Maître du jeu (Le)

Maître du jeu (Le)
Titre original:Maître du jeu (Le)
Réalisateur:Gary Fleder
Sortie:Cinéma
Durée:127 minutes
Date:17 mars 2004
Note:
Trois ans après l\'assassinat de son mari et de onze de ses collègues sous les balles d\'un tueur fou, Celeste Wood espère que soient sanctionnés les fabricants d\'armes impliqués dans ce tragique fait divers. Décidé à gagner ce combat, l\'avocat de la plaignante, Wendall Rohr est un homme pétri de principes généreux, un modèle de probité et de courtoisie sudiste. Face à lui, le défenseur des armes Vicksburg est en réalité un pantin entre les mains du \"consultant en jury\" Rankin Fitch, payé pour assurer sa relaxe. Cet homme de terrain aguerri a déployé des moyens humains et techniques considérables pour s\'assurer le contrôle du jury. Un seul juré a échappé à ses investigations : Nick. Alors même que Fitch commence à s\'interroger sur le passé et l\'identité de ce dernier, une femme mystérieuse offre de lui \"livrer\" le jury, clés en main, pour dix millions de dollars...
(Source Allociné)

Critique de Mulder

Critique élaborée à partir de critiques lues sur Allo Ciné et revue par mes soins.

Habitué des prétoires, J.Grisham (L’affaire Pélican, Le client, La firme….), nous livre un bon thriller judiciaire. Sur fond de lobby de l\'armement, nous assistons à un duel d\'avocat. Manipulation, chantage, traffic d\'influence, toutes les ficelles habituelles sont de sorties. Avec une histoire peu crédible, le réalisateur et l\'auteur réussissent pourtant un bien agréable divertissement. En matière de manipulations, le film n\'a de leçon à recevoir de personne, mais il a le mérite d\'offrir à ses interprètes prestigieux de nombreuses occasions de se mettre en valeur.

Gary Fleder réussit ici à rendre limpide une intrigue particulièrement complexe et bénéficie d\'une distribution en or massif . Gary Fleder s\'inscrit donc dans la tradition américaine du film de prétoire, mais la renouvelle astucieusement par un jeu de manipulations et de contre-manipulations habilement conduit.

Pas révolutionnaire mais solidement charpenté, ce film, adapté d\'un roman de John Grisham, assure deux heures de spectacle sans temps morts. Gary Fleder, cinéaste de suspense et d\'action ne sacrifie qu\'en surface au rituel civique du film à procès.

Ce thriller judiciaire est habile et mené par un réalisateur maître du scénario et des interprètes. Le verdict a beau être assez vite prévisible et la cause entendue d\'avance, on suit les rebondissements avec naïveté et ferveur, entre crainte et indignation Le film est acquitté au bénéfice du suspense et du savoir-faire des acteurs.

En conclusion, c’est du cinéma américain solide et sans complexe. A voir et à revoir

Vu le dimanche 21 mars à la séance de 14h00 salle 3 au Gaumont de Disney Village

Note de Mulder:

Critique de Tootpadu

Depuis le succès de La Firme il y a plus de dix ans, le film de procès est sous la mainmise de l'auteur à succès John Grisham qui exploite avec une régularité soporifique les mêmes ficelles et qui constitue en ce moment le seul esprit très vaguement critique du système judiciaire américain. Passés sont les jours infiniment plus passionnants d'un Sidney Lumet, bientôt octogénaire, qui dressait en son temps un portrait bien plus équivoque et moins prévisible à travers son chef-d'oeuvre, Douze hommes en colère, et ses autres très bons films comme Le Verdict ou Dans l'ombre de Manhattan. Même l'artisan honnête parfois trop bridé par ses bons sentiments, Norman Jewison, a pu ajouter un constat amer et poignant sous la forme de Justice pour tous.
Hélas, on ne trouve rien de tout cela dans cette énième adaptation d'un roman de Grisham, avec son histoire éclatée au point de rester entièrement à la surface, son coloris local au niveau d'une carte postale, et sa mise en scène très moyenne qui essaye vainement de cacher un manque de substance par une vitesse et des rebondissements trop rapides pour être crédibles. En effet, par sa tentative de jouer sur trop de tableaux - de surcroît tous imbibés d'une conscience sociale pesante -, le film perd rapidement son intérêt. Il ne reste alors plus qu'une distribution illustre qui a déjà vu de meilleurs jours, et un amalgame toutefois regardable de toute une panoplie de films à succès.

Vu le 6 avril 2004, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 14, en VO

Note de Tootpadu: