Dilemme (Le)

Réalisé par Ron Howard (2011)

Comédie Dramatique
Dilemme (Le)
Durée 112 minutes
Sortie 11/05/2011
Note 3/10

Ronny Valentine et Nick Brannen sont les meilleurs amis du monde. Leur petite entreprise d’accessoires pour voitures est en bonne voie de remporter un contrat important et Ronny va enfin se décider à demander sa copine Beth en mariage. Alors qu’il fait des repérages dans le jardin botanique en préparation du grand jour, il y observe par hasard Geneva, l’épouse de Nick, en compagnie intime d’un autre homme. Ronny se trouve alors face au dilemme crucial entre la vérité, qui briserait le cœur de son ami et accentuerait encore la pression sur lui, à quelques jours de la présentation de leur projet commun devant leurs futurs partenaires, et la connivence, face à une situation plus complexe qu’il ne paraît à première vue.

La critique

Par Tootpadu 14/05/2011

Ron Howard n’a plus tourné de comédie depuis l’exécrable En direct sur Ed TV, il y a douze ans. Cette préférence pour les sujets dramatiques se comprend d’autant plus que son retour fournit la confirmation pénible de son incapacité à faire rire. A y regarder de plus près, Le Dilemme n’est même pas une comédie au sens strict du terme, puisqu’il s’attaque à des thèmes aussi peu marrants que l’adultère, la trahison, et la dépendance au jeu. Sauf que la présence de Vince Vaughn, un acteur de toute évidence abonné à un seul et unique personnage qu’il trimballe avec lui film après film, suffit pour le tirer vers un humour du désespoir, créé moins pour faire travailler les muscles zygomatiques que pour tester la résistance de nos racines capillaires. En effet, les raisons ne manquent pas pour s’arracher les cheveux face à ce navet complet.
Rien ne fonctionne dans cette histoire faussement moralisatrice, qui ne trouve à aucun moment le ton juste pour susciter chez nous autre chose qu’un dépit profond. Le scénario de Allan Loeb s’apparente certes à un manuel de toutes les erreurs qu’on ferait mieux d’éviter si l’on veut divertir ne serait-ce que modérément son public. Mais la mise en scène de Ron Howard ne fournit pas le moindre effort pour emballer cette suite ininterrompue d’âneries dans une forme filmique séduisante ou au moins convenable. Au contraire, aussi peu visionnaire que d’habitude, sa narration s’évertue presque à souligner lourdement chaque faux pas au fil d’une intrigue qui en connaît un nombre quasiment incalculable. Les personnages risibles et complètement improbables se relaient ainsi inlassablement dans la course à la séquence la plus affligeante, rendue chaque fois encore plus insupportable par l’insistance de Ron Howard de vouloir la vendre comme un coup de génie et de pertinence.
Après son fiasco Une vie à deux, Rob Reiner avait mis longtemps avant de retrouver les faveurs du public, même si son dernier film, Flipped, risque de sortir directement en vidéo en France. Espérons que le sort de Ron Howard, plus tâcheron que jamais ici, sera encore plus cruel après cet échec cuisant en termes filmiques, et qu’une énième adaptation de Dan Brown ne viendra pas redorer le blason de ce réalisateur hautement inégal, voire de plus en plus mauvais !

Vu le 13 mai 2011, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 13, en VO

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

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