Parlez-moi de la pluie
Réalisé par Agnès Jaoui (2008)
| Durée | 99 minutes |
| Sortie | 17/09/2008 |
| Note | 6/10 |
L'écrivain féministe Agathe Villanova rentre dans sa ville natale dans le sud au mois d'août, afin de trier avec sa soeur Florence les affaires de leur mère, morte un an plus tôt, et de tâter le terrain avant de s'engager dans une carrière politique, qui la verrait parachutée dans la région. Le journaliste Michel Ronsard compte sur la présence de cette femme célèbre, afin de réaliser un documentaire sur elle, avec le concours de son ami Karim, le fils de Mimouna, la femme de ménage de longue date des Villanova.
Les critiques
Par Mulder 22/09/2008
Ce film est à mes yeux une belle surprise, car avec la présence d'un acteur comme Jamel Debbouze (très bon acteur lorsqu'il s'appuie sur un excellent scénario), on aurait pu s'attendre à un film formaté banlieue. C'est donc à une comédie diluée, dans laquelle l'humour et l'émotion font la part belle. On retrouve bien dans ce film le style Jaoui-Bacri, fait de dialogues savoureux empreints de mélancolie qui rendent les situations comiques et qui ont fait leur cachet. Ce film est une réussite, certes mineur, mais qui s'impose comme une des belles surprises de cette rentrée, où aucun film français n'a retenu mon attention pour le moment.
Vu le 20 septembre 2008, au Gaumont Disney Village, Salle 1
Par Tootpadu 20/08/2008
C'est que tous les personnages sont freinés, à des degrés variables, par une sorte d'auto-suffisance, qui est désignée dans le dossier de presse, pas sans raison, comme une revendication constante de l'état de victime. Toutefois, la complaisance dans ce statu quo est si grande, et les tentatives de s'en libérer sont marquées par un tel amateurisme, qu'il n'est pas toujours facile de s'émouvoir du sort des personnages. Ceux-ci sont bien sûr suffisamment lucides pour se rendre compte de leurs lacunes relationnelles, l'écriture intelligente et plutôt élégante du tandem Jaoui/Bacri oblige. Mais cette conscience d'un besoin d'amélioration ou de clarification de leur situation ne les pousse guère vers l'action. Probablement accablés par la douceur molle d'un sud à la météo capricieuse, ils stagnent dans le carcan épais d'une passivité sans risque.
La sobriété prévaut ici sur la malice ironique, qui rendait le film précédent d'Agnès Jaoui aussi savoureux. La sobriété du jeux des acteurs tout d'abord, qui rend notamment service à Jamel Debbouze, très honnête grâce à l'absence de ses subterfuges comiques habituels. Et puis, la mise en scène s'identifie peut-être un peu trop à l'état d'esprit flottant de l'intrigue, pour lui conférer un ton réellement pétillant.
Vu le 19 août 2008, à l'Elysées Biarritz