Ouija : Les origines
Réalisé par Mike Flanagan (2016)
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 02/11/2016 |
| Note | 7/10 |
À Los Angeles en 1965, une veuve et ses deux filles montent une nouvelle arnaque pour pimenter leur commerce de séances de spiritisme bidon. Chemin faisant, elles font involontairement entrer chez elles un esprit maléfique bien réel. Lorsque la fille cadette est possédée par la créature impitoyable, la petite famille doit surmonter une terreur dévastatrice pour la sauver et renvoyer l'esprit de l'autre côté… La suite du film d'épouvante "Ouija".
La critique
Par Mulder 02/11/2016
Sorti l’année dernière, Ouija de Siles White avait rencontré un certain succès malgré le fait qu’il n’apportait strictement rien au genre horrifique et se contentait simplement d’appliquer les règles en usage. Ce deuxième volet corrige les erreurs du premier et permet enfin d’avoir un thriller horrifique envoutant et réussi.
Ouija : les origines s’apparente ainsi à la préquelle du premier volet. On découvre ainsi en plein Los Angeles en 1965 une jeune veuve élevant seule ses deux filles et vivant de séances de spiritisme montées de toute pièce. Pourtant un esprit maléfique finit par trouver sa place dans leur maison et possède ainsi la fille cadette. Il s’ensuit toute une série de manifestations terribles amenant cette famille en pleine terreur nocturne.
Alors que la plupart des films d’horreur actuels se contentent de proposer un déferlement de violence et des litres de sang, Ouija : les origines revient à l’essence pure du film cinéma horrifique qui est de faire peur intelligemment et de jouer avec les nerfs des spectateurs. Produit par Blumhouse productions et Univers Pictures, Ouija : les origines tire parfaitement l’avantage d’être un budget réduit et donc de pouvoir laisser suffisamment de place à l’esprit créateur du réalisateur et co-scénariste Mike Flanagan (avec son collaborateur de longue date Jeff Howard). Les scénaristes n’oublient à aucun moment qu’un bon thriller fantastique repose sur des personnages parfaitement réalistes et à la mise en place par étape de la puissance de forces surnaturelles. On découvre ainsi cette famille monoparentale attachante en difficulté financière et comment cette force maléfique prend peu à peu le contrôle de la fille cadette. Impossible de ne pas ainsi penser à des classiques de l’horreur tels Amityville la maison du diable (1980), L’exorciste (1973) et Poltergeist (1982). Le réalisateur Mike Flanagen (The mirror (2013) et prochainement le très réussi Before I Wake (2016)) a pu réellement imposer sa marque au film et nous proposer un film parfait à découvrir au moment des fêtes d’Hallowen. Comme dans le premier volet, on retrouve la même maison et ses nombreux recoins sont utilisés par le réalisateur subtilement. De la même manière le scénario ne se contente pas d’être un déferlement de violence continu au contraire après avoir fait connaissance de cette famille en difficulté se crée un véritable lien entre les spectateurs et celle-ci. Lorsque cette force surnaturelle se manifeste et attaque cette femme et ses enfants, nous subissons avec elle ces attaques.
Le réalisateur Mike Flanagan a parfaitement saisi l’importance d’avoir un casting à même de retenir l’attention des spectateurs. On retrouve ainsi dans un second rôle Henry Thomas (E.T l’extraterrestre (1982), Légende d’automne (1994), Gang of New York (2002)..) mais aussi Elizbeth Reaser dans le rôle principal de la jeune veuve (Stay (2005), saga Twilight (2008-2012)..) et dans le rôle des deux filles les jeunes comédiennes Annalise Basso (The mirror du même réalisateur), Captain Fantastic (2016)) et la révélation du film Lulu Wilson. Malgré un faible budget, rien n’est laissé au hasard et le réalisateur retrouve à notre plus grand plaisir l’efficacité des classiques du genre. Il s’impose ainsi en véritable maître de l’horreur. Surpassant aisément le premier volet, on vous conseillera de rester jusqu’à la fin du générique de film pour découvrir une scène importante et reliant ces deux films.
Enfin, la réussite du film incombe également au grand soin apporté à la musique qui l’accompagne . Signée par The Newton Brothers, elle permet d’accentuer les nombreux effets du film et surtout de livrer une véritable atmosphère envoutante. Ouija : les origines s’impose ainsi aisément comme l’une des bonnes surprises de cette année et nous vous encourageons à la découvrir au cinéma dès sa sortie.
Vu le 27 octobre 2016 à la Salle Universal, en VO