace sa route et ne cherche pas à mettre en application des règles marketing prédéfinies. En cela Adieu les cons réussit à de nombreuses surprises à nous surprendre mais surtout à donner une véritable épaisseur aux trois personnages principaux. Le film n’hésite à aucun moment à taper où cela fait mal que cela soit sur les forces de l’ordre, la hiérarchie au travail, voire les nombreuses inégalités sur les lieux de travail.

Adieu les cons bénéficie également de nombreux seconds rôles réussis et repose sur un casting parfait dans lequel on retrouve notamment Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Grégoire Ludig, Kyan Khojandi et David Marsais. Albert Dupontel se révèle de nouveau un excellent conteur et scénariste et donne à Virginie Efira l’un de ses meilleurs rôles. La fragilité de son personnage Suze Trappet dont son entourage semble avoir du mal à le prononcer correctement nous touche et nous ne pouvons que la défendre et espérer qu’elle réussisse à atteindre son objectif. On appréciera aussi le personnage interprété par Albert Dupontel, un surdoué en informatique mais qui a du mal à trouver sa place et à être reconnu à sa juste valeur. Impossible de ne pas y voir un double du réalisateur et scénariste dans sa manière de cacher sa grande timidité par une assurance totale dans ce qu’il maitrise à la perfection. Malgré tout, la société dans laquelle évolue ce personnage semble plus porter à mettre en avant des jeunes manquant d’expérience et contrôlables plus facilement que cet électron libre constamment proche du burn out..

Là où de nombreuses comédies préfèrent aligner des scènes sans chercher à créer une réelle logique, Adieu les cons s’apparente à un road movie avec des élans dignes de Tex Avery et de nombreuses scènes d’une efficacité redoutable nous faisant passer du rire aux larmes. Adieu les cons nous livre aussi une des plus belles scènes de baisers du cinéma et nous reste en mémoire longtemps après l’avoir vu. On en ressort triste et heureux à la fois avec l’envie d’applaudir et surtout d’aller le revoir tant il est ce que ce que doit être un film : une œuvre brillante et d’une efficacité redoutable.

Adieu les cons (Bye Bye Morons)
Un film écrit et réalisé par Albert Dupontel
Produit par Catherine Bozorgan
Avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz, Laurent Stocker, Bouli Lanners, Bastien Ughetto, Terry Gilliam, Grégoire Ludig, Kyan Khojandi et David Marsais.
Musique : Christophe Julien
Montage : Christophe Pinel
Distributeur : Gaumont Distribution (France)
Date de sortie : 21 octobre 2020 (France)
Durée : 87mns

Vu le 28 juin 2020 au Gaumont Disney Village, Salle 3 place D14

Note de Mulder: