Hors les murs
Réalisé par David Lambert (2012)
| Durée | 100 minutes |
| Sortie | 05/12/2012 |
| Note | 6/10 |
Après avoir trop bu lors d’une fête avec des amis, Paulo se réveille dans le lit d’Ilir, un barman d’origine albanaise, qui l’a accueilli chez lui. Alors qu’Ilir ne cache pas l’attirance qu’il éprouve envers Paulo, ce dernier est moins sûr de ses sentiments. Les deux hommes se voient régulièrement, jusqu’à ce que la copine de Paulo en ait marre de sa double vie et qu’elle le mette à la porte. Dès lors, Ilir et Paulo filent le parfait amour. Mais quand Ilir ne revient pas d’un voyage en France, son copain craint d’avoir été une fois de plus délaissé.
La critique
Par Tootpadu 04/12/2012
Comme dans la plupart des histoires d’amour, le bonheur ne dure ici qu’un certain temps, avant que la réalité avec ses vérités impitoyables ne prenne le dessus. Après l’élan timide des premières rencontres et l’éclat passager d’une symbiose parfaite des corps et des esprits, le ton du film bascule rapidement dans une tristesse, dont il ne cherche plus à s’affranchir réellement par la suite. Très loin de verser dans l’eau de rose indigeste, la mise en scène de David Lambert épingle au contraire les points de rupture potentiels dans cette relation aux rapports de force malgré tout déséquilibrés. Le caractère de Paulo le prédispose clairement au rôle soumis au sein du couple, qu’il adopte à la fois auprès d’Ilir qui lui applique carrément une sorte de ceinture de chasteté et avec son nouveau copain en participant aux jeux sexuels douloureux. Sauf que le personnage gagne curieusement le plus en assurance, grâce à cet apprentissage de la vie à la dure.
A la fin de ce film touchant, les rapports se sont par conséquent inversés d’une manière irréversibles. Paulo et Ilir ne se ressemblent plus sur la photo qu’ils prennent en guise de souvenir ultime, ou plutôt, leur relation désabusée et gangrenée par la séparation forcée n’a plus rien à voir avec l’idéalisme romantique et l’innocence sentimentale qui les avaient réunis au début du film. Autant dire qu’ils ont suivi le parcours habituel de l’amour qui s’estompe avec le temps, peu importe la composition du couple, et qu’ils devront de nouveau apprendre à vivre l’un sans l’autre.
Vu le 28 novembre 2012, au Club Marbeuf