Braquage à l'anglaise

Réalisé par Roger Donaldson (2008)

Gangster
Braquage à l'anglaise
Durée 112 minutes
Sortie 06/08/2008
Note 6/10

En 1971, Martine Love, un ancien mannequin, tombe dans le filet des services secrets britanniques, pour avoir caché de la drogue dans ses bagages en revenant du Maroc. Pour éponger son casier judiciaire, Love est obligé de jouer de ses contacts avec la pègre londonienne pour monter le braquage d'une banque. Le butin réel du cambriolage de la salle des coffres : des photos compromettantes pour la famille royale, que l'activiste mafieux Michael X garde en lieu sûr pour s'assurer d'avoir carte blanche auprès de l'administration anglaise. Love fait alors appel à Terry Leather, un ami d'enfance et endetté jusqu'au cou par son garage de voitures de collection.

La critique

Par Tootpadu 10/09/2008

Pas une seconde de répit dans cette évocation libre du célèbre casse de la banque Lloyds de Baker Street. Rien n'est laissé au hasard dans l'élaboration minutieuse d'un récit à la complexité bluffante. Bien plus qu'un simple film de cambriolage, Braquage à l'anglaise établit avec adresse un réseau de groupes aux intérêts divergeants, qui animent le récit jusqu'à la conclusion presque fade, en comparaison avec les coups tordus qui l'ont précédée. Le jeu d'échecs mortel que se livrent les braqueurs, la pègre flamboyante, les services secrets et la police ne perd que très rarement en intensité et en épaisseur scénaristique.
Le seul moment qui nous permet de souffler un peu, lorsque Terry Leather avoue tout à sa femme, forme certes une syncope nécessaire au cours d'une narration dense, qui risquerait autrement l'infarctus. Mais il montre également à quel point les considérations psychologiques ne figurent pas sur la liste des priorités de Roger Donaldson. Le rythme effréné et l'enchaînement de nouveaux coups de théâtre et de nouvelles variables à prendre en compte dans l'équation du casse du siècle rendent les caractéristiques humaines des personnages plutôt secondaires. Seule l'orchestration de la tension vaut dans ce spectacle efficace, qui repose autant sur une chance trop inouïe pour être crédible que sur une représentation suggestive de la violence.
Enfin, Braquage à l'anglaise doit bien se prêter au jeu des comparaisons avec son contemporain français Sans arme ni haine ni violence de Jean-Paul Rouve, en attendant le diptyque de Jean-François Richet autour de Mesrine. Bien que l'approche de la vie d'Albert Spaggiari soit plus originale sur le papier, le résultat final est plus séduisant de la part du récit musclé et concentré du film anglais.

Vu le 10 septembre 2008, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 17, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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