Dame en noir (La)
Réalisé par James Watkins (2012)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 14/03/2012 |
| Note | 6/10 |
Le jeune notaire Arthur Kipps, veuf et père d’un fils de quatre ans, doit se rendre à la campagne, afin d’y régler la succession d’une vieille dame récemment décédée et de mettre en vente sa maison. Ce manoir situé dans les marais, à l’écart du village reculé de Crythin Gifford, n’est point fréquenté par les gens du coin, qui le considèrent comme hanté, depuis que le fils de la défunte avait péri dans une montée subite de la marée. Seul M. Daily, l’homme le plus riche et éclairé de la région, assiste Kipps dans sa tâche difficile de mettre de l’ordre dans les papiers de cette famille, apparemment sous l’emprise d’un lourd secret.
La critique
Par Tootpadu 01/03/2012
Le deuxième film du réalisateur James Watkins, après Eden lake, n’appartient pas à ces hommages tordus, qui cherchent désespérément à actualiser une formule ancienne en la pimentant de clins d’œil vers le contexte cinématographique actuel et en détournant les codes d’antan vers une surenchère des effets nostalgiques, un art dans lequel seul Quentin Tarantino a su briller jusqu’à présent, au risque de se cantonner dans ces relectures jouissives. La Dame en noir est au contraire cette bête rare d’un film qui ne court pas après l’esbroufe narrative la plus flagrante, mais qui sait doser parfaitement le suspense pour nous faire adhérer corps et âme à cette histoire abracadabrante. Bien que les effets de surprise se démarquent par leur manque d’originalité, ils ont à plusieurs reprises produit chez nous une chair de poule, elle aussi à l’ancienne, à cause du danger qui émane d’une fiction sans le moindre lien avec notre vie quotidienne. Pourtant, l’inquiétude féroce est bien au rendez-vous, alimentée savamment par des apparitions fugaces et des éléments aussi simples et efficaces qu’une poignée et une chaise à bascule qui bougent apparemment toutes seules.
L’heure du renouveau de la tradition gothique de la Hammer n’a pas encore sonné. Il est néanmoins rassurant de voir qu’il existe toujours des cinéastes capables de rallumer, le temps d’un film très solide, cette flamme trop longtemps éteinte. Grâce à l’interprétation adéquate de Daniel Radcliffe, qui nous laisse espérer que ce jeune comédien pourra se défaire de l’influence écrasante de Harry Potter, et à des prestations techniques exemplaires, ce film nous ramène quarante ans en arrière avec une modestie dans l’approche qui représente peut-être son plus grand atout.
Vu le 1er mars 2012, au Club de l'Etoile, en VO