Cité rose (La)
Réalisé par Julien Abraham (2013)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 27/03/2013 |
| Note | 6/10 |
Pour rien au monde, le jeune Mitraillette ne voudrait grandir ailleurs que dans la Cité rose, en banlieue nord parisienne. Tout le monde s’y connaît et même s’il existe des endroits interdits aux enfants, puisque le caïd Narcisse et ses acolytes y font leur bizness louche, la vie y est belle. Le quotidien joyeux de Mitraillette se complique toutefois, quand son cousin aîné Ismael devient guetteur pour le compte des dealeurs. Une mauvaise tournure qu’Ismael doit cacher à son frère Djibril, le seul à avoir réussi à sortir de la cité pour faire des études de droit à la Sorbonne. Quant à Mitraillette, il redouble d’ingéniosité pour séduire Océane, la plus belle fille du collège.
Les critiques
Par Mulder 04/04/2013
Triste constat que projette ce film qui montre que les actions de la police restent inefficaces dans certaines banlieues. Ce film dresse donc l’état des lieux d’un monde où le chômage est partout, où la pauvreté extrême entraîne certains à sortir des sentiers légaux. Le réalisateur semble donc très inspiré par son étude sociale d’un monde où les gens naissent dans des tours et y restent brisés et sans avenir radieux. Certes, certains comme Djibril, 22 ans, étudiant à la Sorbonne arrivent à s’en relever et le discours qu’il tient lors d’un entretien pour un poste de stagiaire dans un cabinet d’avocats est criant de vérité et reflète une société où le travail n’est pas guise de réussite et où chacun doit s’accrocher à ce qu’il a pour ne pas sombrer.
En 1995, Mathieu Kassovitz nous présentait par lintermédiaire de son film La Haine une vision en noir et blanc de la banlieue avec une phrase forte qui deviendra tout un symbole « C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de 50 étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, il se répète sans cesse pour se rassurer : « Jusqu’ici tout va bien ... Jusqu’ici tout va bien ... Jusqu’ici tout va bien. » Mais l’important, ce n’est pas la chute. C’est l’atterrissage. ». Ce film semble en être la réponse, car la fin du film (l’atterrissage) est certes raté, mais témoigne que l’innocence ne peut survivre dans un tel monde gangrené par la violence, la drogue et les inégalités …
Chaque film a son propre public. Il est donc non seulement intéressant de voir ce film, mais aussi de regarder le public et vous vous rendrez compte qu’il touche tout le monde et à tous les niveaux sociaux. Ce film est donc non seulement universel mais un pavé de plus dans l’étude de nos banlieues.
Vu le 1er avril 2013 au Gaumont Disney Village, Salle 08, en VF
Par Tootpadu 21/03/2013
Or, ce petit bonhomme de Mitraillette est en fait un adolescent des plus ordinaires. Il vit ses premiers coups de cœur difficiles. Il distingue parfaitement entre le bien et le mal, entre ce qu’il devrait faire et ses habitudes d’enfant sans père qui n’est pas à une bêtise près. Et il rechigne au passage inéluctable à l’âge adulte, qui le mettra plus tôt que des enfants issus de milieux préservés devant des choix cornéliens. C’est quand elle se contente d’observer simplement le protagoniste et sa bande de potes en train de croquer une vie précaire à pleines dents, qui ne leur fera jamais de plus beaux cadeaux que cette camaraderie des derniers mois de l’enfance, que la narration se montre la plus convaincante. De même, lorsque les figures maternelles emblématiques tentent de garder leur descendance dans le droit chemin, de gré ou de force mais toujours avec le même résultat : l’impuissance de l’éducation et d’un modèle familial tronqué face à une violence aveugle et l’appât du gain qui dictent leur loi.
Hélas, l’intrigue répond bien trop docilement présent aux exigences conventionnelles d’une trame à caractère policier – avec la tentation de l’argent facile grâce au trafic de drogue et les frictions entre cet univers malsain et la normalité d’une enfance largement abandonnée à elle-même – pour proposer réellement un point de vue original sur une thématique que le cinéma français éprouve visiblement du mal à aborder sans préjugés, ni poncifs.
Vu le 18 mars 2013, à la Salle UGC