Deadpool

Deadpool
Durée:109 minutes
Réalisateur:Tim Miller
Sortie:Cinéma
Date:10 février 2016
Note:

Deadpool, est l'anti-héros le plus atypique de l'univers Marvel. A l'origine, il s'appelle Wade Wilson : un ancien militaire des Forces Spéciales devenu mercenaire. Après avoir subi une expérimentation hors norme qui va accélérer ses pouvoirs de guérison, il va devenir Deadpool. Armé de ses nouvelles capacités et d'un humour noir survolté, Deadpool va traquer l'homme qui a bien failli anéantir sa vie.

Critique de Mulder

Les premières images découvertes lors du San Diego Comic con en juillet dernier avaient été l’un des moments forts de cette convention mondiale la plus médiatisée et suivie. Après l’adaptation ratée Les 4 fantastiques sortie l’année dernière et avant de retrouver le très attendu X-men : Apocalypse (le 18 mai 2016) , Deadpool refait surface dans une nouvelle adaptation cinématographique. Le personnage était en effet déjà apparu sous les traits du même comédien (Ryan Reynolds) dans X-men Origins : Wolverine (2009). Cette première incursion au cinéma ne respectait pas les différents traits qui faisaient toute la force du personnage culte de Marvel Comics. Le duo de scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick qui avaient travaillé ensemble sur plusieurs films (Bienvenue à Zombieland (2009), GI Joe Conspiration (2013)..) ont tenu ainsi à revenir à la source du personnage en gardant toute la violence omniprésente du comic et surtout une surdose d’humour macabre et cru. Il fallait bien cela pour donner au personnage un film à la hauteur de la place qu’il occupe dans l’univers Marvel Comics..

Apparu pour la première fois dans le Comics New Mutants volume 1 #98 en février 1991, le personnage de Wade Wilson un tueur à gage employé par la CIA atteint d’un cancer incurable accepte d’être un cobaye pour un laboratoire secret. Torturé, il acquiert des pouvoirs d’autoguérison le rendant invulnérable et immortel. Véritable psychopathe masqué, très sûr de lui il se retrouvera enrôlé dans l’équipe X force puis les Thunderbolts. Epaulé par une vieille femme aveugle, il n’aura cessé d’être un véritable trublion dans l’univers Marvel Comics. Les scénaristes ont réussi à capter véritablement l’âme du personnage et nous livre un film à contrecourant amenant enfin du sang neuf aux adaptations trop sages et trop familiales des adaptations récentes (le film sera interdit au moins de 12 ans en France). Ryan Reynolds retrouve donc avec un plaisir palpable ce personnage et donne toute l’épaisseur nécessaire à Wade Wilson pour faire de ce film tout simplement une des meilleures adaptations Marvel.

Dès la première scène contrairement aux adaptations classiques, le film ne s’ouvre pas sur les origines du personnage mais sur une très longue scène d’action spectaculaire, violente et remplie d’humour. Parfait moyen pour rentrer dans cet univers décalé d’un anti-super héros moderne. Certes, ce film n’oublie pas de nous présenter comment Wade Wilson a acquis ses pouvoirs et son costume mais c’est surtout sa relation avec une serveuse de bar Vanessa Carlysle (parfaite Morena Baccari) qui est au centre du récit. Comme dans le comics original, défiguré Wade Wilson devra agir masqué pour faire règner l’ordre et surtout trouver ses marques. Le film apparaît également comme un spin off des X-men et se déroule curieusement après les faits qui seront présentés dans X-men : Apocalypse. De ce fait, on retrouve deux X-men dans ce film. Ellie Phimister (Negasonic Teenage Warhead) et Piotr Rasputin (Collossus). Ces deux mutants cherchent ainsi à tout faire pour que Deadpool rejoignent les X-men et surtout deviennent plus adultes et moins agressifs et irrespectueux.

Le film bénéficie d’un excellent scénario, d’un casting en adéquation avec celui-ci et surtout de la présence d’un réalisateur maîtrisant parfaitement l’utilisation des effets spéciaux. Ne bénéficiant pas des moyens propres à un des blockbusters Marvel Comics, les scénaristes ont orienté leur histoire pour faire de Deadpool le patchwork parfait entre comédie romantique, film d’action et surtout film de super-héros. La véritable liberté artistique dont a bénéficié le réalisateur donne au film un ton nettement plus adulte et surtout arrive à nous étonner, à prendre des paris risqués (véritables scènes de massacre jubilatoire). De la même manière Deadpool nous renvoie aussi par certains côtés à Darkman de Sam Raimi (1990). Constamment à la recherche de la meilleur approche visuelle, le réalisateur transcende ce qui aurait pu être une simple adaptation d’un comics de plus et nous donne à voir un film original au ton novateur et surtout osant quitter un moule préexistant pour créer une véritable liaison avec les spectateurs. On ne peut donc que vous encourager à découvrir ce film en salles et on oserait presque dire que celui-ci est parfait pour la Saint Valentin …

Vu le 25 janvier 2016 au cinéma Le Grand Rex, Salle 4, en VO

Note de Mulder: