Assaut (L')
Réalisé par Julien Leclercq (2011)
| Durée | 91 minutes |
| Sortie | 09/03/2011 |
| Note | 4/10 |
Le 24 décembre 1994, un avion d’Air France à destination de Paris est pris en otage sur l’aéroport d’Alger par quatre terroristes, qui se réclament du GIA. Alors que les pourparlers avec les preneurs d’otages se déroulent dans un climat extrêmement tendu, le GIGN se prépare à intervenir pour libérer l’avion, soit sur le sol algérien, soit en France. Au ministère de l’intérieur, la technocrate ambitieuse Carole Jeanton mène l’enquête sur les intentions des terroristes. En même temps, le gendarme Thierry se porte volontaire pour mener l’assaut, au cas où les négociations devaient échouer.
La critique
Par Tootpadu 09/02/2011
Même un constat aussi sommaire et peu recherché, politiquement et socialement parlant, le deuxième film du réalisateur Julien Leclercq n’arrive pas à le soutenir. Les implications historiques après tout pas négligeables passent en effet à la trappe, au profit d’un film d’action bourrin et sans saveur. La dimension humaine s’y résume à quelques plans de la femme de Thierry, morte d’inquiétude pour son mari dans la ligne de mire, maladroitement intégrés au fil narratif artificiellement musclé. Le son tonitruant, la palette de couleurs limitée aux tons noirâtres, et la bande originale atrocement larmoyante agissent comme des béquilles formelles peu solides à un récit, qui prétend s’inspirer du style de Paul Greengrass, mais qui n’est en réalité qu’une copie insipide des films les moins visionnaires de Ridley Scott.
L’écartèlement de l’intrigue en trois fils distincts ne rend pas non plus service à L’Assaut. Entre la situation délicate à bord de l’avion, dont nous ne ressentons pourtant jamais l’atmosphère suffocante, et les manœuvres politiques entreprises à Paris qui dressent un portrait très flou de la réponse officielle face à l’urgence, celui qui est sans doute censé être le personnage principal, Thierry, est réduit à quelques signes d’une migraine sans suite, qui ne mettra nullement en question son héroïsme. Autant dire que – même en dehors de la pauvreté de son fond – ce film ne sait point nous séduire par une forme suffisamment travaillée pour faire oublier sa démarche bêtement opportuniste.
Vu le 3 février 2011, à la Salle Pathé Lamennais