Oncle Charles (L')
Réalisé par Etienne Chatiliez (2012)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 21/03/2012 |
| Note | 4/10 |
Exilé en Nouvelle-Zélande depuis longtemps, la légende du rugby Charles Doumeng apprend qu’il est atteint d’une maladie orpheline, qui ne lui laisserait plus que quelques semaines à vivre. Profondément abattu, ce riche homme d’affaires met alors tout en œuvre pour retrouver la trace de sa sœur Louise, perdue de vue depuis son enfance en France, qui est son seul espoir d’avoir des descendants. Dans la région nantaise, la notaire ambitieuse Corinne se met sans tarder sur cette affaire, qui risque de lui apporter gros. Quand elle peine à retrouver la sœur ardemment recherchée, elle persuade sa meilleure amie Louise de se faire passer pour la nièce du vieux excentrique. Afin de rendre la superchérie plus crédible, Corinne va même jusqu’à engager son copain José pour présenter à Charles une famille modèle.
La critique
Par Tootpadu 24/03/2012
Quelques gadgets électroniques et une voiture hybride sont ainsi insuffisants pour enlever à ce film navrant le parfum passablement rance des années 1980. Alors que pareilles pitreries pouvaient encore faire sourire dans le premier film du réalisateur, l’incontournable La Vie est un long fleuve tranquille, il faudra désormais plus qu’une plèbe bête et méchante pour divertir, tout en restant pertinent. A la limite, on serait tenté d’espérer que les agissements malhonnêtes de Corinne et de Louise sont réellement iconoclastes et animés par un mauvais goût jouissif. Car le défaut cardinal de ce récit inintéressant au possible, c’est son incapacité de tirer ne serait-ce qu’un minimum de spontanéité pétillante des rares revirements, bâclés sans exception.
Le succès public paraît donner raison à Etienne Chatiliez, qui commet une atrocité cinématographique – démodée dans la forme et démagogue dans le fond – après l’autre. Dans le registre des chauvins éhontés, on préférerait presque Jean Becker, qui tente au moins maladroitement d’insuffler un peu de chaleur humaine à ces contes bucoliques artificiels, là où la démarche schizophrène de son confrère bute invariablement contre le caractère irréconciliable entre la moquerie superficielle de la classe ouvrière et sa défense hypocrite.
Vu le 24 mars 2012, au MK2 Bibliothèque, Salle D