Rivières pourpres 2 Les Anges de l'apocalypse (Les)

| Titre original: | Rivières pourpres 2 Les Anges de l'apocalypse (Les) |
| Réalisateur: | Olivier Dahan |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 99 minutes |
| Date: | 18 février 2004 |
| Note: | |
Pour le commissaire Pierre Niemans, l'homme retrouvé emmuré dans un monastère de Lorraine n'est pas une victime comme les autres. Les signes ésotériques gravés autour de lui et l'étrange rituel de son sacrifice annoncent bien autre chose... Lorsque Reda, jeune capitaine de la police, découvre l'exact sosie du Christ à demi mort au pied d'une église, il croit d'abord avoir sauvé un illuminé. Mais rapidement, il va s'apercevoir que cette affaire est liée à celle de Niemans, dont il fut l'élève à l'école de police...
(Source Allociné)
Critique de Mulder
Critique élaborée à partir de critiques lues sur Allo Ciné et revue par mes soins.
Un
exercice de virtuosité cinématographique sur un scénario sans cohérence. Le réalisateur, Olivier Dahan, a le découpage dans le sang. Il
nous sert dans ce shaker un cocktail explosif à faire revenir les morts. Dahan, exécuteur de talent, signe un thriller efficace et sans
temps mort. Il a réussi à installer un monde qui tient la route, jouant à la fois sur l'imagerie religieuse chère aux films gothiques et
sur les figures imposées du cinéma d'action.
Cascades rentre-dedans, poursuites yamakasiennes, explosions tonitruantes, autant de
temps forts (le spectateur en a pour son argent) dont l'efficacité ne fait pas vraiment oublier les faiblesses évidentes du scénario.
Esthétique horrifique et réalisation efficace. Mais l'emballage signé Dahan ne suffit pas. Malgré une première partie dynamique, la
tension s'estompe ensuite. La faute à un scénario confus, où gravitent un sosie du Christ, des textes sacrés, la Ligne Maginot et un
étrange ministre qui prône une Europe pratiquante.
Une réussite du coté de la photographie, et pour le rythme vivace des images.
On est plongé dans le sinistre des couleurs rouille et verdâtre, des souterrains désaffectés, de la campagne déserte et lugubre. Du
suspense, des effets spéciaux réussis, de bonnes scènes de comédie involontaire sauvent ce film qui est aussi invraisemblable que le
premier...
Ce film de commande, scénarisé par Luc Besson, se noie dans une spiritualité de seconde zone sur des anges de
l'Apocalypse transformés en moines ninja, au visage invisible et à la force surhumaine, défenseurs d'un livre sacré. Les dialogues
oscillent entre vulgaire et anticléricalisme primaire: "Jésus, tu pourrais traverser dans les clous", ou encore "cela fait 2000 ans que
vous vendez des babioles qui ne servent à rien, vous allez comprendre ce que cela fait" à un moine qui recherchait une précieuse relique,
remplacée par un faux... Quant à Christopher Lee, défenseur d'une europe "blanche et croyante", il n'est pas à sa place, il vaut mille
fois mieux que "ça".
Note de Mulder:
Critique de Tootpadu
Que dire d'une telle débâcle annoncée ? Tentons d'être positifs, de souligner la vitesse à laquelle le semblant de récit avance, sacrifiant tout sur son passage. Choisissons deux ou trois séquences, prinicpalement des poursuites, qui auraient pu donner quelque chose de haletant, de divertissant. Evidemment, tous nos espoirs sont vains, puisque la seule qualité réelle du film se déploie lorsqu'on quitte la salle, heureux d'avoir survécu à cette immondicité d'incompétence. D'ailleurs, à force d'y réfléchir malgré nous, un aspect au moins inhabituel du film est le choix des décors du nord-est de la France, exploités de façon bien incomplète, cela va de soi, mais cet élément nous permet au moins d'y accrocher le minimum syndical de notre appréciation. Sur ce ...
Début de la tirade. Avec Luc Besson au scénario et Olivier Dahan, qui avait réussi à nous rendre Isabelle Huppert insupportable dans "La Vie promise", on aurait dû savoir à quoi s'attendre. Le côté polar opportuniste, mais somme toute bien fait des premières rivières passe à la trappe pour laisser la place à une des histoires les plus ridicules - sans jamais être drôle - depuis longtemps et une mise en scène fade et sans saveur. Si au moins Dahan avait su tirer une couverture trompeuse de style sur les invraisemblances astronomiques du scénario, en gros s'il avait su s'adapter d'une façon personnelle à l'imbécilité sans fond de son sujet, comme par exemple Louis-Pascal Couvelaire dans "Michel Vaillant", l'entreprise aurait pu aspirer à une base de divertissement. Mais dans l'état, tout va de travers : les acteurs font de la figuration pour payer leurs impôts, à part Benoît Magimel qui préfère cabotiner dans son rôle d'acolyte juvénile. La photo se la joue à la "Seven" avec ses sources de lumière perçante, et la bande originale n'est que la somme de thèmes tonitruants.
Cependant, c'est le scénario, notre bouc émissaire préféré, au point de se demander si l'énergumène qui l'a pondu pourrait encore faire preuve de plus de mépris envers le public ? Aucun personnage n'a de l'épaisseur ou, au moins, de trait de caractère ici, tellement ils sont assujettis à une suite interminable de revirements rocambolesques, sans raison, ni logique. Après avoir pourchassé pendant plus d'une heure une douzaine d'illuminés religieux, les deux héros se trouvent ainsi tout d'un coup face à un groupe de néo-nazis chasseurs de trésor, avec à leur tête un Christopher Lee inutilement gâché dans ce navet. De même, les autres seconds rôles sont d'une incongruité affligeante, que ce soit l'experte en sciences religieux qui n'a même pas le droit de draguer le jeune premier ou bien Serge Riaboukine qui, en moine suspecte, peut au moins déployer toute l'inconsistance de son rôle au cours de sa scène finale. Quant aux deux flics, ils font semblant de travailler, alors qu'ils ont plus l'air d'attendre que le tonton Luc leur apporte une autre cascade inutile à faire. Fin de la tirade.
Vu le 15 mars 2004, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 15
Note de Tootpadu: