
| Titre original: | Blue Chips |
| Réalisateur: | William Friedkin |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 108 minutes |
| Date: | 22 juin 1994 |
| Note: | |
L'entraîneur Pete Bell a connu de grandes victoires avec son équipe de basket de l'université Western en Californie. Mais après une année désastreuse, il devra se mettre à la recherche de nouveaux talents à travers les Etats-Unis. Seulement, les poulains coûtent de plus en plus cher sur un marché amateur gangrené par la corruption. Jusqu'à présent, Bell campait fièrement sur son honnêteté et sur son refus absolu de tout pot-de-vin. Pour s'assurer les services de trois jeunes joueurs au potentiel fort, il devra donc mettre en question ses convictions.
Critique de Tootpadu
Ce n'est pas avec ce film de basketball maladroit que notre avis sur les talents de William Friedkin va s'améliorer. Cette oeuvre s'inscrit certes dans tout un groupe de lignées, mais il lui manque ce qui distingue les bons des mauvais films : une âme, un coeur, ou bien tout simplement une présence qui le distinguerait des autres histoires sportives.
Dès le début, avec ce coup d'éclat bancal dans les vestiaires, le ton est donné pour une narration approximative et sans force. Friedkin s'amuse par la suite à parsemer le film de prises en contre-plongée qu'il paraît tant affectionner, mais sa mise en scène terne est un obstacle supplémentaire au déroulement d'un scénario laborieux. Ecrit par le Monsieur Sport du cinéma hollywoodien, Ron Shelton, celui-ci accumule les poncifs et les revirements psychologiques infondés. D'emblée, le thème principal d'un homme honnête qui se fait happer par la machinerie de la corruption est d'une naïveté presque attachante, si son développement n'était pas aussi mou et prétentieux. Ainsi, le film n'adopte jamais un rythme satisfaisant et il ne prend à aucun moment l'ampleur à laquelle l'appellent ses prétentions. Des prétentions qui prennent déjà la forme de notes explicatives au début du générique de fin, censées donner un faux air de réalité à l'histoire, comme quelques années plus tard dans L'Enfer du devoir. En gros, un autre navet de la maison Friedkin, aussi insipide et artificiel que la plupart de ses autres films.
Pour l'anecdote, Blue Chips prend la place d'un précurseur de la tendance vite essoufflée des vedettes de la NBA au cinéma, puisque la vague suivante ne s'est déversée que trois ans plus tard (Space Jam avec Michael Jordan et Double Team avec Dennis Rodman). Il constitue également le premier film de Friedkin pour lequel il a bénéficié, d'une façon ou d'une autre, de ses liens matrimoniaux avec la tête des studios Paramount, une alliance malchanceuse pour les cinéphiles qui perdure toujours.
Vu le 21 avril 2006, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO
Note de Tootpadu: