Autobiographie de Nicolae Ceausescu (L')
Réalisé par Andrei Ujica (2011)
Documentaire
| Durée | 187 minutes |
| Sortie | 13/04/2011 |
| Note | 5/10 |
La vie de l’ancien despote Nicolae Ceausescu. De son ascension au pouvoir en tant que premier secrétaire du parti des travailleurs à la mort de Gheorghe Gheorghiu-Dej en 1965, en passant par la période faste de son régime qui l’a intronisé comme premier président de la République socialiste de Roumanie en 1974, jusqu’à son déclin suite au massacre de Timisoara en décembre 1989, qui l’avait obligé de prendre la fuite, avant d’être jugé, puis exécuté avec sa femme, par un tribunal auto-proclamé de l’armée.
La critique
Par Tootpadu 07/04/2011
L’affiche française de ce documentaire-fleuve ne montre que la silhouette noire, à la fois menaçante et diffuse, du buste de Nicolae Ceausescu. C’est un choix aussi minimaliste qu’honnête de la part du distributeur au vu d’un film, qui vous procurera au mieux une compréhension et une connaissance vaguement plus précises des faits et gestes de ce dictateur d’une époque révolue. Au bout de trois longues heures de documents d’archives, qui égrènent une litanie quasiment interminable de prises effectuées pendant toutes sortes d’événements officiels, notre aperçu de cet homme n’a ainsi guère évolué. En même temps, la transmission d’informations historiques ne paraît point figurer au cahier des charges du réalisateur Andrei Ujica, qui laisse les enregistrements des apparitions publiques de Ceausescu dans l’état brut où il a dû les trouver parmi le millier d’heures de documents filmiques préservés.
La narration dans L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu se résume en effet au montage à peu près chronologique des différentes stations de la vie de son sujet. Aucun des dispositifs habituels, éculés certes mais néanmoins utiles, n’y est employé pour tenir le spectateur par la main, afin de le guider à travers un quart de siècle d’une Histoire roumaine, pas forcément connue en dehors des frontières nationales. Alors que l’absence d’un commentaire explicatif en voix off ou d’une musique aux accents artificiellement dramatiques peut encore remporter notre adhésion de puriste, allergique aux documentaires faits à la sauce américaine dont la manipulation des opinions et des sentiments est la principale raison d’être, la privation du moindre contexte historique, politique ou social est déjà plus préjudiciable.
Il faudra donc se contenter de la répétition de quelques schémas de représentation pour cerner, tant bien que mal, la finalité de ce documentaire éprouvant. La mise en scène s’y trouve en fait au niveau des images elles-mêmes : ces chorégraphies soigneusement orchestrées de défilés et de célébrations à l’honneur d’un idéal socialiste, qui avait laissé la population crever de faim hors champ. L’aspect éclatant de cette propagande exemplaire s’atténue progressivement pour être remplacé par la mégalomanie d’un autocrate, qui avait pourtant su jongler assez adroitement avec la donne diplomatique de la Guerre froide, afin d’attirer des présidents américains et français aussi emblématiques que Nixon et De Gaulle dans son filet de fin stratège sur l’échiquier international.
Le pouvoir de fascination, qui émane de ce regard épique sur le sort tragique d’un dictateur de plus en plus coupé de la réalité de son peuple, est fortement relativisé par la pauvreté des informations concrètes que l’on peut en tirer. Ni un regard cocasse dans l’intimité de Nicolae Ceausescu, ni une mise en cause argumentée de son règne, ce documentaire gaspille en quelque sorte son temps – et le nôtre – dans un long flux de documents agencés selon un ordre opaque, uniquement pertinent et parlant pour le réalisateur et peut-être pour les rares experts en France de l’Histoire roumaine.
La narration dans L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu se résume en effet au montage à peu près chronologique des différentes stations de la vie de son sujet. Aucun des dispositifs habituels, éculés certes mais néanmoins utiles, n’y est employé pour tenir le spectateur par la main, afin de le guider à travers un quart de siècle d’une Histoire roumaine, pas forcément connue en dehors des frontières nationales. Alors que l’absence d’un commentaire explicatif en voix off ou d’une musique aux accents artificiellement dramatiques peut encore remporter notre adhésion de puriste, allergique aux documentaires faits à la sauce américaine dont la manipulation des opinions et des sentiments est la principale raison d’être, la privation du moindre contexte historique, politique ou social est déjà plus préjudiciable.
Il faudra donc se contenter de la répétition de quelques schémas de représentation pour cerner, tant bien que mal, la finalité de ce documentaire éprouvant. La mise en scène s’y trouve en fait au niveau des images elles-mêmes : ces chorégraphies soigneusement orchestrées de défilés et de célébrations à l’honneur d’un idéal socialiste, qui avait laissé la population crever de faim hors champ. L’aspect éclatant de cette propagande exemplaire s’atténue progressivement pour être remplacé par la mégalomanie d’un autocrate, qui avait pourtant su jongler assez adroitement avec la donne diplomatique de la Guerre froide, afin d’attirer des présidents américains et français aussi emblématiques que Nixon et De Gaulle dans son filet de fin stratège sur l’échiquier international.
Le pouvoir de fascination, qui émane de ce regard épique sur le sort tragique d’un dictateur de plus en plus coupé de la réalité de son peuple, est fortement relativisé par la pauvreté des informations concrètes que l’on peut en tirer. Ni un regard cocasse dans l’intimité de Nicolae Ceausescu, ni une mise en cause argumentée de son règne, ce documentaire gaspille en quelque sorte son temps – et le nôtre – dans un long flux de documents agencés selon un ordre opaque, uniquement pertinent et parlant pour le réalisateur et peut-être pour les rares experts en France de l’Histoire roumaine.
Vu le 5 avril 2011, au Cinéma du Panthéon, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10