Raid 2 (The)
Réalisé par Gareth Huw Evans (2014)
| Durée | 150 minutes |
| Sortie | 23/07/2014 |
| Note | 7/10 |
Après avoir été l’un des rares rescapés de l’attaque de l’immeuble du caïd Tama, le policier Rama doit infiltrer le clan de Bangun. Pour y parvenir, il sera incarcéré aux côtés de Uco, le fils unique du gangster. Il devient rapidement le confident et protecteur de Uco, une fidélité que ce dernier récompense lors de la libération de Rama deux ans plus tard, en l’engageant dans les services de son père. Rama sera rapidement associé aux affaires courantes du clan. Mais au lieu de suivre la trace des policiers corrompus à la solde de Bangun, il deviendra le témoin involontaire de l’ascension sanglante de Uco.
Les critiques
Par Mulder 28/07/2014
Par Tootpadu 23/07/2014
Le pire faux pas à commettre lors d’une suite, c’est de supposer que les personnages et les événements du film précédent sont encore étroitement familiers à tous les spectateurs. Alors que nous considérons que chaque film est censé tenir et convaincre par lui-même, le prologue long d’un quart d’heure de ce film-ci nous a rappelé à quel point il est difficile de bien agencer la transition entre les différentes œuvres d’une série. Tant de peine prise, en termes narratifs et dramatiques, pour arriver à l’explication presque superflue de la présence du héros enfermé dans les toilettes de la prison, avant qu’il n’entame un interminable cycle de bastons spectaculaires ! Car l’efficacité du premier film résultait essentiellement du dispositif sans fioriture de l’assaut musclé d’un immeuble, un étage à la fois. Ici, les aspirations du réalisateur Gareth Evans ont visiblement décuplé, à la façon des Wachowski et leur alourdissement idéologique de l’univers de Matrix. Plus assez de mettre en avant les prouesses acrobatiques de Iko Uwais, il leur faudra désormais un environnement surchargé en codes du crime, comme si l’augmentation significative de la durée par rapport au premier film n’était que le premier point de rapprochement avec le ton tragique de la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola.
En effet, la dimension policière de The Raid 2 passe rapidement à l’arrière-plan. Le protagoniste s’enfonce de plus en plus dans le marasme des différents clans de la mafia, qui se sont départagés l’économie parallèle de l’Indonésie. D’emblée un prétexte aux pieds d’argile, sa mission n’est bientôt plus qu’un lointain souvenir, qui justifierait sa présence lors des nombreux combats sanglants. Le seul reproche que l’on ne puisse pas faire à cette orgie de violence, c’est qu’elle lésine sur les moyens pour trouver des décors toujours plus ingénieux pour y orchestrer des affrontements dignes des meilleurs jeux vidéos. En l’absence d’une quelconque ambition réaliste, surtout à l’œuvre du côté de l’invincibilité du personnage principal, qui se remet immédiatement à la tâche, alors qu’il vient d’être sérieusement amoché, les nombreuses séquences d’action font preuve d’une virtuosité formelle notable. Mais est-ce qu’elles constituent une raison d’être suffisante pour deux heures et demie d’un divertissement qui bat sérieusement de l’aile en dehors de ces ponctuations vigoureuses ?
Hélas, le stade de la maturité des films d’arts martiaux n’est pas encore atteint par cette histoire, qui s’efforce beaucoup trop à insuffler un climat de gravité dans un univers qui vit avant tout de la surenchère caricaturale de la violence. Les écarts successifs de la narration, qui brouille la compréhension des enjeux de l’intrigue au lieu de les clarifier, contribue à une lassitude mesurée, accentuée davantage par le caractère répétitif des scènes de combat, elles aussi dépourvues d’un effet sensible de crescendo. Ce que nous reprochons donc à Gareth Evans, c’est de ne pas avoir su entourer ses exercices de style fulminants par autre chose qu’un environnement nébuleux et lourd de sens, quoique très léger en termes d’une réelle tension dramatique.
Vu le 22 juillet 2014, au Club de l'Etoile, en VO