Grande boucle (La)
Réalisé par Laurent Tuel (2013)
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 12/06/2013 |
| Note | 6/10 |
Depuis son enfance, François Nouel est passionné de cyclisme. Après avoir abandonné la compétition à l’arrivée de son fils Thomas, il travaille désormais comme vendeur de vélos. Grâce à un désistement de dernière minute, il aura l’honneur de conduire une des voitures qui suivent l’équipe sponsorisée par son employeur sur le Tour de France. Mais au lieu d’être aux anges, François redoute la réaction de sa femme Sylvie, avec laquelle il était censé partir en vacances à ce moment-là. Résultat des courses à l’issue d’une soirée de présentation mouvementée : François perd son emploi et sa femme. Profondément déprimé, il se lance alors un défi insensé : relier les différentes étapes de la Grande boucle avec un jour d’avance sur les coureurs professionnels.
La critique
Par Tootpadu 08/05/2013
Le regard sur le Tour de France change en effet plusieurs fois au fil de l’intrigue divertissante de La Grande boucle. D’abord une tradition que l’on suit de loin, à la télé depuis sa villégiature, puis, le temps d’une promotion aussi inattendue qu’éphémère, un moyen d’assouvir son rêve d’enfant quitte à mettre en péril sa vie privée, le Tour gagne réellement ses lettres de noblesse une fois que le protagoniste du film redécouvre sa raison d’être en marge de l’agitation publique et médiatique que suscite le passage du peloton. Quand il doit traverser seul et abandonné de tous l’épreuve considérable, d’un point de vue physique et mental, de faire des centaines de kilomètres par jour sur son vélo, François Nouel renoue avec la philosophie pure des sportifs qui exercent leur discipline pour eux-mêmes et non pas pour la gloire et l’argent. Ce retour aux sources inspire alors le genre de solidarité collective à laquelle la population française ne se résout pratiquement jamais, désabusée qu’elle est par une série sans fin de désenchantements politiques, économiques et culturels.
Bien sûr, le conte de fées du héros exemplaire ne dure pas, bien que la tronche de Clovis Cornillac se prête toujours aussi bien aux rôles du bon bougre parfois pas trop futé. La récupération de cette croisade personnelle par des intérêts plus tordus ne se fait pas attendre. Elle mène alors l’intrigue vers les eaux moins profondes du conte édifiant, ponctué par un rappel de ce qui serait le plus important dans la vie (la cohésion familiale) et par un aboutissement in extremis de la quête insensée de François Nouel. Tout cela ne nous convertira point à l’idolâtrie du Tour de France. Mais en tant que divertissement complaisant et en fin de compte inoffensif, nous avons déjà vu pire.
Vu le 6 mai 2013, à la Salle Pathé François 1er