Amityville 3-D

Amityville 3-D
Titre original:Amityville 3-D
Réalisateur:Richard Fleischer
Sortie:Cinéma
Durée:93 minutes
Date:00 1983
Note:
Après avoir démasqué un couple de charlatans qui se servaient de la maison tristement célèbre d'Amityville, John Baxter, un journaliste au magazine "Révélations", l'achète pour y élire domicile, loin de sa femme de laquelle il est en train de se séparer. Alors que Melanie, son assistante, et Susan, sa fille, sentent des forces maléfiques dans la vieille demeure, Baxter ne se laisse pas dissuader et s'y installe. Mais les esprits de la maison, bâtie sur un puits qui donnerait accès à l'enfer, assaillent de plus en plus les nouveaux occupants.

Critique de Tootpadu

Les pires films d'horreur sont ceux qui n'ont rien d'effrayant, qui ennuient mortellement en présentant un humour involontaire abracadabrant en lieu et place des frissons indispensables au genre. Ce troisième volet de la série des Amityville est de ceux-là, avec tout ce que cela implique en termes de défauts pénibles et agaçants.
Puisque le scénario et le matériel promotionnel insistent sur le fait que l'histoire du film n'est pas la suite des deux premiers, signés Stuart Rosenberg et Damiano Damiani, les éléments cruciaux de ces derniers n'y apparaissent que très accessoirement. Ce nouveau départ à partir d'un décor lourd de souvenirs épouvantables se vautre hélas trop rapidement dans une intrigue désordonnée. Faute d'avoir quoique ce soit à apporter au genre, le scénario recycle paresseusement des détails issus de succès du passé (La Mouche, Les Oiseaux, ...) sans jamais se soucier de leur compatibilité au sein du récit. La narration défaillante achève alors une histoire sans raison d'être, sans menace crédible ou compréhensible, et sans la moindre élégance dans les transitions entre les blocs bruts des séquences ennuyeuses.
L'emploi du procédé de la 3-D, utilisé la même année pour ranimer une autre franchise moribonde (Les Dents de la mer), engonce le style du film dans la recherche d'occasions artificielles, susceptibles de justifier le port des lunettes rouges et vertes. L'aperçu de tous ces objets qui jaillissent de l'écran, sans fondement narratif, même dans la version plate du film, suffit pour classer ce dernier dans la longue liste d'oeuvres-gadgets qui pratiquent une exploitation primaire et sans originalité du dispositif. L'interprétation hystérique, incrédule ou tout simplement mauvaise de la majorité des comédiens, avec en tête les exagérations exécrables de Tess Harper et Candy Clark et la fadeur hautement inintéressante de Tony Roberts, fonctionne en revanche comme une attaque infaillible contre le spectateur. Et regarder une toute jeune Meg Ryan faire la midinette stylée années 1980 est également loin d'être un plaisir.
Après un début plutôt correct, ce navet s'enfonce irrémédiablement dans un tas de foutaises de plus en plus inextricable. Suivi par cinq productions destinées à la vidéo et un remake récent tout aussi immonde, ce film n'a, sans surprise, en rien contribué à la pérennité d'une franchise assez médiocre.

Vu le 29 juin 2006, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO et version plate

Note de Tootpadu: