Incroyable Hulk (L')

Incroyable Hulk (L')
Titre original:Incroyable Hulk (L')
Réalisateur:Louis Leterrier
Sortie:Cinéma
Durée:112 minutes
Date:23 juillet 2008
Note:
Après avoir échappé aux attaques de l'armée américaine, sous le commandement du général Thaddeus Ross, le scientifique Bruce Banner a trouvé refuge au Brésil. Alors qu'il travaille dans une usine d'embouteillage depuis cinq mois, Banner cherche frénétiquement un antidote à son empoisonnement radioactif, qui le transforme en la bête abominable Hulk, chaque fois qu'il s'excite ou qu'il s'énerve. En contact avec un autre chercheur mystérieux, Banner croit être proche de la découverte salutaire, lorsque l'armée retrouve sa trace. Traqué par un commando spécial mené par l'intransigeant Emil Blonsky, Banner aura du mal à garder ses nerfs et à se débarrasser de cette malédiction, que le général Ross veut à tout prix développer à des fins militaires.

Critique de Tootpadu

Louis Leterrier n'est pas le premier à se casser les dents, en tentant d'adapter le géant vert coléreux au cinéma. Il y a cinq ans, Ang Lee, un réalisateur d'une trempe infiniment plus ambitieuse, s'y était déjà essayé et avait échoué misérablement, en dépit de quelques idées narratives plutôt astucieuses. Peut-être est-ce dû à la nature même de cet anti-héros par excellence, qui vit ses pouvoirs exceptionnels comme une punition, notamment parce qu'il n'est plus maître de lui-même après la transformation, mais aucun des deux films n'a su réellement nous convaincre. La dualité du personnage principal serait certes porteuse de prouesses scénaristiques, portant sur le conflit intérieur de Banner, mais entre l'esthétique enjouée d'Ang Lee et la mise en scène assez plate de Louis Leterrier, le film définitif sur ce héros Marvel reste indubitablement à faire !
Pendant la première partie du film, L'Incroyable Hulk reste presque ennuyeusement fidèle au genre. Après une évocation sommaire des événements avant le début de l'action, à la façon de ces génériques de plus en plus répétitifs, qui explorent tous le tissu génétique de leur héros, le film commence solidement, mais sans la moindre caractéristique qui le différencierait des dizaines d'autres productions semblables, sorties ces dernières années. En plus, les favelas brésiliens ne sont plus loin de nous gaver, tellement ils sont omniprésents au cinéma cet été. Ce décor particulier n'est cependant pas vraiment mis à profit, dans un contexte narratif prévisible.
En effet, Louis Leterrier ne nous surprend pas une seule fois au cours d'un film à l'opposé de l'élégance nonchalante de son contemporain immédiat Iron Man. Le réalisateur s'applique certes dans l'orchestration de la destruction, lors des trois ou quatre transformations de Hulk, mais d'un point de vue formel, son film est presque piteux à regarder. La photographie sombre et laide, les effets efficaces mais point bluffants et la bande originale envahissante de Craig Armstrong participent tous à donner l'impression d'un film moyen, sans coeur, ni âme.
Particulièrement mal servis par le style très quelconque de Leterrier, les comédiens peinent ainsi à subsister. Edward Norton s'en sort encore le mieux, même s'il lui manque ici le charisme d'un Robert Downey Jr., voire d'un Lou Ferrigno, tous les deux présents lors d'apparitions éclair jubilatoires. Les emplois plus génériques de la petite amie, des méchants ou du savant fou sont par contre tenus sans verve par Liv Tyler, William Hurt et Tim Roth, ainsi que Tim Blake Nelson, respectivement. Au moins de ce point de vue-là, le Hulk d'Ang Lee avait davantage de quoi convaincre, à l'exception de la fade Jennifer Connelly.

Vu le 18 juin 2008, à l'UGC Normandie, Salle 1, en VO

Note de Tootpadu:

Critique de Mulder

Hulk est de retour et nous avons enfin droit à un film respectueux non seulement du comics mais également rendant un bel hommage à la série culte homonyme des années 80. Ce film est une réussite mineure par rapport à Iron Man. Il peut se voir comme une continuation de ce dernier, la scène finale du film renvoyant au projet "Avengers".

Tous les fans puristes des Marvel comics (Lee, Kirby, Ditiko) savent bien que les adaptations de leurs personnages préférés sont souvent de profondes déceptions (Daredevil, Elektra, Les 4 Fantastiques, Ghost Rider, The Punisher). Certes, retranscrire les détails importants des bandes dessinées dans un film n'est pas chose aisée. Souvent les gros studios pensent uniquement à faire le produit le plus commercial possible, jusqu'à de rendre le super-héros fade comme dans Elektra, par exemple. Marvel, en créant son propre studio de cinéma et en sachant que le potentiel de ses super-héros (Spiderman, X men) était énorme, a voulu faire de chacun de ses films, des oeuvres collants parfaitement à leur image et surtout avoir le contrôle total de leurs super-héros. L'Incroyable Hulk est donc une bonne surprise, car nous sentons que l'esprit du comics est bien présent dans ce film. De plus, celui-ci rend hommage d'une très belle facon à la série culte (clin d'oeil appuyé par la présence de Bill Bixby dans une scène sur la télé de Bruce et de Lou Ferrigno).

En seulement deux films, Marvel Studio a réussi à créer un univers solide, en reliant chacun des films par des personnages communs et surtout en montrant bien aux spectateurs que tous les personnages, après avoir chacun eu leur propre film (Iron Man, L'Incroyable Hulk, Captain America, Thor, L'Homme fourmi) seront réunis dans le projet Vengeurs. Tony Stark fait donc ici une apparition éclair à la fin, en parlant de nouveau de la formation de cette équipe, dont le film sortira en 2012. La force de L'Incroyable Hulk vient du fait que Marvel n'a pas voulu faire de ce film une suite de la très mauvaise adaptation de Ang Lee (irrespect du comics de base, personnage fade, montage cafouilleux au possible). Ainsi, le générique du début de ce film permet de comprendre comment Bruce Banner est devenu Hulk et il explique surtout pour quelle raison il doit fuir et se cacher. Edward Norton interprète Hulk de la même manière que Bill Bixby dans la série télé. Il essaye ainsi de trouver un remède à la maladie le rongeant au début du film. Au fur et à mesure, il comprendra que Hulk est une partie de lui qu'il doit apprendre à maîtriser, car sa force lui permet de venir à bout de tous les dangers.

On retiendra également que le scénario intelligent et bien construit de Zak Penn est parfaitement maîtrisé par le réalisateur Louis Leterrier, qui nous livre enfin son premier vrai film. Ce réalisateur est enfin libéré du joug de Luc Besson, qui en avait fait son "yes man", soit un réalisateur filmant des scénarios très commerciaux sans profondeur et souvent répétitif. Louis Leterrier signe donc avec Hulk son premier vrai film. Il a réussi à ce qu'un réalisateur français réalise, quel tour de force, un bon blockbuster.

Nous savons aussi, grâce à la conférence que Louis Leterrier a accordé au Gaumont du Disney Village, qu'il y aura bien une version longue et surtout plus dure de ce film. En effet dans une des scènes qui fut enlevée du montage, nous pourrons voir Bruce Banner tenté de se suicider. Nous vous conseillons fortement de revoir Iron Man, si vous ne l'avez pas encore vu, avant de voir L'Incroyable Hulk !

Petite parenthèse : il est souhaitable que le cinéma Gaumont du Disney Village puisse revoir son organisation lors de soirées de ce type. En effet, couper pendant quinze minutes la projection de L'Incroyable Hulk pour vérifier que chaque spectateur, qui avait vu juste avant, dans la même salle, Iron Man avait bien aussi un ticket pour L'Incroyable Hulk est très énervant, puisque cela nous empêche de nous plonger totalement dans l’action de ce film.

Vu le 18 juillet 2008, au Gaumont Disney Village, Salle 2, en VF

Note de Mulder: