Dans la brume électrique
Réalisé par Bertrand Tavernier (2009)
| Durée | 117 minutes |
| Sortie | 15/04/2009 |
| Note | 6/10 |
Dans une petite ville de la Louisiane, l'inspecteur Dave Robicheaux enquête sur le meurtre d'une prostituée de dix-neuf ans, Cherry LeBlanc. Alors qu'il s'aperçoit que ce crime pourrait être lié à d'autres meurtres semblables perpétrés dans la région, Robicheaux arrête la vedette hollywoodienne Elrod Sykes pour conduite en état d'ébriété. Afin d'échapper à des poursuites, Sykes, en plein tournage d'un film sur la guerre de Sécession, montre à l'inspecteur un cadavre ancien découvert dans les marais. Robicheaux travaille alors simultanément sur les deux cas. Il croit que le chef de la pègre locale Julie "Baby Feet" Balboni, qui s'est récemment reconverti dans la production cinématographique, soit lié au premier, tandis que le deuxième lui rappelle de mauvais souvenirs de sa jeunesse.
Les critiques
Par Mulder 15/07/2009
Pour ce film très inspiré, le réalisateur s'installe donc en Louisiane pour tirer parti des décors et surtout de l'atmosphère des bayous pour nous livrer un thriller intelligent, subtil et surtout marqué par les interprétations sans faille de Tommy Lee Jones et de John Goodman. Nous sentons cependant bien que le réalisateur a subi les diktats des producteurs et ainsi n'a pas pu livrer entièrement le film qu'il souhaitait faire.
Ce film s'impose donc comme une bonne surprise et nous montre que Bertrand Tavernier n'a rien perdu de son talent pour nous proposer un film de qualité, intelligent, et très bien construit. A noter que ce film s'est vu décerner le Grand Prix du premier festival international du film policier de Beaune en 2009, prenant le relais après les 25 ans d'existence du festival du film policier de Cognac. A ne pas rater lors de sa sortie DVD !
Vu le 18 avril 2009, au Gaumont Disney Village, Salle 8 , en VF
Par Tootpadu 20/05/2009
L'interprète de la résignation par excellence, Tommy Lee Jones habite ce récit poisseux, qui tourne essentiellement autour de son personnage de flic désabusé et alcoolique, qui se bat malgré tout pour le respect de ses valeurs morales. Un combat perdu d'avance, comme le sait très bien Dave Robicheaux, et également un combat dans lequel le châtiment ne peut guère se permettre le luxe de patienter jusqu'à une mise en procès. La conception du Bien et du Mal dans l'univers imaginé par Burke et Tavernier est en effet d'une souplesse étonnante. Elle souligne en fin de compte la relativité de tout sentiment de culpabilité et de la satisfaction toujours insuffisante que procure la punition.
Cette position ambiguë quant aux implications morales de l'action de Robicheaux se poursuit à travers la nature éparpillée, voire brouillonne, du récit. Ecartelé entre le crime du présent, la revanche du passé et l'apparition fantastique des soldats sudistes, le personnage principal se trouve dans un état d'impuissance et de doute, qui symbolise parfaitement le climat oppressant de la Louisiane. Ce monde à part, qui suit ses propres règles de conduite, exerce probablement une plus grande influence sur la direction que prend le film, que la flopée de personnages secondaires, qui s'avèrent en fin de compte peu consistants.
A la fois déroutant et fascinant, Dans la brume électrique porte les marques de sa production houleuse. Bien qu'il soit étonnant que Marco Beltrami ait pu composer une partition aussi envoûtante dans de telles conditions, le rythme global du film ne profite pas pleinement de son entrain. Nous retiendrons donc surtout un sentiment d'indécision de ce film curieux, qui part dans de multiples directions pour n'aboutir nulle part.
Vu le 18 mai 2009, au Majestic Bastille, Salle 2, en VO