Femme flic (La)

Femme flic (La)
Titre original:Femme flic (La)
Réalisateur:Yves Boisset
Sortie:Cinéma
Durée:103 minutes
Date:08 janvier 1980
Note:
Après avoir embarrassé le neveu du maire de Toulon par une enquête menée en solo, le jeune inspecteur Corinne Levasseur est muté dans une petite ville minière du côté de Lens. La famille de l'industriel De Schuler y pèse de tout son poids sur la vie économique et sociale. Indignée d'avoir été reléguée aux tâches administratives, Levasseur est finalement associée à l'enquête sur le meurtre d'une fillette, trouvée près de la maison du docteur Godiveau, un ancien collaborateur excentrique. Tandis que le vieillard apparaît comme le suspect idéal, Levasseur découvre qu'un réseau pédophile pourrait être à l'origine du crime.

Critique de Tootpadu

A la fin des années 1970, il était rare de voir des femmes porter l'uniforme de police. Par conséquent, ce film policier français joue, avec un peu trop d'insistance, sur le caractère exceptionnel de la présence féminine dans les rangs des forces de l'ordre. Toutefois, sa démarche ne relève nullement d'un féminisme forcené. Le combat que livre l'inspecteur Levasseur a lieu sur un tableau complètement différent : celui en faveur d'une justice impartiale, qui s'appliquerait de la même façon à tout le monde, peu importe le statut social des accusés.
L'idéalisme de l'inspecteur est même le seul élément qui donne un peu de vigueur à son action. Si ce n'était pour ses convictions inébranlables, le personnage serait de la même douceur, gentille et inoffensive, que l'est depuis toujours son interprète, Miou-Miou. Difficile en effet de se passionner pour le parcours d'une femme terne, dont l'entêtement moral ne la prédestine pas plus à l'héroïsme que ses méthodes d'investigation hésitantes. La friction entre la réalité rude qu'elle doit affronter et sa propre attitude molle laisse le film planer dans un état d'indécision permanent, qui finit par nous ennuyer.
Néanmoins, La Femme flic remplit convenablement son rôle de témoin d'une époque révolue. Que ce soient les apparitions d'acteurs alors à leurs débuts, comme Jean-Pierre Kalfon, Philippe Caubère ou encore Niels Arestrup, ou bien le portrait social qui porte bien les marques de son temps, entre les collabos en voie de disparition, les syndicalistes peu commodes, les prêtres engagés et un monde ouvrirer gangrené par des rapports de dépendance crapuleux avec le patronat, tous les éléments sont réunis pour nous inciter à un dépaysement temporel, qui nous ferait presque oublier la mise en scène sans verve d'Yves Boisset.

Vu le 7 mai 2009, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju

Note de Tootpadu: