Café de los maestros
Réalisé par Miguel Kohan (2008)
| Durée | 92 minutes |
| Sortie | 10/09/2008 |
| Note | 7/10 |
Le compositeur Gustavo Santaolalla se rend en Argentine en 2007, afin d'y réunir les plus grands maîtres de l'âge d'or du tango, dans les années 1940 et '50. Il invite une vingtaine de musiciens, de chanteurs et de compositeurs dans les plus vieux studios de la capitale pour enregistrer un album. Et il organise un concert prestigieux sur la scène du théâtre Colon.
La critique
Par Tootpadu 23/07/2008
Ce ne sont pas tellement des frissons que nous a procurés ce documentaire, mais plutôt l'occasion d'assister dans des conditions parfaites à une célébration euphorisante du tango. Depuis Buena Vista Social Club de Wim Wenders en 1999, les commémorations d'une époque musicale révolue se sont multipliées. Qu'ils s'appellent Motown : La véritable histoire de Paul Justman ou Between a Smile and a Tear de Nils Lan Doky, ces documentaires font tous particulièrement attention à la dimension sentimentale de ces réunions des maîtres d'antan. La démarche de ce film argentin, produit par le compositeur oscarisé Gustavo Santaolalla, se veut moins édifiante. Elle privilégie plutôt l'exercice et la passion d'une musique, dont la nature entraînante et fougueuse ne laissera personne indifférent longtemps.
Le réalisateur Miguel Kohan s'affranchit en effet rapidement des contraintes formelles, qui pèsent de plus en plus sur le genre du documentaire musical. L'exposition est minimale et les informations factuelles, que le film fournit, sont au mieux rudimentaires. L'ambition narrative du réalisateur vise un niveau bien plus intuitif, que l'habituel chant de cygne émotionnellement chargé. Ces musiciens vieillissants retrouvent toute leur fureur de vivre, lorsqu'ils se mettent à jouer les rythmes endiablés du tango. Transportés par la musique, ils y trouvent un moyen d'atteindre la perfection, loin de la philosophie compétitive américaine. L'humilité des musiciens et leur amour profond pour leur art s'articulent ainsi à travers une multitude de moments magiques, notamment lors du tango de Moulin Rouge ! de Baz Luhrmann et du concert final, qui procède par quelques courts extraits savamment orchestrés.
Le montage joue en fait un rôle au moins aussi important dans Café des los maestros que la qualité excellente de la bande son et le talent irréfutable des musiciens. C'est lui qui fait sortir le tango de l'enfermement du studio ou de la salle de concert, pour mieux souligner le lien étroit qu'il entretient avec Buenos Aires, la ville qui l'a vu naître et dans laquelle il retrouve des racines enthousiasmantes jusqu'à nos jours.
Vu le 22 juillet 2008, à la Salle Pathé Lamennais, en VO