
| Titre original: | Anges déchus (Les) |
| Réalisateur: | Wong Kar-wai |
| Sortie: | Cinéma |
| Durée: | 96 minutes |
| Date: | 05 mars 1997 |
| Note: | |
Hong Kong, la nuit. Un tueur à gages en a marre de son travail. Sa partenaire professionnelle, qu'il ne voit pratiquement jamais, fait le ménage dans son appartement. Un muet s'introduit dans les magasins fermés et oblige ses rares clients à consommer. Une femme désespérée veut se venger de la femme qui lui a piqué son copain. Une prostitué aux cheveux blonds cherche à séduire le tueur.
Critique de Tootpadu
Difficile de faire plus stylisé que ce cinquième long-métrage du maître du cinéma asiatique Wong Kar-wai. Les cadres sont composés avec une telle minutie, avec comme motif central des têtes déformées par l'objectif devant d'immenses profondeurs de champ, et les perspectives détournées avec une telle ingéniosité, que le film pourrait très bien exister comme simple exercice de style, enivrant et superficiel. La narration se plie également à ces acrobaties formelles, à travers des voix off successives et une structure à l'opposé de la linéarité. A condition de s'accrocher à ce train fou esthétique, il en ressort une poésie visuelle et sonore qui dépayse le spectateur bien au delà des différences culturelles avec le décor d'une métropole asiatique de nuit.
Par contre, la brillance de la forme ne trouve pas vraiment un ancrage solide dans l'histoire. Seule l'intrigue secondaire autour du muet loufoque, interprété par un jeune Takeshi Kaneshiro excellent, arrive par moments à égaler, en gravité et en humour presque burlesque, l'overdose stylistique de la mise en scène. Les autres fils du scénario ont plutôt tendance à se laisser emporter par la verve des images, quitte à rester des esquisses très approximatives de la vie urbaine.
Vu le 21 octobre 2006, au MK2 Quai de Seine, Salle 4, en VO
Note de Tootpadu: