
| Titre original: | Crime était presque parfait (Le) |
| Réalisateur: | Alfred Hitchcock |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 105 minutes |
| Date: | 02 février 1955 |
| Note: |
Tony Wendice, une ancienne gloire du tennis, s'est marié avec Margot pour sa richesse. Mais celle-ci le trompe depuis peu avec Mark Halliday, un jeune auteur de romans policiers. Craignant que sa femme le quitte et le laisse sans le sou, Tony fait appel au capitaine Lesgate et le charge d'assassiner Margot en échange d'une grosse somme d'argent.
Alfred Hitchcock est l’un des plus grands réalisateurs britanniques qui a façonné ce qu’est devenu le cinéma Hollywoodien actuel. Après plusieurs films réalisés en Angleterre il s’expatria à Hollywood pour y tourner ses meilleurs films (Psychose, Fenêtre sur cours, Sueurs froides, La mort aux trousse, Les Oiseaux). Il s‘imposa non seulement comme le maître incontestable du thriller mais également révolutionna l’art de tourner des films et surtout d’imposer sur des scénarios parfaits de grandes interprétations. Chacun de ces films sont rapidement identifiables par des thématiques récurrentes : l’innocent accusé à tort, les femmes blondes troublantes, l’importance des objets dans l’enquête, les escaliers, les bons repas, l’intéraction avec les spectateurs. Son cinéma a eu une importance considérable sur de nombreux réalisateurs dont Gus Van Sant qui alla jusqu’à reproduire plan par plan Psychose. Ce film a même été une source d’inspiration pour des réalisateurs tel John Carpenter et on peut même noter qu’une série depuis un an revisite judicieusement l’univers de celui-ci. Sans le film les Oiseaux, Steven Spielberg n’aurait pas réalisé les dents de la mer. On pourrait ainsi citer par une multitude d’exemples l’importance d’Alfred Hitchcock. Ainsi la ressortie en salles de son quarante troisième film et l’un de ses derniers en Angleterre (le suivant fut Fenêtre sur cours (1954) permet de redécouvrir certes un de ces films mineurs mais très réussi.
Le crime était presque parfait est tiré de la pièce de théâtre de Frederick Knott qui l’adapta pour le besoin de ce thriller se déroulant pratiquement dans un unique endroit, un modeste appartement. Un ancien joueur professionnel de tennis organise une tentative de meurtre envers son épouse volage et tente de réaliser le crime parfait. Toutes les thématiques chères au maestro sont présentes dans ce film et malgré que soixante années se soient écoulées, le film reste pourtant d’actualité. On reconnaît ainsi toute la qualité d’un chef d’œuvre qui malgré le poids des années se revoit ou se découvre avec le même plaisir intact. Autant attaché à un scénario aiguisé qu’à une interprétation parfaite (il s’agit du premier des trois films tourné avec l’actrice Grace Kelly), le réalisateur utilise pour l’unique fois de sa carrière un procédé en relief stéréoscopique. Ce procédé nécessitait des lunettes polarisantes. Le réalisateur maîtrise totalement cette technologie très en vogue à cette époque comme le montre la scène dans laquelle le doigt du personnage Tony Wendice appelle sa femme.
Le film est également un pari audacieux car en faisant du mari un conspirateur machiavélique, il donne à l’amant le beau rôle. A cette époque, c’était un pari que seul le génie qu’était Alfred Hitchcock pouvait se permettre. Sa volonté de faire réfléchir constamment les spectateurs, de montrer une femme certes guère innocente (elle trompe son mari) se faire accuser montre à quel point ce réalisateur aimait jouer avec les nerfs de son public. On ne pourra que trop vous conseiller de découvrir certes pas son meilleur film mais une œuvre intéressante et magnifiquement interprétée et réalisée.
Vu le 13 mars 2014, au Brady, Salle 1, en VO et 3D
Note de Mulder: