Toutes les filles pleurent

Réalisé par Judith Godrèche (2010)

Drame
Toutes les filles pleurent
Durée 91 minutes
Sortie 31/03/2010
Note 5/10

La chanteuse Lucie ne s'est jamais tout à fait remise de la séparation de ses parents, lorsqu'elle était encore une enfant. A bientôt 34 ans, elle rêve d'avoir elle-même des enfants, mais sa situation instable ne lui permet pas de réaliser ce projet. Elle se laisse aller dans une relation avec le guitariste Pierre, marié, et dans une amitié ambiguë avec Val, lesbienne. L'arrivée d'un nouveau voisin de palier va permettre à Lucie d'y voir plus clair, dans sa vie privée et professionnelle.

La critique

Par Tootpadu 06/03/2010

En France, les premiers films des acteurs devenus réalisateurs ont souvent quelque chose de personnel, qui borde parfois au nombrilisme. La première oeuvre de Judith Godrèche ne fait pas exception à la règle, puisqu'elle s'inscrit dans la même démarche névrotique qu'Il est plus facile pour un chameau ... de Valeria Bruni Tedeschi. Son scénario, riche en atmosphère et en états d'âme à la dérive, mais pauvre du côté d'une narration vigoureuse, s'intéresse aux vagabondages existentiels d'une femme trentenaire - une de plus -, qui a une idée plutôt vague de son bonheur personnel. Paumée et insatisfaite, de surcroît hantée par le souvenir traumatisant du divorce de ses parents, Lucie est le genre de personnage frustrant, qui n'avance plus à force de se poser des questions.
Pour la faire bouger ne serait-ce qu'un tout petit peu et l'aider à vraiment prendre conscience de son état végétatif, confortablement assise sur un nuage sans destination précise, nous aimerions tant lui dire quelque chose de méchant ou bien lui administrer un coup de réveil salutaire. Hélas, à l'image de Val, la lesbienne de service solidaire et souffrante par manque d'affection réciproque, nous en sommes incapables, tellement Toutes les filles pleurent nous plonge dans une léthargie aussi déplaisante que doucement soporifique. Le parcours narcissique de Lucie nous laisse en effet indifférents, à cause de la distance que la réalisatrice Judith Godrèche maintient à chaque instant entre le spectateur et son personnage principal, nullement désinvolte, mais tout à fait mou et indécis.
D'un point de vue technique, il n'y a rien de majeur à redire au film. Judith Godrèche sait en effet instaurer un rythme flottant, entre le passé et le présent, qui convient parfaitement aux repères flous à travers lesquels Lucie zigzague dans tous les domaines de sa vie. Mais elle est incapable de créer des moments d'une magie ou d'une intensité filmiques, qui nous dédommageraient pour les apparitions hautement pénibles, voire grotesques, de Michel Aumont et de Patrick Chesnais.

Vu le 5 mars 2010, à la Salle Pathé Lincoln

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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