Dark shadows
Réalisé par Tim Burton (2012)
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 09/05/2012 |
| Note | 6/10 |
Installée depuis le milieu du XVIIIème siècle en Amérique, la famille Collins y a fait fortune, grâce à la pêche. Barnabas, le fils unique des fondateurs de l’empire familial, aimerait bien poursuivre la tradition. Mais une malédiction s’abat sur lui et les siens, dès qu’il rejette les avances de sa servante Angélique Bouchard. Celle-ci pousse la femme de Barnabas au suicide et le transforme en vampire, d’abord poursuivi par les habitants de Collinsport et finalement enterré vivant dans la forêt. Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré par accident et devra s’accommoder de ses descendants directs, une famille dysfonctionnelle en proie aux bouleversements sociaux et moraux du début des années 1970.
La critique
Par Tootpadu 12/05/2012
Dark shadows s’ouvre sur une tonalité gothique, qui nous renvoie directement à la grande époque du réalisateur. La photo magnifique de Bruno Delbonnel, un chef-opérateur dont nous regrettions plutôt les excès précieux au lieu de nous laisser enchanter par la richesse de sa palette, nous plonge immédiatement dans le prologue joliment poussiéreux de cette histoire, qui ne tardera pas à subir un coup de jeune. La nouvelle porte d’accès à la demeure inquiétante des Collins, par l’intermédiaire de la jeune gouvernante qui suit un appel surnaturel, s’avère en fin de compte assez dispensable, comme le montre la mise en retrait de Victoria Winters au fur et à mesure que le récit progresse. La logique scénaristique n’a cependant jamais compté parmi les points forts d’un film de Tim Burton, qui nous subjugue davantage par la création extraordinaire d’un univers décalé.
Hélas, la maestria formelle est rattrapée in extremis par la grandiloquence du dénouement, qui nous renvoie à ces affrontements caricaturaux et interminables qui pullulaient dans les années 1990. Sous réserve de cet écart de goût regrettable, ce film a néanmoins de quoi nous réconcilier avec le Tim Burton des temps modernes. Il n’est pas sûr qu’il ait appris de ses erreurs du passé, en somme tous ses films de la dernière décennie. Mais grâce à ce film largement passionnant, on peut désormais être optimiste quant à un véritable retour en force du réalisateur, peu importe que ce soit avec son deuxième film cette année, Frankenweenie, ou un peu plus tard.
Vu le 7 mai 2012, à la Salle Warner, en VO