Airport 80 Concorde

Airport 80 Concorde
Titre original:Airport 80 Concorde
Réalisateur:David Lowell Rich
Sortie:Cinéma
Durée:113 minutes
Date:18 décembre 1979
Note:
Une compagnie aérienne américaine vient d'acquérir un Concorde. Pour inaugurer son nouvel avion supersonique, elle organise un vol de Washington à Moscou, avec une escale à Paris. A bord se trouvent l'équipe nationale russe qui se rend aux Jeux olympiques, et de nombreuses personnalités. Parmi elles, la journaliste Maggie Whelan vient d'apprendre que son amant, le docteur Kevin Harrison, est impliqué dans des trafics d'armes illégaux. Pour l'empêcher de se servir de cette information compromettante, Harrison emploie tous les moyens pour abattre le Concorde sur l'Atlantique.

Critique de Tootpadu

Revoir ce quatrième et dernier volet de la série des Airport à peu près trois ans après le dernier vol commercial de l'avion supersonique, et six ans après l'accident fatal dans lequel justement le Concorde utilisié dans le film a été impliqué est une expérience empreinte d'une nostalgie macabre. En dehors de son côté divertissant purement invraisemblable, le film fait en effet figure de production promotionnelle pour ce type d'aviation de luxe. Les qualités et les prouesses du Concorde sont ainsi énumérées régulièrement et les plans qui montrent l'avion dans toute sa splendeur, avec son nom écrit en gros dessus, ne manquent pas, même après l'atterrissage d'urgence final qui précède le dernier plan du film : le Concorde plus élégant que jamais qui plane audessus d'un coucher de soleil digne d'un spot publicitaire.
Les producteurs de ce film catastrophe n'ont évidemment pas pu prévoir le destin à long terme d'un moyen de transport d'un prestige mythique à l'époque. Ce qui n'excuse par contre nullement le manque de maîtrise qu'ils exercent sur les aspects filmiques de leur production. Après des débuts très lourds et maladroits (l'introduction à travers le journal télévisé), le film s'engage en effet dans une spirale inextricable de la surenchère effrénée. Là où le film initial de la série se contentait dix ans plus tôt d'une seule calamité en plein vol, celui-ci en rajoute encore et encore jusqu'au point de perdre tout sérieux et toute vraisemblance. Les deux premières attaques auraient amplement suffi pour provoquer quelques montées d'adrénaline et d'hilarité chez le spectateur. Mais non, il fallait absolument en rajouter encore une couche, au risque de nous laisser exsangue à force de rigoler et d'être tout de même passablement impliqués dans les catastrophes successives et d'achever ce pauvre avion méchamment malmené après des acrobaties aériennes incroyables.
Car même si Airport 80 Concorde est à la base un film sérieux, les énormités de son histoire et quelques répliques bizarrement amusantes (celle sur le "cockpit" par exemple) le transforment en un divertissement jouissivement comique. De cet humour involontaire, le pas à franchir pour faire de la parodie pure et simple était minime, car pratiquement au même moment, le cultissime Y a-t-il un pilote dans l'avion ? avait vu le jour. La boucle a donc été bouclée et en tournant constamment en dérision son propre sujet, ce film-ci rendait une poursuite de la franchise des désastres en avion pratiquement impossible. A moins de nous retrouver dans quelque temps avec une mise à jour à bord du nouvel Airbus, dont la gestation tortueuse relève déjà parfois d'un film catastrophe ...
Enfin, la distribution de ce film de la fin d'une ère pâlit en comparaison avec ses prédécesseurs. Seul George Kennedy arrive à s'imposer tant soit peu, alors que cette rare excursion de notre Alain Delon national dans le cinéma américain prouve habilement pourquoi l'acteur n'a jamais fait carrière en dehors de l'Europe.

Revu le 17 juillet 2006, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO

Note de Tootpadu: