Glengarry
Réalisé par James Foley (1993)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 13/01/1993 |
| Note | 8/10 |
Ils sont quatre à s'arracher les adresses les plus porteuses pour conclure un contrat. Shelley Levene, Ricky Roma, Dave Moss et George Aaronow travaillent comme commercial dans l'équipe de John Williamson. Récemment, les ventes ont été lentes et la direction décide alors d'envoyer un dirigeant pour dynamiser ses employés. Le concept est simple : les deux plus grands chiffres d'affaire recevront des cadeaux et les nouveaux contacts tous chauds de Glengarry, tous les autres seront virés.
La critique
Par Tootpadu 21/04/2006
Cependant, le constat social amer du film n'est que la cerise sur le gateau d'une oeuvre magistrale. Brillamment écrite, l'intrigue s'agence avec une précision parfaite, jusqu'à la symétrie irréprochable entre les deux actes (le soir et le matin durent 50 minutes chacun). Toujours un maître de la réplique ciselée, David Mamet signe ici un de ses scénarios les plus accomplis, avec Le Verdict et Des hommes d'influence. Les échanges explosifs et vociférants fusent à une vitesse impressionnante. Et les personnages gagnent une profondeur hors pair mi-attachante, mi-dégoûtante, donc viscéralement humaine.
De toute façon, comment ne pas être subjugué par un ensemble d'acteurs royal, composé de Jack Lemmon, Al Pacino, Ed Harris, Alan Arkin, Kevin Spacey, et Alec Baldwin, qui sont tous, sans exception, au sommet de leur art ? Surtout Lemmon donne la somme magnifique de la carrière d'un acteur remarquable, d'une véracité et d'une vulnérabilité étonnantes, toujours au fil du rasoir mais sans la moindre fausse note. Là où son Shelley se trouve irrémédiablement au bout du rouleau, le Ricky Roma de Pacino est un gagnant irrésistible, charmant et lisse.
Le scénario et les interprétations excellents ne constituent pourtant pas la réelle surprise du film. Nous ne nous expliquons en effet toujours pas comment un réalisateur aussi médiocre que James Foley dans la plupart de ses films, dont le dernier (Confidences) n'avait rien d'alléchant, a pu créer un film aussi élégant et maîtrisé ... Il réussit en effet à donner un aspect visuel et un rythme très dynamiques à un récit qui aurait pu se laisser saper par la morosité du cadre (la pluie, le bureau désordonné). La photographie aux jeux de lumière sophistiqués de Juan Ruiz Anchia apporte enfin la touche finale à une adaptation théâtrale en tous points exemplaire !
Revu le 17 avril 2006, en DVD, en VO
Revu le 21 avril 2006, en DVD, en VO