Spirit (The)
Réalisé par Frank Miller (2008)
| Durée | 108 minutes |
| Sortie | 31/12/2008 |
| Note | 5/10 |
Denny Colt, un ancien flic, revient mystérieusement d’entre les morts. Il est désormais le Spirit, combattant du crime dans les rues obscures de Central City. Son ennemi juré, Octopus, a un but bien différent : dans sa folle quête d’immortalité, il s’apprête à détruire la ville. Aux quatre coins de la cité, le Spirit traque le tueur. Sur son chemin, le héros masqué croise des femmes, toutes sublimes, qui cherchent à le séduire, l’aimer ou le tuer… Seul son amour de toujours ne le trahira pas : Central City, la ville qui l’a vu naître… deux fois.
La critique
Par Mulder 25/12/2008
Comme le stipule l'excellent dossier de presse, adapté de la bande dessinée culte de Will Eisner, ce film allie action, aventure et sentiment dans un déluge d’inventivité visuelle et de sensualité. Frank Miller, scénariste et co-réalisateur de Sin city et auteur du graphic novel "300", a réalisé le film d’après sa propre adaptation. Ce film nous entraîne au coeur d’une aventure aussi esthétique que spectaculaire, sombre et magistrale sur les traces d’un héros qui a trop connu la mort pour ne pas avoir faim de vie. Ce film marque l’alliance du talent de deux maîtres de la bande dessinée : Frank Miller, le créateur d’oeuvres majeures comme "Sin City", "300" et "Batman, The Dark Knight Returns", et Will Eisner, l’inventeur du comic book américain moderne, qui révolutionna l’univers de la bande dessinée en 1940 avec "The Spirit". Soixante-huit ans plus tard, Frank Miller bouscule les conventions du cinéma avec ce film inspiré de la bande dessinée éponyme. Will Eisner créait des héros contemporains, et Frank Miller a suivi son exemple en écrivant le scénario de ce film. Le réalisateur et scénariste a toutefois apporté sa touche personnelle à la notion de contemporain en créant une histoire qui mélange des éléments issus de plusieurs époques. Ce film se déroule dans une ville dont les rues sont parcourues par d’élégantes berlines des années 1950, des femmes en robes et tailleurs impeccables et des hommes en costumes trois-pièces et feutre, mais les personnages utilisent des téléphones portables et des gilets pare-balles, et Octopus clone ses sbires. De plus, le film fait preuve dans l’action d’un réalisme qui rappelle plus le cinéma du XXIe siècle que celui de 1940. L’humour insolent qui était un élément important de l’univers créé par Will Eisner a néanmoins été conservé par Frank Miller, lui-même connu pour le ton caustique et mordant de ses bandes dessinées.
The Spirit marque donc le retour à la réalisation de Frank Miller après l'incontournable Sin city de Robert Rodriguez dont ce film se veut la continuité. Nous sommes donc avec ce film dans un univers très proche d'un comics par son ryhtme, ses cadrages, ses scènes d'action. Ceci est en quelque sorte la force et la faiblesse du film, car un film n'est pas statique et se doit d'être en perpétuel mouvement. Ici, nous sommes plus près du théâtre filmé que devant un vrai film inspiré de comics. Certes, nous reconnaissons par moments le lyrisme légendaire de Frank Miller, dont The Dark knight Le Chevalier noir de Christopher Nolan est un parfait exemple de réussite. Mais The Spirit manque de consistence au niveau de l'inteprétation. Seul Samuel L Jackson semble prendre réellement plaisir à jouer, tandis que Evas Mendes et Scarlett Johannson semblent trop statiques et n'ont pas la présence magique d'une Maggie Gyllenhaal (The Dark knight) ou d'une Nicole Kidman (Batman et Robin), ni même d'une Kim Basinger (Batman de Tim Burton).
Reste que ce film nous transporte dans un univers qui lui est propre et se laisse voir, à condition d'être un mordu de comics ou d'aimer découvrir de nouveaux univers cinématographiques. Mais ce film reste une déception, face aux films tirés ou inspirés des oeuvres de Frank Miller comme 300 et Sin city. Surtout, on est très, très, très loin de la meilleure adaptation d'un comics, toutes maisons d'édition (Marvel, Dark horse, DC comics) confondues. Faire mieux que The Dark knight Le Chevalier noir semble donc impossible à l'heure actuelle.
Enfin, pour reprendre la dernière réplique mémorable de The Dark knight, symbolisant parfaitement ce qu'est un réel justicier : He's the hero Gotham deserves, but not the one it needs right now. So we will hunt him, because he can take it. Because he's not our hero. He's a silent guardian, a watchful protector, a dark knight !
Vu le 9 décembre 2008, au Gaumont Marignan, Salle 1, en VO